La Semaine pour les Alternatives aux Pesticides fête ses 20 ans avec un programme riche à Bagnols-sur-Cèze et Pont-Saint-Esprit
Du 20 au 30 mars 2025, la Semaine pour les Alternatives aux Pesticides (SPAP) célèbrera son 20ᵉ anniversaire à travers une série de conférences, d’ateliers et d’expositions organisés à Bagnols-sur-Cèze et Pont-Saint-Esprit. Porté par le relais Avignon-Gard Rhodanien de l’association Générations Futures, cet événement s’annonce particulièrement riche en échanges et en sensibilisation sur deux thématiques majeures : la biodiversité et la pollution de l’eau.
Lors de la conférence de presse du 12 mars, Michel Tachon, responsable du relais Générations Futures Avignon-Gard Rhodanien, a rappelé que l’événement est organisé depuis 2020 sur le territoire du Gard Rhodanien, en partenariat avec l’Université Populaire du Gard Rhodanien (UPGR), le Civam du Gard, Gard-O-Climat et Impact. « C’est la quatrième année que nous organisons cette semaine dans le Gard Rhodanien. On a joué le rôle de lanceur d’alerte sur la question des pesticides, et on sent un intérêt croissant du public. L’année dernière, plus de 300 personnes ont participé aux différentes conférences et ateliers. »
Un programme axé sur la pollution de l’eau et la biodiversité
Le coup d’envoi de la semaine sera donné le jeudi 20 mars à 18 h à la médiathèque de Bagnols-sur-Cèze avec une conférence-débat intitulée « Polluants éternels : origines et conséquences de la pollution de l’eau par le TFA en France », animée par Pauline Cervan, toxicologue et chargée de mission scientifique à Générations Futures.
Michel Tachon a insisté sur la gravité de cette pollution généralisée : « Les TFA font partie des PFAS, ces polluants éternels qu’on retrouve aujourd’hui partout : dans la pluie, les sols et l’eau potable. Ils proviennent de trois sources principales : les produits réfrigérants, les pesticides et certains produits industriels (comme ceux utilisés par l’usine Solvay de Salindres). Il a fallu attendre le 27 février 2025 pour que le gouvernement légifère sur la question des PFAS. Cela montre bien le décalage entre la réalité environnementale et la réponse politique. »
Les participants sont invités à s’inscrire à l’adresse : upgardrhodanien@gmail.com.
Trois grandes conférences pour mieux comprendre les enjeux
Le lundi 24 mars à 18 h 30, le Ciné 102 de Pont-Saint-Esprit accueillera une conférence-débat intitulée « L’eau : un élément vital en péril », animée par Juliette Duquesne, journaliste indépendante. « La consommation d’eau augmente alors que la ressource diminue sous l’effet du changement climatique. Il est urgent de réfléchir à des solutions locales et durables, notamment dans le domaine agricole, » a expliqué Michel Tachon.
Le mercredi 26 mars à 18 h, la salle multiculturelle de Bagnols-sur-Cèze sera le théâtre d’une autre conférence-débat sur le thème « Comment préserver la biodiversité des forêts anciennes ? ». Deux spécialistes interviendront : Joseph Garrigue, ancien conservateur de la forêt de la Massane (classée à l’UNESCO), et Jean-Paul Mandin, biologiste et spécialiste de la forêt de la Valbonne. « Garrigue a fait une halte dans le Gard Rhodanien lors d’un périple à travers plusieurs forêts anciennes. Il nous offrira une perspective unique sur la fragilité de ces écosystèmes, » a souligné Michel Tachon. La soirée se clôturera par un petit spectacle musical.
Le Forum « Alternatif Bio » : un temps fort à Pont-Saint-Esprit
L’autre grand temps fort de la SPAP sera le Forum « Alternatif Bio » le dimanche 30 mars de 14 h à 19 h à la salle des fêtes de Pont-Saint-Esprit (entrée gratuite). Il réunira un marché de produits bios régionaux et plusieurs conférences sur des sujets variés : les circuits courts, l’apiculture et le potager biologique.
Des ateliers pratiques sont également prévus, dont une activité de land’art (création d’objets à partir d’éléments naturels). Les élèves de plusieurs établissements scolaires participeront à la semaine à travers une exposition de fresques sur la biodiversité et des panneaux informatifs sur les circuits courts et l’apiculture.
« On fait tout ça pour sensibiliser la jeune génération. Trois classes du collège Notre-Dame et du collège Georges-Ville vont travailler sur la biodiversité. L’école primaire de Saint-Paulet va également réaliser des dessins sur ce thème. Les enfants sont très réceptifs, et ce sont eux qui transmettent le message à leurs parents. »
Un public de plus en plus concerné
Michel Tachon s’est montré optimiste quant à l’évolution des mentalités : « Le public est de plus en plus nombreux et motivé. Il y a un vrai décalage entre la prise de conscience collective et la lenteur des réponses politiques. Mais on sait qu’en mettant la pression collectivement, on peut obtenir des résultats. »
La Semaine pour les Alternatives aux Pesticides s’affirme donc, pour son 20ᵉ anniversaire, comme un moment de sensibilisation et de mobilisation citoyenne face à l’urgence environnementale.



