À Pierrelatte, EDF et Orano Tricastin tracent une feuille de route industrielle, climatique et territoriale ambitieuse

Réunis ce vendredi 9 janvier à la mi-journée à Pierrelatte, les acteurs du site nucléaire de Tricastin ont présenté leurs vœux pour 2026 devant élus, partenaires économiques et institutionnels. Un temps fort marqué par deux prises de parole structurantes : celle de Cedrick Hausseguy, directeur du site EDF Tricastin, et celle de Pascal Turbiault, directeur du site Orano Tricastin. Deux discours convergents autour d’un même message : la filière nucléaire est au cœur de la souveraineté énergétique française, de la transition climatique et du développement territorial.
EDF Tricastin : sûreté, performance et adaptation climatique
« C’est un véritable plaisir de vous retrouver au cœur d’un territoire d’excellence depuis plus de quarante ans », a d’emblée rappelé Cedrick Hausseguy, soulignant l’ancrage historique et humain du site dans la vallée du Rhône.
Avec 24 TWh d’électricité décarbonée produite chaque année, quatre unités de production, 1 500 salariés EDF et près de 700 salariés d’entreprises partenaires, Tricastin est un acteur clé du système électrique national. Le site collabore avec 350 entreprises partenaires et mobilise jusqu’à 30 000 intervenants chaque année lors des phases de maintenance.
La priorité reste absolue : la sûreté nucléaire.
« Nous agissons chaque jour pour produire en toute sûreté et en toute sécurité », a insisté le directeur du site, en saluant des résultats « particulièrement excellents », avec zéro accident en 2025.
320 millions d’euros investis chaque année
Dans le cadre du programme industriel du Grand Carénage, EDF investit 320 millions d’euros par an pour maintenir et moderniser les installations. L’objectif : permettre aux réacteurs d’atteindre le cap des 50 ans, puis, avec la future 5e visite décennale (VD5), de dépasser les 60 ans d’exploitation, sous réserve d’autorisation de l’Autorité de sûreté nucléaire.
L’année 2026 sera marquée par quatre arrêts de maintenance et deux arrêts simples, tandis que la préparation de la VD5, prévue à partir de 2029, intégrera un nouveau paramètre majeur : le changement climatique.
EDF travaille déjà à plusieurs adaptations :
- limitation de la température de rejet de l’eau à 50°C maximum,
- réduction des volumes d’eau consommés et rejetés,
- recyclage nocturne de l’air frais pour refroidir les bâtiments le jour,
- peinture des façades en blanc à partir de 2026 pour limiter l’échauffement,
- réutilisation de l’eau industrielle pour préserver la ressource.
« Préserver l’eau, protéger la biodiversité et produire en sûreté sont désormais indissociables », a résumé Cedrick Hausseguy.
Emploi, formation et territoire
EDF Tricastin reste également un moteur économique majeur :
- 4 000 emplois directs et indirects,
- 40 % des achats réalisés localement,
- 30 recrutements en CDI et 58 alternants en 2025,
- 8 conventions avec l’Éducation nationale et mise à disposition du campus industriel pour former sur du matériel réel.
« Nous avons de forts besoins de recrutement dans les années à venir. Trouver et former les talents est un enjeu stratégique », a insisté le directeur du site.
Orano Tricastin : investir pour la souveraineté et la transition énergétique
De son côté, Pascal Turbiault, directeur d’Orano Tricastin, a rappelé le rôle central du site dans la chaîne du combustible nucléaire :
« Orano transforme la matière en solutions concrètes au service des grands défis climatiques et sociétaux. »
Le site, implanté depuis plus de 60 ans à Tricastin, alimente aujourd’hui l’équivalent de 90 millions de foyers en électricité bas carbone en France, au Royaume-Uni et en Allemagne, et bientôt 30 millions supplémentaires avec la montée en puissance de l’usine Georges Besse II.
Georges Besse II : un chantier stratégique
L’extension de l’usine d’enrichissement Georges Besse II représente un investissement majeur de 1,7 milliard d’euros, classé dans le top 5 des investissements industriels en France.
À ce jour :
- 70 % du béton est coulé,
- 60 % des charpentes sont montées,
- 180 entreprises mobilisées, dont 90 % françaises et 70 % régionales.
Objectif : réduire la dépendance européenne aux importations russes, renforcer la souveraineté énergétique et sécuriser l’approvisionnement en combustible.
Jusqu’à 1 000 personnes seront mobilisées au pic du chantier, générant des retombées fiscales et économiques significatives pour le territoire.
D’autres projets structurants
Au-delà de Georges Besse II, Orano investit dans :
- l’atelier AMC2 de maintenance des emballages (40 M€),
- une usine de défluoration (130 M€),
- pour un total de 3 milliards d’euros d’investissements sur dix ans.
Orano se projette aussi à l’international, avec un projet d’usine d’enrichissement aux États-Unis (Tennessee), représentant 900 millions de dollars d’investissement, complémentaire de Tricastin.
Emploi, jeunesse et environnement
En 2025, Orano a recruté plus de 1 000 personnes dans le Sud-Est, et vise le même objectif en 2026. Le groupe accueille également 300 alternants, dont 150 à Tricastin.
Côté environnement, le site a récemment mené une opération de plantation de plus de 800 arbres, impliquant les familles des salariés, dans une démarche concrète de biodiversité locale.
Une filière ancrée, une page qui se tourne
Moment symbolique de la cérémonie : l’évocation de la fin de la démolition de la tour aéroréfrigérante et du premier acte de démantèlement de l’ancienne usine Eurodif. Une page se tourne dans l’histoire industrielle du site, sans renier son héritage.
La cérémonie s’est conclue par la diffusion d’un extrait d’un concert de violoncelle interprété par Camille, salariée d’Orano, filmé au cœur même de la tour, donnant une dimension à la fois humaine et patrimoniale à l’événement.
« Nous sommes les héritiers de cette aventure et les bâtisseurs de son avenir », a conclu Pascal Turbiault.
Une année 2026 « pleine d’énergie et bas carbone » est désormais lancée pour le site de Tricastin — entre performance industrielle, responsabilité environnementale et ambition territoriale.



