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Marcoule : Orano inaugure BAMBOO, un investissement de plus de 10 millions d’euros au cœur du Gard rhodanien

Ce jeudi 5 novembre 2026, Orano a officiellement inauguré BAMBOO, son nouvel ensemble industriel et tertiaire implanté sur la zone d’activités Marcel Boiteux, à Marcoule. Avec plus de 10 millions d’euros investis, 3 200 m² de bâtiments et plus de 200 collaborateurs accueillis, cette réalisation marque une nouvelle étape dans le développement des activités Démantèlement et Services du groupe. Une inauguration qui a également permis aux élus et aux représentants économiques de rappeler les ambitions industrielles du Gard rhodanien et les enjeux de la relance de la filière nucléaire.

Un nouveau bâtiment pour accompagner les activités d’Orano

Un peu plus d’un an après la pose de sa première pierre, le 7 juillet 2025, le bâtiment BAMBOO est désormais opérationnel. Les équipes d’Orano ont pris possession des lieux au début du mois d’octobre, avant son inauguration officielle ce jeudi 5 novembre, en présence de nombreux représentants institutionnels, économiques et industriels.

C’est Stéphanie Laurier, directrice des activités Démantèlement et Services d’Orano, qui a accueilli les invités pour cette cérémonie organisée au cœur du bassin industriel de Marcoule.

« C’est avec beaucoup de fierté et de plaisir que je vous accueille aujourd’hui, avec les équipes des activités démantèlement et services du groupe Orano, pour inaugurer officiellement le bâtiment BAMBOO, ici, au cœur du bassin industriel de Marcoule », a-t-elle déclaré.

Ce nouvel ensemble représente un investissement supérieur à 10 millions d’euros. Il comprend un bâtiment tertiaire d’environ 2 500 m² et un pôle technique de 1 000 m², réunis sur une implantation industrielle et tertiaire annoncée à 3 200 m².

Le site a été conçu pour accueillir plus de 200 collaborateurs, issus notamment des équipes de Marcoule, de Melox et de Bagnols-sur-Cèze, ainsi que des partenaires.

L’objectif est de regrouper sur un même lieu des compétences jusqu’alors réparties sur plusieurs implantations, afin de faciliter les échanges entre les équipes, renforcer leur coopération et améliorer les conditions de préparation des interventions industrielles.

« Ce bâtiment tertiaire réunit des équipes de Marcoule, de Melox et de Bagnols-sur-Cèze, ainsi que nos partenaires. Il favorise les échanges et la transversalité, en rapprochant des équipes qui ont vocation à travailler ensemble », a souligné Stéphanie Laurier.

Un pôle technique tourné vers l’innovation et la formation

Au-delà des espaces de bureaux, BAMBOO dispose d’installations destinées à accompagner les opérations industrielles d’Orano.

Le bâtiment accueille notamment un pôle technique consacré à la préparation des interventions, aux essais et à la maintenance des équipements.

Un FabLab, espace dédié à l’innovation et au développement de solutions techniques, complète cet ensemble. Il doit notamment permettre aux équipes de valoriser leurs savoir-faire, de développer de nouveaux outils et d’expérimenter des solutions adaptées aux besoins des clients.

L’impression 3D fait également partie des moyens techniques mis à disposition.

Pour Orano, cet investissement répond à plusieurs objectifs : renforcer l’efficacité opérationnelle, favoriser la transmission des compétences et améliorer les conditions de travail des salariés.

Le groupe souhaite également développer les échanges entre ses différents métiers, dans un secteur où les exigences de sûreté, de sécurité et de technicité occupent une place centrale.

L’entité Démantèlement et Services d’Orano représente près de 5 000 collaborateurs en France. Elle intervient dans la logistique industrielle, la maintenance, l’exploitation d’installations, l’assainissement, le démantèlement et la gestion des déchets radioactifs.

Ses équipes sont présentes sur une quarantaine de sites français.

Un bâtiment éco-conçu avec 60 points de recharge électrique

La conception de BAMBOO intègre également une dimension environnementale.

Orano a privilégié une démarche d’éco-conception, avec des aménagements paysagers adaptés au climat méditerranéen, des espaces végétalisés et des dispositifs favorisant la sobriété énergétique.

Le site dispose de 220 places de stationnement, dont 60 points de recharge pour véhicules électriques.

Ces équipements s’inscrivent dans la volonté du groupe de concilier performance industrielle, qualité de vie au travail et réduction de l’impact environnemental de ses installations.

Plus de 80 entreprises mobilisées, des retombées importantes pour l’économie locale

L’un des chiffres particulièrement mis en avant lors de cette inauguration concerne les retombées économiques du chantier.

Au total, plus de 80 entreprises ont participé à la réalisation de BAMBOO, avec une forte représentation des entreprises régionales.

Selon Orano, près de 90 % des fournitures et de la main-d’œuvre mobilisées proviennent d’un rayon inférieur à 50 kilomètres autour du site.

Une donnée saluée par les représentants économiques et les élus, qui y voient une illustration de la capacité du tissu entrepreneurial local à accompagner les grands projets industriels.

« Cet investissement s’inscrit dans l’histoire qu’Orano partage avec le territoire de Marcoule depuis plusieurs décennies. Avec BAMBOO, nous réaffirmons notre attachement au Gard rhodanien et notre volonté de pérenniser ici les compétences, les savoir-faire et les moyens industriels nécessaires à l’accompagnement durable de nos activités et de nos clients », a déclaré Stéphanie Laurier.

Sébastien Bayart : « Le signe très concret d’un territoire qui bouge, qui investit et qui attire »

Pour Sébastien Bayart, maire de Codolet et vice-président de l’agglomération du Gard rhodanien, cette inauguration s’inscrit dans une dynamique industrielle particulièrement soutenue sur le territoire.

L’élu a rappelé les différentes opérations récemment engagées, notamment l’installation de Newcleo à Marcoule et la pose de la première pierre des Ateliers rhodaniens II à Saint-Laurent-des-Arbres.

« Depuis un mois, nous avons beaucoup inauguré, beaucoup posé de premières pierres, beaucoup parlé de nouveaux projets industriels », a-t-il observé.

Avant d’ajouter : « Moi, j’y vois surtout le signe très concret d’un territoire qui bouge, d’un territoire qui investit, d’un territoire qui attire. »

Avec BAMBOO, Orano confirme sa volonté de maintenir et de développer ses activités dans le Gard rhodanien.

Mais Sébastien Bayart a surtout insisté sur les bénéfices de cet investissement pour les entreprises locales.

« Lorsqu’un grand groupe investit sur notre territoire, l’enjeu est aussi que cet investissement irrigue notre tissu économique, qu’il donne du travail à nos entreprises, à nos artisans, à nos PME-PMI. »

La mobilisation de plus de 80 entreprises et la proportion importante de fournisseurs locaux constituent, selon lui, la démonstration que le territoire possède les compétences nécessaires pour accompagner ces projets.

Le manque de foncier économique, un défi pour le Gard rhodanien

Cette succession d’investissements industriels soulève néanmoins une difficulté majeure : la disponibilité du foncier économique.

Sébastien Bayart n’a pas éludé cette question.

« Nous manquons aujourd’hui de foncier économique disponible », a-t-il affirmé.

Le parc régional d’activités économiques Marcel Boiteux, comme plusieurs autres zones d’activités du territoire, est confronté à une demande croissante d’entreprises souhaitant s’implanter ou développer leurs installations.

Pour l’élu, cette situation constitue à la fois une difficulté et le signe de l’attractivité du Gard rhodanien.

L’agglomération travaille donc à identifier de nouvelles disponibilités foncières, à optimiser les terrains existants et à anticiper les besoins futurs des industriels.

« Notre responsabilité est maintenant de transformer cette tension en opportunité », a-t-il résumé.

Un enjeu d’autant plus stratégique que les grands projets industriels nécessitent plusieurs années de préparation, notamment pour les questions d’aménagement, de desserte et d’infrastructures.

Vers un « Acte II de Marcoule » et une nouvelle ambition nucléaire

Au-delà de BAMBOO, Sébastien Bayart a profité de cette inauguration pour défendre une vision plus large de l’avenir industriel du territoire.

Pour lui, la relance de la filière nucléaire en France constitue une opportunité majeure pour le Gard rhodanien.

« La filière nucléaire est de retour. Elle est de retour dans les investissements. Elle est de retour dans les projets. Elle est de retour dans la stratégie industrielle et énergétique de notre pays. »

L’élu a rappelé que la vallée du Rhône dispose déjà d’un écosystème industriel particulièrement développé, avec les sites de Marcoule, du Tricastin et de Cruas, les activités d’Orano et de Melox, la recherche du CEA et un important réseau de sous-traitants.

« Nous n’avons pas ici à inventer un écosystème nucléaire : il existe déjà », a-t-il insisté.

C’est dans cette perspective qu’il appelle à un véritable « Acte II de Marcoule », destiné à faire du bassin industriel l’un des grands pôles des technologies énergétiques de demain.

Cette ambition pourrait notamment s’appuyer sur le développement des petits réacteurs modulaires (SMR), des réacteurs modulaires avancés (AMR) et de nouvelles filières énergétiques.

Sébastien Bayart a également défendu une approche dépassant les frontières administratives.

« Marcoule et le Tricastin ne sont pas concurrents. Ils appartiennent à une même Vallée des Énergies. Ce qui renforce le Tricastin renforce le Gard rhodanien, et ce qui renforce Marcoule renforce toute la vallée du Rhône. »

Pour conclure, il a lancé un appel à préparer dès maintenant les conditions de cette nouvelle phase industrielle.

« Le Gard rhodanien ne doit pas regarder passer la réindustrialisation française. Il doit en être l’un des territoires moteurs, le cœur du réacteur ! »

Éric Giraudier : la CCI du Gard mobilisée pour accompagner la filière nucléaire

Du côté de la Chambre de commerce et d’industrie du Gard, cette inauguration confirme également le rôle stratégique de la filière nucléaire dans l’économie départementale.

Son président, Éric Giraudier, a rappelé l’engagement historique de la CCI auprès des entreprises du secteur, notamment autour de Marcoule, où la filière nucléaire est implantée depuis 1955.

Le Gard bénéficie d’une situation géographique particulière, au carrefour de la Drôme, de l’Ardèche et du Vaucluse, au sein d’un bassin industriel qui dépasse largement les frontières départementales.

La CCI accompagne les entreprises, les prestataires et les sous-traitants afin de favoriser leur accès aux marchés industriels.

Cet accompagnement passe notamment par des initiatives de mise en relation économique, comme Cible Affaires, ainsi que par le développement des réseaux d’entreprises et des clusters spécialisés, à l’image de Cyclium.

Éric Giraudier préside également le groupe de travail régional consacré à la filière nucléaire au sein de la CCI Occitanie.

La chambre consulaire soutient les perspectives de développement du secteur, notamment la candidature du Tricastin pour accueillir des réacteurs EPR2 et les projets d’implantation de SMR dans le Gard.

Le président de la CCI a également mis l’accent sur la transmission des savoir-faire, la formation des jeunes et la nécessité de préserver les compétences industrielles.

Pour les acteurs économiques, la relance du nucléaire doit se traduire par des retombées concrètes pour les entreprises gardoises et régionales.

Chusclan salue un projet structurant pour le territoire

La commune de Chusclan était également représentée lors de cette inauguration par son premier adjoint, Loïc Czarneki, qui s’est exprimé au nom du maire et du conseil municipal.

L’élu a salué l’aboutissement d’un projet structurant pour Orano et pour l’économie locale.

« Un projet ne se concrétise jamais seul. Il faut de la volonté, de l’engagement, des compétences et une véritable capacité à travailler ensemble pour transformer une ambition en réalisation concrète », a-t-il déclaré.

Il a rappelé que la première pierre du bâtiment avait été posée le 7 juillet 2025, marquant le lancement d’un investissement désormais concrétisé.

« Nous ne sommes plus au stade des intentions ou des projets : nous sommes dans l’action, avec un équipement moderne qui trouve désormais toute sa place au sein de notre territoire. »

Pour la municipalité, BAMBOO représente bien davantage qu’une nouvelle construction industrielle.

Il symbolise la qualité des relations entre les entreprises, les collectivités territoriales et les partenaires économiques.

Loïc Czarneki a également tenu à remercier l’ensemble des équipes, des entreprises et des bureaux d’études ayant participé à cette réalisation.

Il a formulé le souhait que BAMBOO devienne un lieu de développement, d’innovation, de coopération et de réussite durable.

Un investissement qui s’inscrit dans les perspectives du démantèlement nucléaire

L’inauguration de BAMBOO intervient dans un contexte de développement des activités de démantèlement et de gestion des déchets nucléaires.

Ces métiers représentent un enjeu industriel important, notamment avec les opérations engagées sur les installations historiques du bassin de Marcoule.

Ils nécessitent des compétences spécialisées, des équipements adaptés et des capacités d’innovation permanentes.

La CCI du Gard a notamment rappelé l’existence d’un contrat d’environ 100 millions d’euros annoncé en juillet par le CEA, distinct du projet BAMBOO, concernant le conditionnement des déchets solides et la décontamination de matériels à Marcoule.

Pour Orano, le regroupement des équipes et le développement de moyens techniques modernes doivent permettre de mieux répondre aux besoins de ses clients, tout en préparant les évolutions futures de ses activités.

Cette inauguration intervient également l’année où le groupe célèbre ses 50 ans d’histoire industrielle, un anniversaire mis en avant par Stéphanie Laurier.

La directrice des activités Démantèlement et Services a rappelé que les enjeux de souveraineté énergétique, de gestion des ressources et de développement des compétences rendent nécessaires de nouveaux investissements dans les outils industriels.

BAMBOO, un nom choisi par les collaborateurs

Derrière le nom BAMBOO se cache également une démarche collective.

L’acronyme signifie « BÂtiment Marcel Boiteux OranO ».

Il a été choisi par les collaborateurs d’Orano à l’issue d’une démarche participative.

Un choix qui possède également une dimension symbolique, comme l’a expliqué Stéphanie Laurier.

Le bambou évoque la souplesse, la résilience et la capacité à grandir. Une plante capable de plier sans rompre, de s’adapter à son environnement tout en conservant sa solidité.

Autant de qualités que la direction d’Orano souhaite retrouver dans l’organisation et le fonctionnement de ses équipes.

« Je forme donc le vœu que BAMBOO devienne un lieu où les idées circulent, où les compétences se renforcent, où les équipes coopèrent et où se construisent de nouvelles réussites collectives », a conclu Stéphanie Laurier.

Avec cet investissement de plus de 10 millions d’euros, Orano renforce ainsi son implantation historique à Marcoule. Pour les collectivités et les représentants économiques, BAMBOO constitue aussi une nouvelle illustration des perspectives industrielles qui se dessinent dans le Gard rhodanien, entre développement des activités existantes, innovation technologique et préparation de l’avenir de la filière nucléaire.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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