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Bagnols-sur-Cèze : le projet immobilier abandonné, la friche de Carcaixent pourrait accueillir un centre de rééducation et une maison médicale

Quel avenir pour la friche de Carcaixent, en plein centre-ville de Bagnols-sur-Cèze ? La question a été abordée ce mercredi 4 novembre lors du conseil municipal. Alors que le projet immobilier initial, mêlant logements sociaux et appartements destinés à la vente, est désormais abandonné, la municipalité de Pascale Bordes envisage une nouvelle vocation pour ce terrain : l’implantation d’un établissement de soins médicaux et de réadaptation (SMR), éventuellement accompagné d’une maison médicale. Un projet estimé à plus de 13 millions d’euros, qui reste toutefois à concrétiser.

Située en plein cœur de Bagnols-sur-Cèze, à l’emplacement de l’ancien Monoprix devenu Intermarché, la friche de Carcaixent attend toujours sa reconversion. Depuis la démolition des anciens bâtiments commerciaux, le terrain est resté vide, laissant une vaste emprise foncière à proximité immédiate des escaliers du centre-ville.

Lors du conseil municipal du mercredi 4 novembre, les élus ont été invités à se prononcer sur la prolongation de la concession d’aménagement confiée à la SPL 30, la société publique locale chargée de conduire l’opération.

Initialement engagée par la précédente municipalité, cette concession arrive prochainement à échéance. Afin de permettre la poursuite des études et la définition d’un nouveau programme, la majorité municipale a proposé de prolonger sa durée jusqu’au 31 décembre 2031.

« La démolition a eu lieu, mais pour l’instant nous avons un étang quand il pleut », a ironisé Pascale Bordes, reconnaissant que le dossier était encore loin d’avoir abouti.

Un projet de logements qui n’a pas trouvé son public

À l’origine, la requalification de cet îlot devait permettre la construction d’un ensemble immobilier comprenant des logements sociaux et des appartements proposés à l’accession à la propriété.

Mais selon la maire, la commercialisation des logements destinés à la vente n’a pas rencontré le succès espéré.

« La commercialisation des logements à la vente n’a quasiment rien donné puisqu’il n’y a eu qu’une préréservation », a-t-elle expliqué devant les conseillers municipaux.

Un résultat qui a contribué à remettre en question la pertinence du programme initial.

« Est-ce que c’est une stratégie commerciale qui n’était pas terrible ? Est-ce qu’il n’y a effectivement pas de demande pour ce genre de choses ? Nous ne le saurons jamais », a poursuivi Pascale Bordes.

La nouvelle majorité a donc décidé de réorienter le projet, sans pour autant avoir arrêté définitivement la future destination de cette parcelle stratégique du centre-ville.

Un établissement de rééducation pour remplacer des installations vieillissantes

Parmi les pistes étudiées, une possibilité semble désormais retenir particulièrement l’attention de la municipalité : l’implantation d’un établissement de soins médicaux et de réadaptation.

Cette réflexion est née d’échanges entre Pascale Bordes et le directeur du centre hospitalier de Bagnols-sur-Cèze.

La maire a rappelé que la commune disposait déjà d’un service de soins médicaux et de réadaptation, mais que ses installations vieillissantes pourraient, à terme, poser des difficultés pour le maintien de son autorisation d’activité.

« Nous avons un centre de réadaptation à Bagnols qui est vieillissant et qui risque de ne plus voir, dans les années qui viennent, son accréditation renouvelée », a-t-elle indiqué.

Une situation qui pourrait avoir des conséquences importantes pour les patients du territoire nécessitant des soins de rééducation après une hospitalisation, une intervention chirurgicale ou une maladie.

Sans solution locale, certains d’entre eux pourraient être contraints de se rendre dans d’autres établissements, parfois éloignés de leur domicile.

C’est dans ce contexte que le directeur de l’hôpital aurait évoqué auprès de Pascale Bordes la possibilité de relancer un projet de nouvel établissement.

« Le directeur de l’hôpital m’a dit : si vous ne faites rien de ce terrain, peut-être pourrions-nous remettre au goût du jour ce projet », a rapporté la maire.

Une proposition à laquelle elle s’est montrée favorable, estimant qu’un équipement de santé constituerait une réponse concrète aux besoins de la population.

Une maison médicale pourrait compléter le projet

Au-delà du seul établissement de réadaptation, Pascale Bordes souhaite aller plus loin en imaginant une véritable offre de soins sur cette parcelle.

« J’ai proposé au directeur de l’hôpital d’y associer, d’y inclure une maison médicale, ce qui a quand même du sens », a-t-elle précisé.

Cette structure pourrait notamment trouver sa place au rez-de-chaussée du futur bâtiment, permettant de regrouper différentes activités médicales sur un même site.

Une perspective qui s’inscrirait dans la volonté affichée par la municipalité de lutter contre la désertification médicale, particulièrement préoccupante à Bagnols-sur-Cèze et plus largement dans le Gard rhodanien.

Le choix d’une implantation en centre-ville pourrait également contribuer à redonner une fonction structurante à cette friche, tout en favorisant la fréquentation du secteur.

Pour autant, la maire a insisté sur le caractère encore exploratoire de cette hypothèse. Aucun projet architectural définitif ni montage financier n’a été présenté à ce stade.

Plus de 13 millions d’euros d’investissement à trouver

Si la perspective d’un établissement médical apparaît séduisante, sa réalisation dépendra avant tout de sa faisabilité économique.

Pascale Bordes a évoqué un investissement supérieur à 13 millions d’euros, nécessitant de mobiliser des partenaires financiers et des investisseurs.

« Je ne suis que maire de Bagnols, je ne suis pas architecte ni investisseur. Donc si ce projet est réalisable financièrement, c’est un projet à plus de 13 millions d’euros. Il faut trouver aussi le financement », a-t-elle souligné.

La municipalité devra donc poursuivre les discussions avec les acteurs hospitaliers et les éventuels partenaires susceptibles de porter cette opération.

Pour Pascale Bordes, l’enjeu dépasse les seules frontières communales. Un tel équipement bénéficierait à l’ensemble des habitants du bassin de vie du Gard rhodanien.

Un nouvel emprunt d’un million d’euros garanti par la Ville

Au-delà de la réflexion sur l’avenir du site, le conseil municipal a également examiné les conditions financières permettant à la SPL 30 de poursuivre l’opération.

Pour financer les acquisitions foncières, la démolition des anciens bâtiments et les premières étapes de l’aménagement, la société avait déjà contracté un emprunt de 1,1 million d’euros auprès d’Arkéa Banque Entreprises et Institutionnels, garanti à hauteur de 80 % par la commune.

Cet emprunt arrivant à échéance, un nouveau financement d’un million d’euros doit prendre le relais.

La municipalité a ainsi proposé d’accorder une nouvelle garantie communale à hauteur de 80 %, soit une exposition maximale de 800 000 euros sur le capital emprunté, à laquelle peuvent s’ajouter les intérêts et accessoires prévus au contrat.

Le nouveau prêt présente les caractéristiques suivantes : une durée de 48 mois, un différé d’amortissement du capital de 24 mois, un taux fixe de 4,57 %, des échéances trimestrielles et un amortissement linéaire du capital.

Cette garantie ne constitue pas une dépense immédiate d’un million d’euros pour la Ville, mais représente un engagement financier en cas de défaillance de l’emprunteur.

Une friche stratégique dont l’avenir reste à écrire

Avec la prolongation de la concession jusqu’en 2031, la Ville se donne plusieurs années supplémentaires pour mener à bien la transformation de ce site emblématique du centre-ville.

L’abandon du programme immobilier initial marque néanmoins un changement important dans la stratégie d’aménagement de cet espace.

Désormais, la municipalité souhaite privilégier une vocation médicale et sanitaire, avec l’ambition de répondre à la fois aux besoins de santé du territoire et à la nécessité de revitaliser le cœur de Bagnols-sur-Cèze.

Reste à déterminer si les partenaires hospitaliers et financiers permettront de transformer cette perspective en projet concret.

En attendant, la friche de Carcaixent demeure un terrain vide au cœur de la ville. Et si la piste d’un établissement de rééducation associé à une maison médicale ouvre de nouvelles perspectives, aucun calendrier de construction n’a encore été annoncé.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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