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Dakar 2026 – Valentin Sarreaud : « Terminer le Dakar, c’est toujours une fierté, surtout à ce niveau-là »

Sapeur-pompier à Bagnols-sur-Cèze, Valentin Sarreaud a de nouveau inscrit son nom au palmarès du Dakar. Aux côtés de Christian Lavieille, le copilote gardois a rallié l’arrivée de l’édition 2026 à une très solide 22e place du classement général, tout en décrochant la deuxième place de la catégorie auto deux roues motrices. Un résultat de haut niveau, au terme de deux semaines d’une intensité extrême, qui vient effacer l’abandon de 2025. Rencontre.

Valentin, que ressens-tu en franchissant la ligne d’arrivée de ce Dakar 2026, après deux semaines d’efforts et de tension permanente ?

« Forcément, franchir la ligne d’arrivée du Dakar, c’est toujours une immense fierté. C’est ma cinquième arrivée sur le rallye, donc ce n’est pas une première, mais ça reste quelque chose de très fort. Ce n’est jamais acquis. C’était aussi ma quatrième participation avec Christian : on a terminé quatre fois, et trois fois à la deuxième place. Malgré tout, être au bout du Dakar, c’est déjà une victoire en soi. Bien sûr, on aurait aimé se battre pour la première place, mais avec la densité et le niveau actuels, il faut réussir une course absolument parfaite, sans le moindre souci. Ce n’a pas été totalement notre cas, donc on se contente – si je puis dire – de cette deuxième place, qui reste un très beau résultat. »

Terminer 22e au général et deuxième de la catégorie deux roues motrices, est-ce au-delà de vos attentes ?

« Non, honnêtement, ce n’est pas au-delà de nos attentes. C’est même un peu en dessous de ce qu’on espérait au départ. On affichait clairement l’ambition de la victoire en deux roues motrices. Mais Simon Vitse et Maxime Delfino ont été plus forts : ils sont allés très vite et surtout, ils n’ont commis aucune erreur. Ils ont réalisé un rallye presque parfait. De notre côté, on a connu quelques petits soucis en début et en fin de course, qui nous ont empêchés de réellement nous battre avec eux.

Concernant le classement général, sur le papier, on espérait faire un peu mieux, mais le niveau a énormément augmenté cette année. La densité du plateau est impressionnante, avec beaucoup de voitures capables de jouer devant et très peu d’abandons. Dans ce contexte, une 22e place reste un bon résultat. »

L’abandon lors de l’édition 2025 a-t-il servi de moteur pour votre préparation 2026 ?

« Oui, clairement. Je ne sais pas si ça a servi de référence, mais en tout cas, on y allait avec un état d’esprit un peu revanchard. Il y avait cette envie d’effacer cette mauvaise note et de montrer qu’on était capables de revenir plus forts. On termine le rallye et on termine deuxièmes : l’objectif est en grande partie atteint. »

Sur le plan de la navigation, quels ont été les moments les plus complexes de cette édition ?

« Il n’y a pas un moment précis qui ressort. Cette année, l’organisateur, David Castera, a vraiment voulu remettre la navigation au centre de la compétition, et il a mis beaucoup de choses en place pour ça. On l’a vu : il y a eu des erreurs, des écarts, et le rôle du copilote a été primordial.

La nouveauté, c’est aussi qu’une nouvelle personne était en charge du dessin des roadbooks. Forcément, cela implique une nouvelle philosophie, une autre manière de représenter le terrain. Il a fallu s’adapter très vite. Ceux qui ont compris cette logique le plus rapidement ont été performants dès le début. C’était un vrai défi, mais aussi un aspect intéressant de ce Dakar. »

Comment s’est passée la collaboration avec Christian Lavieille, notamment dans les moments délicats ?

« Ça se passe toujours bien. Même dans les moments compliqués, on garde notre lucidité et on essaie de prendre les meilleures décisions possibles. On n’a pas toujours fait les choix les plus pertinents, mais on est restés soudés, concentrés, sans s’énerver. Cette cohésion est essentielle sur un rallye comme le Dakar. »

Y a-t-il une étape qui symbolise particulièrement votre Dakar 2026 ?

« Non, pas vraiment. Le Dakar ne se gagne pas ou ne se perd pas sur une seule étape. C’est 13 jours de course, près de 8 000 kilomètres. C’est un travail quotidien, qui se construit jour après jour. On le voit encore cette année avec la victoire de Nasser Al-Attiyah : ce n’est pas celui qui a gagné le plus d’étapes, mais c’est celui qui a été le plus régulier. »

La catégorie deux roues motrices est très exigeante mécaniquement. Quels ont été les principaux défis techniques ?

« Le Dakar est exigeant mécaniquement pour tout le monde, quelle que soit la catégorie. C’est probablement la course mécanique la plus difficile au monde. La clé, c’est avant tout la préparation en amont : une voiture bien conçue, bien révisée, bien préparée, permet de limiter les problèmes en course. Ensuite, quand il y a des soucis, c’est à l’équipage de les gérer intelligemment. »

En tant que copilote, comment gère-t-on la pression, la fatigue et la nécessité de rester lucide sur la durée ?

« Tout se prépare avant le rallye. La préparation physique se fait toute l’année pour arriver sur le Dakar avec un capital fraîcheur maximal. Ensuite, pendant la course, il faut être rigoureux : gestion du sommeil, de l’alimentation, de la récupération. Ce sont tous ces détails mis bout à bout qui permettent de rester lucide et performant chaque jour. »

Cette deuxième place de catégorie et ce top 25 confirment-ils votre potentiel à long terme ?

« Oui et non. Je n’attendais pas forcément ce rallye pour connaître notre potentiel, ni celui de l’équipe. On sait ce qu’on vaut. On sait qu’on est capables de jouer la victoire en deux roues motrices et d’évoluer dans le top 20 du général avec la voiture que l’on a. »

Enfin, ce Dakar 2026 a-t-il un goût de revanche ou d’accomplissement ?

« Plutôt d’accomplissement. Il y avait un état d’esprit revanchard au départ, c’est vrai, mais le rallye n’a pas été parfait, notamment sur le plan mécanique. Malgré tout, c’est une vraie fierté d’atteindre l’arrivée et de bien figurer au classement général et de la catégorie. C’est un bel accomplissement, personnel et collectif. »

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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