Vallée du Rhône : l’Institut rhodanien inauguré à Orange dans un nouvel élan

Sous un soleil printanier, l’Institut rhodanien a officiellement inauguré, mardi 17 mars 2026, ses nouveaux locaux à Orange. Une renaissance attendue pour cet outil technique majeur de la filière viticole, marqué ces dernières années par un incendie dévastateur en 2023.
Une reconstruction après l’épreuve
L’émotion était palpable lors de cette inauguration. Car derrière les murs flambant neufs se cache une histoire mouvementée. Créé et inauguré une première fois en octobre 1995, l’Institut rhodanien a dû faire face à un incendie qui avait fortement endommagé ses installations il y a trois ans.
« Cet institut a été rénové par la force des choses », a rappelé son président, Philippe Pellaton, évoquant une reconstruction progressive, pensée comme une opportunité de transformation.
Aujourd’hui, le site dispose de bureaux modernisés, d’un laboratoire performant et d’espaces adaptés aux nouvelles missions de la structure, notamment une salle de dégustation avec vue sur le vignoble, destinée aussi à l’accueil de la presse et des professionnels.
Un outil stratégique pour la filière viticole
L’Institut rhodanien n’est pas un simple centre technique. Il constitue le « bras armé » de l’interprofession des vins de la vallée du Rhône, en lien avec les chambres consulaires et les organismes techniques.
Lieu d’échange, de concertation et d’innovation, il regroupe désormais les compétences issues de plusieurs structures, avec une ambition claire : accompagner la transformation de la viticulture rhodanienne.
Depuis 2020, sous l’impulsion de Philippe Pellaton, l’Institut a évolué d’une structure associative vers une société par actions simplifiée (SAS), afin de gagner en efficacité et en lisibilité stratégique.
« Il fallait recentrer l’Institut sur des missions clés », a-t-il insisté.
Faire face au défi climatique
Au cœur de ces missions : l’adaptation du vignoble aux bouleversements climatiques.
Deux trajectoires étaient possibles pour la filière : laisser le vignoble migrer naturellement vers des zones plus fraîches, ou maintenir la production dans la vallée du Rhône en innovant. C’est cette seconde voie qui a été choisie.
« Sans eau, on est morts », a résumé Philippe Pellaton, soulignant l’urgence d’agir.
L’Institut travaille ainsi sur plusieurs leviers :
- l’adaptation des cépages, avec des variétés plus résistantes en cours de développement depuis une dizaine d’années ;
- l’étude de nouveaux porte-greffes ;
- l’évolution des pratiques culturales (enherbement, apports organiques, gestion des sols) ;
- la réflexion sur l’irrigation, sans en faire l’unique solution.
Des projets expérimentaux, notamment dans le cadre du programme national Vitilience, sont menés avec des partenaires régionaux pour tester différentes stratégies face au réchauffement climatique.
Innover pour répondre aux marchés
L’Institut joue également un rôle clé dans l’évolution des profils de vins.
C’est ici qu’a été pensée la stratégie de développement des vins blancs dans la vallée du Rhône, passés en quelques années de 5 % à près de 12 % de la production.
Objectif : adapter les produits aux attentes des consommateurs, en France comme à l’international.
Autre axe de travail : la microbiologie. Le laboratoire permet notamment de développer des levures adaptées aux vins rhodaniens et de proposer des outils d’aide à la décision pour prévenir certains défauts, comme les déviations liées aux Brettanomyces.
Un travail collectif renforcé
La nouvelle configuration du site permet aussi de renforcer la collaboration entre les équipes.
« Après six ans de lancement de la structure, on va enfin avoir de bonnes conditions de travail », s’est félicité Éric Chantelot, directeur technique de l’Institut et représentant de l’Institut français de la vigne et du vin (IFV).
Le regroupement des ingénieurs et techniciens au sein d’un même lieu doit favoriser les échanges, l’innovation et la diffusion des connaissances.
De nouveaux moyens humains sont d’ailleurs annoncés, avec l’arrivée prochaine d’ingénieurs dédiés aux enjeux climatiques et à la productivité du vignoble.
Un ancrage territorial affirmé
Implanté au cœur du vignoble, à Orange, l’Institut revendique pleinement son rôle de structure régionale à vocation nationale.
Pour l’IFV, partenaire de la structure, cet ancrage local est essentiel : il permet de mieux comprendre les réalités du terrain et d’alimenter les programmes de recherche à l’échelle nationale.
« C’est un projet régional avec un véritable ancrage territorial », a souligné Éric Chantelot.
Une nouvelle identité pour se faire connaître
Symbole de ce renouveau : un nouveau logo a été dévoilé, avec l’ambition de moderniser l’image de l’Institut et de mieux faire connaître ses actions.
Car au-delà de la recherche et de l’expérimentation, l’enjeu est aussi de communiquer.
« Il faut mieux faire savoir ce que l’on fait », a insisté Philippe Pellaton.
Dans un contexte de mutations profondes de la filière viticole, l’Institut rhodanien entend plus que jamais jouer un rôle central.
« Tout part du raisin », a conclu son président.



