Gard rhodanien : Jean-Christian Rey appelle à la stabilité et au collectif lors des vœux de l’Agglomération

Ce mercredi 14 janvier, Jean-Christian Rey, président de l’Agglomération du Gard rhodanien, a présenté ses vœux aux élus, partenaires institutionnels, chefs d’entreprise, acteurs associatifs et forces vives du territoire. Une cérémonie marquée à la fois par l’émotion, la lucidité face au contexte national et un long bilan des actions menées en 2025.
En ouverture, le président a tenu à rendre hommage à la famille peyrolaise touchée par le drame de Crans-Montana. « Même la nuit la plus sombre se terminera et le soleil se lèvera », a-t-il rappelé, citant Victor Hugo, avant d’élargir son propos à une France « qui vit au rythme de ses instabilités », dans un contexte d’absence de budget national ralentissant décisions, choix et investissements.
La stabilité, condition indispensable à l’action publique
Jean-Christian Rey a insisté sur la nécessité de stabilité politique et institutionnelle pour porter une vision de long terme. Chaque année, ce sont près de 40 millions d’euros que l’Agglomération investit dans l’économie locale, au bénéfice direct des entreprises du territoire.
« Espérons que les calculs de quelques-uns n’empêchent pas l’intérêt de tous », a-t-il déclaré, appelant à préserver des équilibres fragiles qui nécessitent du temps et de la constance pour éclore.
À deux mois des échéances électorales municipales et communautaires de 2026, le président a volontairement choisi de se concentrer sur le bilan 2025, rappelant que les réussites d’aujourd’hui trouvent leurs racines dans les années passées.
Une agglomération de projets et de services
L’année 2025 confirme, selon lui, que le Gard rhodanien est « à la fois une agglomération de projets et une agglomération de services ».
Parmi les dossiers structurants figure le site industriel clé en main France 2030 de la friche de Laudun-l’Ardoise, dont le lauréat sera prochainement annoncé. Un projet respectueux de l’environnement, créateur d’emplois et engagé dans la décarbonation, renforçant la place du Gard rhodanien comme deuxième site industriel d’Occitanie.
Le président a salué le rôle de l’État, en présence du sous-préfet Yann Gérard, et souligné que l’attractivité du territoire repose sur un consensus politique, social et économique.
En 2025, l’Office des entreprises a suivi 111 prospects, tandis que huit nouvelles zones économiques sont à l’étude. Le foncier demeure au cœur de la stratégie de développement, tout comme les actions de prospection, notamment via le dossier de séduction du SMR adressé aux start-up, dont les premiers retours sont jugés prometteurs.
Concernant le volet culturel, une avancée majeure a été actée pour le musée Albert-André. La Région Occitanie, par la décision de sa présidente Carole Delga, a accepté de céder gracieusement à l’Agglomération du Gard rhodanien les anciens locaux de l’internat du lycée Albert-Einstein, à Bagnols-sur-Cèze, afin d’y installer durablement le musée. Ce choix stratégique permettra d’offrir au musée un bâtiment plus adapté, fonctionnel et valorisant, tout en recentrant les investissements de la collectivité sur les nouveaux aménagements muséographiques et les équipements nécessaires à l’accueil du public. Cette relocalisation s’inscrit pleinement dans la volonté de renforcer l’offre culturelle du territoire et d’accroître le rayonnement du musée Albert-André au sein du Gard rhodanien.
Petite enfance, jeunesse et culture : un service public renforcé
Le président est longuement revenu sur les politiques de proximité. En 2025, près de 1 000 familles ont été accueillies dans les 13 crèches et relais petite enfance de l’agglomération. La crèche Les Petits Pas a été inaugurée à Bagnols-sur-Cèze et l’architecte de la future crèche de Tavel désigné.
Plus largement, 3 500 enfants fréquentent les centres de loisirs, près de 800 élèves suivent des cours au conservatoire (musique, danse, théâtre), et 260 000 repas bio et labellisés ont été servis par la cuisine centrale. Autant de services proposés avec un quotient familial, « bon pour l’attractivité et pour le portefeuille ».
Mobilités, santé et solidarité
Plus de 200 000 voyageurs ont utilisé les navettes de transport, avec 14 nouvelles communes reliées. Chaque jour, 300 enfants sont transportés vers leur établissement scolaire. L’Agomobile, dédiée à l’accès aux services et au numérique, a rencontré 2 800 usagers.
En matière de santé, l’agglomération loge gratuitement des internes en médecine afin de favoriser leur installation future sur le territoire : les sept places sont aujourd’hui occupées, et une nouvelle maison est recherchée. Une convention a également été signée avec la Maison Sport Santé, facilitant l’accès à l’activité physique pour les personnes atteintes de maladies chroniques ou en convalescence.
Eau, environnement et déchets : des investissements majeurs
L’eau demeure une priorité centrale. Le Gard rhodanien gère 77 châteaux d’eau, 41 stations d’épuration et plus de 1 000 km de réseaux. L’investissement de 9 millions d’euros dans la station d’épuration de Pont-Saint-Esprit, autrefois classée parmi les plus dégradées d’Europe, illustre la solidarité intercommunale : sans mutualisation, la facture d’eau aurait explosé pour les seuls habitants concernés.
S’ajoutent la passe à poissons de Chusclan, le château d’eau d’Orsan et les acquisitions foncières pour sécuriser la ressource.
Côté déchets, la redevance incitative poursuit son déploiement. Grâce à elle, les coûts sont restés équivalents à ceux de 2023, évitant une hausse de 30 % de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. En trois ans, la poubelle noire a diminué de 50 %, passant de 25 000 à 10 000 tonnes par an, et 7 000 composteurs individuels ont été distribués.
Tourisme, agriculture et aménagement du territoire
Avec 2 271 000 nuitées touristiques, le territoire confirme son attractivité, appuyée sur 850 km de sentiers balisés et 450 km de parcours VTT.
Face aux difficultés agricoles, l’agglomération travaille au développement de circuits courts et pilote, avec la Région, le Département et la Chambre d’agriculture, une étude stratégique sur l’irrigation. « Quel que soit l’avenir de notre agriculture, il passera par l’eau », a insisté le président.
La révision générale du SCoT, lancée en fin d’année, doit permettre de sanctuariser les terres agricoles, anticiper le foncier industriel, préserver les milieux naturels et organiser logement, mobilités et flux.
« Faire gagner l’agglomération, c’est faire gagner tout le territoire »
En conclusion, Jean-Christian Rey a rappelé que ce bilan dense a été réalisé sans pression fiscale, avec une dette maîtrisée et une situation financière saine.
S’adressant aux chefs d’entreprise et aux élus, il a défendu une vision dépassant les frontières administratives : « Il ne s’agit pas de privilégier une commune, mais d’agir là où c’est utile. »
Appelant à l’audace, au courage et au sens du collectif, il a exhorté chacun à contribuer au destin commun, paraphrasant John F. Kennedy : « Ne vous demandez pas ce que l’agglo peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour l’agglo. »
La soirée s’est achevée par la diffusion d’un film retraçant les actions de l’année et par un hommage appuyé à Raymond Masse, figure engagée du territoire, décédé en 2025, salué par l’ensemble de l’assemblée.



