Élections municipales et communautaires de mars 2026 : ce qu’il faut savoir

Les élections municipales et communautaires des 15 et 22 mars 2026 constitueront un rendez-vous démocratique majeur à l’échelle des communes et de l’Agglomération du Gard rhodanien. Elles permettront de renouveler, pour six ou sept ans, l’ensemble des conseils municipaux ainsi que le conseil communautaire.
Un scrutin au cœur de la démocratie locale
Les conseillers municipaux sont élus au suffrage universel direct pour un mandat de six ans, renouvelable. Ils ont la charge de définir et de mettre en œuvre la politique municipale : urbanisme, écoles, action sociale, voirie, vie associative ou encore cadre de vie.
Dans le même temps, ces élections déterminent également la composition du conseil communautaire, organe délibérant de l’intercommunalité, chargé des compétences transférées par les communes (développement économique, aménagement du territoire, gestion des déchets, mobilité, etc.).
Le conseil communautaire du Gard rhodanien
Le conseil communautaire de l’Agglomération du Gard rhodanien est composé de 75 conseillers communautaires, répartis entre les communes selon leur population.
Répartition des sièges
- Bagnols-sur-Cèze : 17 conseillers
- Pont-Saint-Esprit : 10 conseillers
- Laudun-l’Ardoise : 6 conseillers
- Saint-Laurent-des-Arbres : 2 conseillers
- 40 autres communes : 1 conseiller titulaire par commune, avec 1 suppléant
Une intercommunalité jeune et stable
Créée en 2013, l’Agglomération du Gard rhodanien est issue de la fusion de plusieurs communautés de communes :
- Rhône Cèze Languedoc
- Garrigues Actives
- Cèze Sud
- Val de Tave
- Valcézard
À ces ensembles se sont ajoutées les communes de Lirac et Saint-Laurent-des-Arbres (ex-Côte du Rhône Gardoise), Issirac (Gorges de l’Ardèche), Montfaucon (Grand Avignon) et Tavel (sans intercommunalité auparavant).
Depuis sa création, l’agglomération n’a connu qu’un seul président, Jean-Christian Rey, soutenu successivement par La République en marche et le Parti socialiste, ce qui constitue une singularité dans le paysage intercommunal.
Dates clés à retenir
- 4 février 2026 : date limite d’inscription en ligne sur les listes électorales
- 6 février 2026 : date limite d’inscription en mairie
- 2 mars 2026 : ouverture de la campagne électorale officielle (1er tour)
- 14 mars 2026 à 0 h : clôture de la campagne du 1er tour
- 15 mars 2026 : premier tour de scrutin
- 16 mars 2026 : ouverture de la campagne officielle du second tour
- 21 mars 2026 à 0 h : clôture de la campagne du second tour
- 22 mars 2026 : second tour de scrutin
Un mode de scrutin désormais identique dans toutes les communes
Depuis la promulgation de la loi du 21 mai 2025, le mode de scrutin dans les communes de moins de 1 000 habitants est aligné sur celui des communes de 1 000 habitants et plus.
Ce qui change concrètement à partir de mars 2026
- Scrutin de liste à deux tours, dans toutes les communes
- Suppression du panachage : il n’est plus possible de rayer, ajouter ou modifier des noms sur les bulletins
- Dépôt obligatoire de listes complètes
- Parité stricte : alternance obligatoire entre une femme et un homme sur l’ensemble de la liste
Attribution des sièges
- Au premier tour :
- Si une liste obtient la majorité absolue, elle reçoit la moitié des sièges à pourvoir
- Les autres sièges sont répartis à la proportionnelle à la plus forte moyenne, entre les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés
- En cas de second tour :
- Seules les listes ayant obtenu au moins 10 % des suffrages exprimés peuvent se maintenir
- Les listes peuvent fusionner avec d’autres ayant atteint 5 %, sous réserve de respecter la parité
- La liste arrivée en tête reçoit la moitié des sièges, le reste étant réparti à la proportionnelle
Ce nouveau cadre vise à renforcer la lisibilité de l’offre politique et à harmoniser les règles du jeu électoral sur l’ensemble du territoire.
Le point sur la campagne, commune par commune
Afin de suivre l’actualité électorale au plus près du terrain, un suivi détaillé sera proposé commune par commune.
Bagnols-sur-Cèze – 18 112 habitants (cliquer pour afficher le détail des candidatures)
À deux mois du scrutin de mars 2026, Bagnols-sur-Cèze s’annonce comme l’un des enjeux majeurs du Gard rhodanien, avec une offre politique élargie et une multiplication des candidatures.
Lors des élections municipales de mars 2020, la commune de Bagnols-sur-Cèze avait connu une configuration à six listes au premier tour, avant un second tour à trois listes.
Premier tour
La liste conduite par Jean-Yves Chapelet était arrivée en tête avec 1 880 voix, soit 39,71 % des suffrages exprimés, devant celle de Corine Martin (28,83 %). Suivaient les listes de Thierry Vincent (12,10 %), Christian Roux (11,61 %), Jocelyne Gayte (6,42 %) et Christophe Prévost (1,30 %). Aucune liste n’ayant obtenu la majorité absolue, un second tour s’était tenu.
Second tour
Au second tour, Jean-Yves Chapelet l’avait emporté avec 47,37 % des suffrages exprimés (2 170 voix). Sa liste avait obtenu 25 sièges au conseil municipal et 13 sièges au conseil communautaire.
La liste menée par Corine Martin s’était classée deuxième avec 37,33 %, décrochant 6 sièges municipaux et 3 sièges communautaires.
La liste de Thierry Vincent avait obtenu 15,28 %, lui permettant d’entrer au conseil municipal avec 2 élus, dont 1 conseiller communautaire.
Municipales 2026 : une recomposition politique annoncée
Le maire sortant en quête d’un nouveau mandat
Jean-Yves Chapelet, maire sortant, est candidat à sa réélection. Il bénéficie déjà du soutien officiel des Républicains, par la voix du sénateur Laurent Burgoa, bien que le parti n’aligne pas de candidat sous sa propre étiquette. Le positionnement du maire sortant se veut transpartisan, dans la continuité de son mandat.
Une droite et une extrême droite éclatées
Le Rassemblement national sera représenté par une liste conduite par Pascale Bordes, députée de la 3e circonscription du Gard. Cette candidature s’inscrit dans le cadre d’un accord national incluant les mouvements d’Éric Ciotti (UDR) et de Marion Maréchal ( Identité et Libertés).
Par ailleurs, une liste « d’union des droites« , revendiquée comme telle par la tête de liste Jean-Marc Touron, représentant local de Reconquête (Éric Zemmour). Il fera notamment équipe avec Bernard Nass, conseiller municipal d’opposition élu en 2020 sur la liste « Rassemblons Bagnols »
Une gauche plurielle et fragmentée
À gauche, plusieurs initiatives émergent :
- Michel Cegielski, ancien adjoint à la culture, conduira une liste divers gauche, avec notamment Sylvain Hill, responsable de la section bagnolaise du Parti socialiste.
- Philippe Broche mènera une liste citoyenne, soutenue par le Parti communiste français. Trois membres du PCF figureront sur cette liste, aux côtés notamment de Claire Durand, directrice opérationnelle du campus des métiers du lycée Albert-Einstein.
- Jérôme Jackel, actuel conseiller municipal d’opposition indépendant, sera également candidat. Il bénéficie du soutien de François Ruffin au niveau national et, localement, de Christian Roux (PRG). Le PRG, par la voix de Monique Novaretti, a toutefois précisé ne pas apporter de soutien officiel à une liste pour ce scrutin.
Une candidature citoyenne et des inconnues
Parmi les autres candidats déclarés figure Christophe Prévost, qui défend un projet axé sur un nouveau mode de démocratie participative, en dehors des partis traditionnels.
Enfin, la question d’une liste La France insoumise reste ouverte. Aucun candidat n’est officiellement déclaré à ce stade, mais un groupe de travail est en cours, laissant planer l’hypothèse d’une candidature supplémentaire à gauche.
Pont-Saint-Esprit – 10 958 habitants (cliquer pour afficher le détail des candidatures)
Les électeurs de Pont-Saint-Esprit seront appelés aux urnes les 15 et 22 mars 2026, moins de deux ans après des élections municipales partielles intégrales organisées au printemps 2024. Un contexte politique instable qui place la commune dans une situation singulière à l’échelle du Gard rhodanien.
Un mandat écourté et une succession imprévue
Les municipales partielles de 2024 avaient été provoquées par une crise politique locale, débouchant sur l’élection de Gérome Bouvier, dont la liste Demain Pont-Saint-Esprit s’était largement imposée. Toutefois, quelques mois plus tard, ce dernier a démissionné de ses fonctions.
Conformément au code électoral, Valère Ségal, classé 15e sur la liste élue, lui a succédé et occupe depuis le fauteuil de maire. Une situation qui conduit aujourd’hui les Spiripontains à retourner aux urnes pour désigner une nouvelle équipe municipale pour un mandat complet de six ou sept ans.
Rappel des résultats des municipales partielles de 2024
Lors du scrutin intégral de 2024, la liste Demain Pont-Saint-Esprit, conduite par Gérome Bouvier, était arrivée largement en tête avec 50,32 % des suffrages exprimés, devançant très nettement ses concurrents.
- Gérome Bouvier – Demain Pont-Saint-Esprit : 50,32 %
- Claire Lapeyronie, maire sortante candidate à sa réélection : 14,84 %
- Emmanuel Le Pargneux (Rassemblement national) : 34,55 %
Ce résultat avait marqué une rupture nette avec la mandature précédente, tout en confirmant l’ancrage du Rassemblement national à un niveau élevé dans la commune.
Municipales 2026 : un paysage politique très ouvert
Valère Ségal candidat à sa succession
Le maire sortant Valère Ségal a annoncé sa candidature pour mars 2026. Il entend défendre le bilan de l’équipe issue des élections de 2024, malgré le changement de maire intervenu en cours de mandat.
Une opposition en recomposition
Parmi les figures d’opposition, Benjamin Desbrun apparaît comme l’un des acteurs centraux de ce début de campagne. Ancien adjoint de Claire Lapeyronie et tête de liste Rassembler pour Agir, il conduit aujourd’hui une liste sans étiquette, cherchant à fédérer au-delà des clivages traditionnels.
Il a récemment annoncé le ralliement de Benjamin Téoule, collaborateur de cabinet du maire de Montpellier, ancien journaliste et membre du Parti socialiste, ainsi que celui de Christophe Antunes, élu d’opposition aux côtés de Claire Lapeyronie à l’issue des municipales partielles de 2024. Une dynamique présentée comme les prémices d’un rassemblement plus large.
Autres candidatures déclarées ou en gestation
Plusieurs autres intentions de candidature se dessinent :
- Olivier Esquer, natif de Pont-Saint-Esprit, issu d’une famille implantée de longue date dans la commune, a fait connaître sa volonté de s’engager dans la course municipale.
- Loïc Boirron souhaite porter une alternative citoyenne, qu’il annonce comme jeune, dynamique et tournée vers le renouvellement des pratiques politiques locales.
Le Rassemblement national et ses dissensions internes
Le Rassemblement national devrait être représenté par une liste conduite par Pierre Meurin, député de la 4e circonscription du Gard, dont la candidature est fortement pressentie.
Dans le même temps, Aurélie Delwarte, candidate sur la liste RN lors du scrutin de 2024 et rapidement entrée en dissidence, a depuis rejoint Identité et Libertés, le mouvement fondé par Marion Maréchal. Son positionnement laisse planer l’hypothèse d’une recomposition ou d’une concurrence directe au sein de l’électorat de droite dure.
Une commune sous haute attention
Entre instabilité institutionnelle récente, multiplication des candidatures et rapports de force encore incertains, Pont-Saint-Esprit s’annonce comme l’un des scrutins les plus observés du territoire en mars 2026. La capacité des listes à incarner une stabilité durable et à rassembler au second tour sera déterminante pour convaincre un électorat éprouvé par des élections à répétition.
Laudun L’Ardoise – 6835 habitants (cliquer pour afficher le détail des candidatures)
Municipales 2026 : un scrutin sous tension après une mandature agitée
À Laudun-l’Ardoise, les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 s’annoncent particulièrement ouvertes. Le mandat en cours, marqué par de nombreuses démissions au sein de la majorité, a profondément modifié les équilibres politiques locaux et favorisé l’émergence de plusieurs listes concurrentes.
Le maire sortant attendu en février
Yves Cazorla, maire sortant, devrait officialiser sa candidature en février. Élu en 2020, il a conduit une mandature mouvementée, émaillée de départs successifs au sein de son équipe municipale, fragilisant la majorité initiale. Sa candidature vise à solliciter un nouveau mandat dans un contexte politique sensiblement plus fragmenté qu’il y a six ans.
Rappel des résultats des municipales de 2020
En mars 2020, la liste conduite par Yves Cazorla s’était largement imposée dès le premier tour.
| Liste conduite par | Voix | % inscrits | % exprimés | Sièges au conseil municipal | Sièges au conseil communautaire |
|---|---|---|---|---|---|
| Yves Cazorla (LDIV) | 1 188 | 28,64 % | 58,69 % | 23 | 5 |
| Philippe Pécout (LDVG) | 550 | 13,25 % | 27,17 % | 4 | 1 |
| Jean-Pierre Laffont (LDVD) | 286 | 6,89 % | 14,13 % | 2 | 0 |
Cette victoire nette avait permis à Yves Cazorla de disposer d’une majorité confortable au conseil municipal, aujourd’hui largement remise en question par les évolutions internes de la mandature.
Municipales 2026 : quatre listes déjà identifiées
Patrice Prat, le retour d’un ancien maire
Patrice Prat, ancien maire de Laudun-l’Ardoise et ancien député de la 3e circonscription du Gard, conduira la liste « Laudun-l’Ardoise, le réveil ». Sa candidature marque le retour sur la scène municipale d’une figure politique expérimentée, avec l’ambition de capitaliser sur le mécontentement suscité par les difficultés de la mandature actuelle.
Patrick Pannetier, une rupture assumée
Ancien premier adjoint d’Yves Cazorla, Patrick Pannetier a démissionné de ses fonctions en juin 2023. Il est aujourd’hui tête de la liste « Laudun-l’Ardoise en action », se positionnant comme une alternative issue de l’ancienne majorité mais revendiquant une rupture claire avec la gouvernance actuelle.
Une liste citoyenne issue du tissu associatif
Ludovic Di Rollo mènera la liste « Laudun-l’Ardoise, c’est vous », présentée comme une liste citoyenne. Ce projet est issu d’un travail associatif entamé dès avril 2023, au sein du collectif Laudun-l’Ardoise Énergie Positive, avec la volonté de porter une démarche participative et ancrée dans la société civile locale.
Une élection à fort enjeu local
Avec un maire sortant fragilisé, le retour d’un ancien édile, la candidature d’un ex-premier adjoint et l’émergence d’une liste citoyenne structurée, Laudun-l’Ardoise pourrait connaître en mars 2026 l’un des scrutins les plus disputés de son histoire récente. La capacité des différentes listes à rassembler au second tour et à convaincre au-delà de leur socle électoral sera déterminante.



