Saint-Marcel-de-Careiret : un film tourné dans le village bientôt a l’affiche du cinéma de Bagnols sur Cèze

Avec FÉRAL, la jeune équipe menée par Vincent Treillet a signé à Saint-Marcel-de-Careiret un film profondément sensoriel, où le deuil se raconte moins par les mots que par les paysages, les silences et la respiration du temps. Tourné en juillet 2022 dans le Gard, le film suit le parcours d’un jeune homme qui tente de vivre avec la disparition de son frère. Une absence jamais expliquée, jamais apaisée, qui continue de l’habiter comme une ombre familière et douloureuse.
Dans FÉRAL, la forêt n’est pas qu’un décor. Elle devient un personnage à part entière : refuge pour l’âme, menace latente, mais aussi miroir intérieur où se reflètent les peurs, les doutes et l’épuisement d’un deuil impossible. C’est au cœur de ce labyrinthe végétal que le personnage avance, trébuche, recule parfois, tenté par la fuite autant que par l’immobilité. Le film interroge sans détour cette lutte intime entre la nécessité de continuer à vivre et l’attachement persistant à ce qui n’est plus.
À travers son récit minimaliste et sa mise en scène dépouillée, FÉRAL explore les fragilités humaines face à la perte : comment accepter que certaines choses disparaissent pour toujours ? Comment composer avec une mémoire qui s’efface ou qui, au contraire, envahit tout ? Le film aborde ces questions avec pudeur, laissant au spectateur l’espace nécessaire pour projeter ses propres émotions.

Mais FÉRAL, c’est aussi une aventure humaine. Réalisé par une équipe locale, jeune et passionnée — dont plusieurs membres étaient encore étudiants en cinéma au moment du tournage —, le film porte en lui la fraîcheur et l’urgence créative de celles et ceux qui apprennent encore leur métier en le pratiquant. Cette dimension artisanale, presque familiale, se ressent dans chaque plan, dans chaque choix artistique.
Trois ans après le tournage, FÉRAL n’est plus tout à fait le même film. Les personnes qui l’ont fabriqué non plus. Avec le recul, expliquent les auteurs, « nos regards ont changé, nos intentions se sont précisées ». La maturation du projet, autant que la maturation de l’équipe, a façonné une œuvre plus aboutie, plus respirée, où chaque geste semble pesé, assumé. Le temps écoulé est devenu un matériau artistique à part entière — il a transformé le film autant qu’il a transformé ceux qui l’ont créé.
Au final, FÉRAL apparaît comme un voyage intérieur, une traversée des émotions que chacun peut reconnaître : la perte, l’absence, l’attachement, la lente reconstruction. Un film qui parle de deuil, mais aussi de mouvement, de cette nécessité d’avancer malgré tout, même lorsque les traces du passé persistent à se mêler au chemin.
Une séance spéciale aura lieu le 29 novembre prochain au cinéma Le Casino à Bagnols-sur-Cèze à 11h.



