Présentation du CLE, un véritable « parlement de l’eau » au travail
Ce vendredi 14 novembre, à l’espace Rabelais de Bagnols-sur-Cèze, les membres de la Commission Locale de l’Eau (CLE) se sont réunis pour faire le point sur l’avancement du Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) Cèze et petits affluents du Rhône. Nous avons pu les rencontrer à cette occasion et découvrir le fonctionnement de cette commission, où élus, usagers et représentants de l’État cherchent ensemble le juste compromis entre usages et préservation du milieu. « C’est un peu le parlement de l’eau », résume Benoît Trichot, président de la CLE.
Créée par le Préfet du Gard, la CLE réunit 47 membres répartis entre élus (25), usagers de l’eau (14) agriculteurs, industriels, acteurs du tourisme, pêcheurs, associations et représentants de l’État (8). L’objectif : mettre tout le monde autour de la table, pour que chaque évolution, chaque difficulté ou chaque pression sur la ressource puisse être discutée collectivement. L’instance se réunit deux à trois fois par an en séance plénière. À cela s’ajoutent six réunions annuelles en commissions, plus resserrées, qui approfondissent des sujets concrets. « Nous sommes là pour trouver des solutions partagées, pas pour imposer une vision », insiste Benoît Trichot.
La CLE ne se limite pas aux salles de réunion. Les membres se déplacent régulièrement sur le terrain afin d’observer les réalités hydrauliques du bassin versant. Prochain rendez-vous : une visite du barrage de Sénéchas, infrastructure clé dans la régulation des débits et la prévention des crues.
Installée en juin 2025, la CLE s’est attelée à la première étape du SAGE : dresser l’état des lieux. Une photographie complète de la qualité des eaux, de leur quantité disponible, des usages et des pressions qui s’exercent sur les milieux. Des ateliers de travail ont eu lieu en octobre, permettant de prioriser les besoins de connaissance sur plusieurs thématiques clés : effets du changement climatique, gestion quantitative de la ressource, prévention des inondations, qualité des eaux, état des milieux aquatiques et zones humides, gouvernance et organisation du territoire. L’objectif est clair : produire un état des lieux suffisamment complet d’ici mars 2026, avant les prochaines élections municipales.
D’ici la fin d’année 2025, la CLE doit valider son programme d’avancement. L’automne voit la montée en puissance de commissions de travail, thématiques ou géographiques qui ont la mission de hiérarchiser les urgences, d’identifier les données manquantes et de préparer les futures orientations du SAGE. Ces commissions traiteront des six grands enjeux du territoire : adaptation au changement climatique, gestion de la ressource en eau, risque inondation, préservation des zones humides, qualité de l’eau et gouvernance territoriale.
Au-delà du diagnostic, le SAGE a une portée juridique : ses règles seront opposables dans plusieurs domaines, comme la gestion des eaux pluviales, les implantations d’activités en zones sensibles ou la protection des milieux. Des exemples récents d’autres SAGE, comme celui du Vistre Vistrenque, montrent que cet outil peut interdire ou conditionner certains projets pour protéger durablement la ressource.
La démarche est portée par le Syndicat ABCèze, qui regroupe huit intercommunalités et couvre 111 communes, du Mont Lozère à la vallée du Rhône. Ses missions : gestion de l’eau, prévention des inondations et préservation des milieux aquatiques.
Prochaine étape : un automne studieux pour les commissions et une visite terrain au barrage de Sénéchas. Le « parlement de l’eau » entre véritablement dans le cœur du sujet.



