Tresques : le 11 novembre placé sous le signe de la mémoire et de la transmission

Ce mardi matin, la commune de Tresques a rendu hommage aux soldats tombés pour la France à l’occasion de la commémoration du 11 Novembre. Devant le monument aux morts, élus, anciens combattants, représentants d’associations, parents et enfants se sont rassemblés pour un moment de recueillement empreint d’émotion et de respect.
« Le 11 Novembre, la France écoute, bat son cœur, se recueille »
Dans son allocution, le maire Alexandre Pissas a rappelé la portée universelle de cette journée :
« Le 11 novembre, la France écoute, bat son cœur, elle se recueille. Nous voulons le nom de ceux qui ont donné leur vie pour que nous soyons libres. »
Le maire a évoqué le fracas des armes désormais remplacé par le silence des monuments, un silence qui « porte le poids immense de millions de morts en Europe ». Il a rappelé que plus d’un million quatre cent mille soldats français ont perdu la vie pendant la Grande Guerre, laissant derrière eux des familles meurtries et des villages endeuillés.
« Chaque année », a-t-il poursuivi, « nos communes respectent ces générations qui se sont succédées. Dans cette mémoire, nous rendons visible l’idéal qui nous tient à cœur : celui de la paix universelle et de la fraternité. »
Le bleuet de France et la force d’âme de la nation
Alexandre Pissas a ensuite évoqué le symbole du bleuet de France, créé il y a un siècle, en 1925, aux Invalides :
« Cette petite fleur qui poussait dans les tranchées témoigne de la force d’âme de la nation. »
Le maire a aussi rappelé les commémorations du 80e anniversaire du débarquement et de la Libération, soulignant que ces moments de mémoire rappellent « la force du patriotisme et le refus de l’esprit de défaite ». Il a cité les mots du général de Gaulle « construire un ordre tel que la liberté, la sécurité et la dignité de chacun puissent être respectées » ainsi que ceux de la philosophe Simone Weil, pour qui le patriotisme est « un sentiment de tendresse poignant pour une chose belle, gracieuse, fragile et persistante ».
Des lettres poignantes venues du front

La cérémonie s’est ensuite poursuivie par la lecture des noms des Tresquois morts pour la France. Puis plusieurs extraits de lettres de poilus ont été lus par les enfants de l’école de la commune, plongeant l’assistance dans l’intimité bouleversante de ces hommes partis au front.
L’une d’elles, écrite par Joseph à son fils de 15 mois, disait :
« En attendant de pouvoir te choyer et te caresser, je te fais, mon petit fanfant, de grosses bises. »
Quelques mois plus tard, Joseph Thomas tombait à Verdun.
Une autre lettre, signée Émile, témoignait de l’épuisement des soldats :
« Nuit et jour, il faut être au travail. De repos, jamais. Songez que sur 24 heures je dors trois heures. Mais je vaincrai jusqu’au bout. »
Il fut tué sur le front à 24 ans.
Ces lectures, empreintes d’humanité, ont rappelé la souffrance et la dignité des combattants, leur courage au milieu de l’horreur.
La Marseillaise pour conclure
Avant de conclure la cérémonie, Alexandre Pissas a tenu à remercier les enseignants, les parents d’élèves et l’Association laïque des parents d’élèves, qui ont contribué à la participation des enfants. Ces derniers ont ensuite entonné la Marseillaise, reprenant en chœur les paroles de l’hymne national devant un public ému.
La cérémonie s’est achevée par un moment convivial autour du verre de l’amitié, symbole de cohésion et de transmission entre les générations.
À Tresques, en ce 11 novembre, la mémoire des poilus a trouvé un écho fort dans la voix des enfants : un lien vivant entre le passé et l’avenir.



