Bagnols-sur-Cèze : émotion et devoir de mémoire lors de la cérémonie du 8 mai

Sous un ciel ensoleillé, élus, représentants des autorités civiles et militaires, associations patriotiques, porte-drapeaux, jeunes du Conseil municipal des jeunes et habitants se sont réunis ce jeudi 8 mai à Bagnols-sur-Cèze pour commémorer le 81e anniversaire de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe.
La cérémonie, empreinte d’émotion et de gravité, a été marquée par plusieurs prises de parole fortes autour du devoir de mémoire, de la transmission aux jeunes générations et de la vigilance face à la montée des discours de haine et du négationnisme.
Le message du gouvernement lu par Pascale Bordes
La maire de Bagnols-sur-Cèze, Pascale Bordes, a d’abord donné lecture du message de la ministre Catherine Vautrin. Un texte revenant sur la capitulation sans condition de l’Allemagne signée dans la nuit du 6 au 7 mai 1945 à Reims et sur la libération de l’Europe « de l’emprise totalitaire et génocidaire nazie ».
Le message a rendu hommage à toutes les figures de la Résistance et de la France libre : les pêcheurs de l’île de Sein, les volontaires de Saint-Pierre-et-Miquelon, les commandos Kieffer, les soldats venus d’Afrique, d’Asie et du Pacifique, ou encore Simone Veil, survivante d’Auschwitz et symbole de la réconciliation européenne.
« Ceux qui continuèrent de croire à la France n’étaient pas des surhommes », rappelait notamment le texte ministériel, insistant sur « cette force morale, première arme d’un peuple qui sut, au bord de l’abîme, se redresser ».
Le discours s’est achevé par un appel à transmettre aux jeunes générations ce « patriotisme agissant » évoqué par le général Leclerc afin que « plus jamais le pire ne redevienne possible ».

Jean-Claude Mougenot : « Nous n’avons rien oublié »
Le président de l’association des anciens combattants, Jean-Claude Mougenot, a ensuite livré une allocution particulièrement émouvante, invitant l’assemblée à se replonger dans l’atmosphère du 8 mai 1945.
« Quel bonheur de prononcer le terme victoire et encore plus celui de paix », a-t-il lancé, tout en rappelant que derrière cette joie immense demeuraient des blessures profondes et des familles endeuillées.
Dans un discours très marqué par le souvenir des disparus, il a évoqué les soldats qui ne reviendraient jamais, les familles juives déportées et l’immense douleur laissée par la guerre. « Nous n’avons rien oublié, nous n’oublierons rien », a-t-il insisté.
Jean-Claude Mougenot a également rappelé que la victoire devait s’accompagner d’une volonté durable de paix et d’unité : « Nous ne voulons plus vivre cela, ni ici, ni ailleurs, jamais. »

Pascale Bordes insiste sur la mémoire de la Shoah
Dans son discours, la maire de Bagnols-sur-Cèze a largement centré son intervention sur la mémoire de la Shoah et la nécessité de transmettre cette histoire aux nouvelles générations.
« Le 8 mai 1945 à Berlin, la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie était signée. Après six années de guerre qui plongèrent l’Europe et le monde dans le chaos, les armes se taisaient enfin », a-t-elle rappelé.
Évoquant le bilan humain « effroyable » de la Seconde Guerre mondiale, Pascale Bordes a rappelé que plus de 60 millions de personnes avaient perdu la vie dans le conflit. Elle a surtout insisté sur l’extermination des Juifs d’Europe : « Six millions de Juifs furent exterminés par les nazis parce qu’ils étaient juifs. Parmi eux, un million et demi d’enfants. »
La maire a cité Simone Veil, rescapée des camps, décrivant la déshumanisation organisée par le régime nazi : « Nous n’avions plus de nom, seulement un numéro tatoué sur le bras. »
Face à la disparition progressive des derniers témoins directs, Pascale Bordes a appelé à maintenir vivante la mémoire de la Shoah et à combattre sans relâche le négationnisme. « Nier la Shoah, ce n’est pas seulement falsifier l’histoire, c’est assassiner une seconde fois les victimes », a-t-elle déclaré.
Hommage aux résistants et aux Justes
La maire a également rendu hommage aux soldats alliés venus du monde entier, aux résistants français ainsi qu’aux Justes ayant caché et sauvé des Juifs au péril de leur vie.
« Il y a eu la France de Vichy, mais il y a eu aussi une autre France. Une France du refus, une France de la Résistance, une France fraternelle et courageuse », a-t-elle affirmé.
Dans un contexte international marqué par de nouvelles tensions et la résurgence de certains discours extrémistes, Pascale Bordes a insisté sur l’importance de défendre « inlassablement les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité ».




