Altitude Tour féminin : entre difficultés financières, désillusions et volonté de rebond

L’Altitude Tour féminin, épreuve cycliste féminine organisée dans le Gard, traverse une zone de turbulences. Son organisateur et directeur de course, Florian Gazan (ACFIR), a accepté de revenir en détail sur les difficultés rencontrées, les tensions récentes et les perspectives d’avenir d’une course qu’il souhaite voir perdurer.
Une situation financière fragile assumée
D’emblée, Florian Gazan ne cherche pas à éluder les problèmes : « On avait du retard de paiement, on ne le nie pas ». L’édition 2025 a laissé des dettes que l’organisation, portée par une petite structure associative, peine à résorber. « Être seulement deux pour organiser une épreuve nationale ne nous a pas permis de solliciter toutes les aides possibles », explique-t-il.
Pour faire face, un partenariat avec une entreprise privée était en discussion, conditionné à la tenue d’une édition 2026. Celui-ci devait permettre d’apurer une partie des dettes, notamment vis-à-vis des prestataires. Mais les événements récents ont mis un coup d’arrêt à cette dynamique.
L’épisode du Greet Hôtel et la médiatisation
Le point de rupture intervient autour d’un litige avec le Greet Hôtel. Selon Florian Gazan, un accord d’échéancier avait été trouvé, avec un premier paiement de 650 euros effectué une semaine avant la médiatisation de l’affaire. « Il restait environ 1 300 euros à régler, alors que plus de 4 000 euros avaient déjà été versés suite à l’édition 2025 », précise-t-il.
Le second paiement prévu a été volontairement suspendu par l’organisateur après la démarche de l’hôtelier auprès de l’émission de Julien Courbet, jugée « disproportionnée ». « On a appris la situation par un autre prestataire que nous avions, lui, payé dans les temps », ajoute-t-il.
Cette exposition médiatique a eu des conséquences immédiates : « On a été menacés après le passage dans l’émission », affirme Florian Gazan, qui déplore un traitement reposant « sur des rumeurs » plutôt que sur la réalité du terrain.
Un manque de soutien dénoncé
Au-delà de cet épisode, l’organisateur pointe un manque d’accompagnement institutionnel. « Je suis déçu du manque de soutien de la fédération et des comités, qui sont censés aider les clubs », regrette-t-il. Il compare avec d’autres territoires où des dispositifs de prêts existent pour soutenir les structures en difficulté.
Même constat au niveau local : « Certaines personnes ont disparu de la circulation après cette affaire ». Florian Gazan évoque également sa déception vis-à-vis de la mairie de Pujaut : « Après un départ offert à la commune, nous n’avons même pas pu accéder à la salle communale pour organiser des lotos et tenter de régler nos dettes ».
Un soutien d’autant plus attendu que l’Altitude Tour féminin constitue « la seule manifestation féminine de ce type dans le département, et l’une des rares en Occitanie ».
L’annulation de l’édition 2026
Dans ce contexte tendu, la décision a été prise d’annuler l’édition 2026. « On préfère prendre le temps de discuter avec certaines municipalités et repartir sur des bases saines », explique Florian Gazan.
Une décision difficile à encaisser pour les organisateurs, d’autant que le travail préparatoire était déjà largement avancé : « Le dossier en préfecture était prêt, les équipes étaient invitées ». L’annulation a également entraîné le remboursement des cautions versées par certaines équipes étrangères.
Une volonté de rebond malgré tout
Malgré les difficultés, l’ACFIR ne baisse pas les bras. Des échéanciers sont en cours pour solder les dettes restantes auprès des prestataires, et une réorganisation interne est engagée. « On purifie le club avec des personnes motivées et de nouveaux partenariats », indique Florian Gazan.
L’avenir de l’épreuve pourrait passer par une nouvelle gouvernance. « C’est désormais à un nouveau porteur de projet de reprendre l’épreuve, avec l’aide de l’association », annonce-t-il. Une évolution qui pourrait s’accompagner d’un format allégé : « On est prêts à réduire le nombre de jours pour repartir correctement ».
Objectif 2027 dans le Gard
Malgré l’amertume, l’objectif reste clair : maintenir une course féminine dans le Gard. « On va tout faire pour qu’il y ait une édition 2027 », assure Florian Gazan, qui insiste sur l’importance de continuer à valoriser le sport féminin sur le territoire.
Conscient des erreurs, il conclut avec franchise : « Je suis peiné d’avoir mis autant de temps à payer les prestataires, ce n’était pas un choix ». Et d’ajouter : « On reste une petite association, mais on reste ouverts à la discussion pour faire vivre cette épreuve ».
Florian Gazan garde également en ligne de mire la recherche de partenaires locaux dans le but de financer l’édition 2027 et souligné par ailleurs le soutien du conseil départemental du Gard dans l’organisation de cet événement majeur du calendrier cycliste féminin.
Entre désillusion et détermination, l’Altitude Tour féminin se retrouve aujourd’hui à un tournant décisif de son histoire.



