Les Angles : Anaïs Rambaud officialise sa candidature pour les municipales de 2026

À moins de 4 mois des élections municipales de mars 2026, une nouvelle candidature vient bousculer le paysage politique anglois. Anaïs Rambaud, 41 ans, cheffe d’entreprise dans le secteur de la formation, annonce qu’elle conduira une liste citoyenne baptisée Les Angles autrement. Une offre politique qui se veut « progressiste », participative et résolument tournée vers l’écologie et l’intérêt collectif.
Une candidate issue de la société civile
« Je suis très honorée d’avoir été sollicitée pour être tête de liste », confie Anaïs Rambaud. Originaire de Rochefort-du-Gard, elle dit avoir « choisi d’habiter Les Angles » pour sa proximité avec Avignon, l’équilibre entre vie urbaine et espaces naturels, et le charme de son vieux village « dont le patrimoine remonte au XIIᵉ siècle ».
Mais, à ses yeux, la commune s’est profondément transformée, et pas dans le bon sens.
« Depuis mon enfance, je constate une disparition progressive des espaces verts : la garrigue de la Combe Chazet, la forêt de Font d’Irac… » Elle dénonce également « un urbanisme débridé où les immeubles poussent plus vite que les champignons ».
Elle évoque les effets concrets du manque d’ombre et d’espaces naturels :
« À 41 ans, je souffre déjà de la chaleur en circulant dans certains quartiers. Alors j’imagine les enfants et les personnes âgées. »
Le manque de concertation est également pointé du doigt, notamment autour du projet Terre Nature, « où un hectare de nature est devenu un hectare de béton », conduisant des habitants à attaquer la mairie.
Une critique assumée de la gestion actuelle
Si son discours se veut d’abord programmatique, Anaïs Rambaud assume une critique frontale du maire sortant, Paul Mely.
« Il se targue de gérer la commune en bon père de famille. En réalité, c’est de l’autoritarisme, mêlé à une gestion verticale et opaque, qui sert les intérêts d’un groupe restreint », estime-t-elle.
Dans plusieurs quartiers, des collectifs citoyens se sont formés pour s’opposer à la bétonisation ou pour demander davantage de transparence. « Ce n’est pas normal que les habitants doivent se constituer en collectifs pour se défendre », déplore-t-elle.
Une liste citoyenne aux profils variés
La liste compte plusieurs sensibilités politiques (principalement de gauche), mais la candidate assure que « sur 29 personnes, une petite minorité seulement possède une carte de parti ».
« Nous rassemblons autour d’un projet, pas autour d’étiquettes », précise-t-elle.
Céline Bolcato, directrice de campagne
Habitante des Angles depuis sept ans, engagée dans la défense du secteur de Font d’Irac, elle mène depuis trois ans un collectif mobilisé pour protéger trois hectares de forêt.
« Nous luttons contre la bétonisation et pour la préservation du cadre de vie », explique-t-elle.
Jean-Marie Michel, économiste
Ancien élu d’Entraigues durant vingt ans, spécialiste des affaires européennes, il retrouve ici « l’envie de s’impliquer localement ».
« La commune n’a pas évolué de manière satisfaisante. On observe une anarchie urbaine. Il faut de la mixité d’activités, de la végétalisation : le projet Céréalis a fait tout l’inverse. »
Faiza Mokkedem, installée depuis le Covid
Elle souligne « la disparité entre l’attachement des Anglois à leur commune et les projets urbanistiques actuels ».
Joseph Ferré, 83 ans, ancien cadre dirigeant de banque
Installé aux Angles depuis 1968, il se définit comme « un militant du collectif de l’eau du Grand Avignon gardois ».
« La commune ne s’est pas développée comme nous l’espérions. Si je peux transmettre mon expérience pour ce dernier combat, je le fais avec plaisir », glisse-t-il.
Membre du PS depuis plus de soixante ans, il insiste néanmoins : « Cette liste est citoyenne et plurielle. »
La liste n’est pas encore entièrement finalisée, mais une présentation complète est annoncée « une fois le programme entièrement élaboré ».
Un projet politique articulé autour de cinq priorités
1. Urbanisme : remettre de l’harmonie et de la concertation
La refonte du PLU est évoquée, l’actuel « n’étant plus applicable ».
La méthode : instaurer un temps de concertation citoyenne obligatoire avant tout projet important.
2. Démocratie participative
S’inspirer des 440 communes françaises ayant mis en place des outils participatifs :
budgets participatifs, conseils de quartier, consultations régulières.
« Il faut redonner du sens au mot politique et remettre l’humain au cœur de la vie communale. »
3. Écologie et adaptation au climat
Objectifs :
- végétaliser massivement,
- redonner du charme aux espaces publics,
- créer des zones de fraîcheur,
- anticiper les risques climatiques.
« La transition écologique doit garantir la sécurité des habitants. »
4. Cohésion sociale
Créer davantage de liens intergénérationnels :
« Aînés et jeunes doivent pouvoir se rencontrer, s’entraider, sortir de l’isolement. »
5. Vie économique
Dynamiser le commerce local, soutenir les entrepreneurs et la création d’emploi.
Relations avec l’Agglomération du Grand Avignon :
La candidate souhaite « renforcer la coopération » et se montrer active au conseil communautaire « pour faire émerger des projets concrets et ambitieux pour la commune ».
Transports, sécurité, prévention : d’autres chantiers sensibles
Le sujet de la mobilité revient souvent dans les témoignages :
absence de bus au stade du fond d’Irac, trottoirs insuffisants, pistes cyclables inexistantes, éclairage défaillant sous le pont SNCF…
« Les voiries doivent enfin avoir du sens », estime la candidate.
Sur la sécurité, elle distingue nettement sûreté et prévention.
« Les cambriolages concernent une ville attractive aux belles demeures ; quant au narco-trafic, la proximité avec Avignon impose une vigilance réelle. »
Elle souhaite adhérer au réseau À l’abri, renforcer la prévention et travailler avec les acteurs sociaux.
La pauvreté est également évoquée : « Si on ignore ces 2 000 personnes sur 8 000 habitants, on passe à côté d’un enjeu essentiel. »
Une coopération renforcée avec la Banque alimentaire est annoncée.
« Les Angles autrement » : un projet pour rompre avec « la vision tout-béton »
Pour Anaïs Rambaud, la ligne directrice est claire :
« Servir l’intérêt collectif, faire preuve de courage, d’exemplarité et mettre fin à la vision tout béton de M. Mely. »
Le ton est posé : une candidature de rupture, s’appuyant sur une équipe hétérogène et motivée, avec l’ambition de « relever les véritables défis économiques, sociaux et écologiques ».
La campagne ne fait que commencer aux Angles. Et elle s’annonce particulièrement animée.



