Sécheresse : la Cèze amont passe au niveau de crise, les restrictions se durcissent

La situation hydrologique continue de se dégrader dans le Gard. Après plusieurs semaines marquées par la chaleur et le manque de précipitations, la préfecture a décidé de franchir un nouveau cap sur le bassin de la Cèze amont, désormais placé en situation de crise, soit le niveau le plus élevé du dispositif sécheresse.
Réuni le 20 août, le Comité de ressource en eau du Gard a dressé un constat préoccupant. La sécheresse, accentuée par les épisodes successifs de canicule, affecte fortement les débits des cours d’eau. Les quinze premiers jours du mois d’août ont une nouvelle fois été marqués par des températures très élevées et des cumuls de pluie insuffisants. Les quelques orages localisés n’ont pas permis d’améliorer durablement la situation et les faibles précipitations annoncées pour les quinze prochains jours ne devraient pas inverser la tendance.
La Cèze amont franchit le seuil maximal
Face à cette dégradation, la préfète du Gard, Fabienne Decottignies, a décidé de renforcer les restrictions. La Cèze amont, qui se trouvait jusqu’ici en alerte renforcée, passe ainsi au niveau de crise. Elle rejoint l’Hérault amont, les Gardons amont et le Vidourle, déjà concernés par ce niveau maximal. Dans le même temps, le Gardon aval est placé en alerte renforcée. La Cèze aval reste, pour sa part, au niveau d’alerte renforcée.
Cette décision concernant la Cèze amont traduit notamment la poursuite de la baisse des débits sur les parties amont des bassins. Certains cours d’eau secondaires connaissent désormais des débits extrêmement faibles, voire des assecs. La qualité des milieux aquatiques se détériore également sous l’effet des fortes températures, tandis que les tensions déjà observées sur l’alimentation en eau potable persistent et peuvent localement s’accentuer.
Seuls les usages prioritaires restent autorisés
Le passage en crise entraîne des mesures particulièrement strictes. À ce niveau, seuls les usages prioritaires de l’eau sont autorisés : alimentation en eau potable de la population, survie des espèces aquatiques, abreuvement des animaux, sécurité civile et salubrité publique. Des dérogations encadrées peuvent toutefois être accordées pour certains besoins liés à l’irrigation agricole.
L’arrêté interdit également la pêche et l’orpaillage dans tous les cours d’eau des bassins versants placés en crise. Il fixe par ailleurs les débits de soutien d’étiage des barrages de Sénéchas et de Sainte-Cécile-d’Andorge – Les Cambous.
La préfecture rappelle que particuliers comme professionnels sont tenus de respecter strictement ces restrictions. Les maires peuvent également prendre des arrêtés municipaux supplémentaires lorsqu’apparaissent des inquiétudes concernant la continuité de l’alimentation en eau potable.
Une nouvelle réunion du Comité de ressource en eau est prévue dans une quinzaine de jours. Elle permettra de mesurer l’évolution de la situation et, si nécessaire, de renforcer encore les mesures actuellement en vigueur.



