Vœux du MEDEF Gard : Steeve Calligaro alerte sur l’urgence économique et appelle à faire du développement une priorité territoriale

À l’occasion de la cérémonie des vœux du MEDEF Gard, son président Steeve Calligaro a livré un discours sans concession sur la situation économique nationale et locale, tout en traçant les grandes orientations de l’organisation patronale pour l’année à venir. Devant un public composé exclusivement d’adhérents, de partenaires du dialogue social et de responsables institutionnels du territoire, il a rappelé le rôle central du MEDEF comme « voix des entreprises » et acteur majeur du paritarisme.
« Le Mouvement des Entreprises de France représente 63 % du poids des entrepreneurs en France. Dans le Gard, ce sont plus de 700 entreprises et 126 mandats à administrer », a souligné Steeve Calligaro, revendiquant une organisation ancrée dans les réalités économiques locales. Un choix assumé également dans la composition de l’assistance, avec l’invitation des candidats aux élections municipales, « sans volonté d’interférer dans la campagne », mais avec l’objectif clair de porter les préoccupations des chefs d’entreprise.
Une situation nationale jugée « incompréhensible et irresponsable »
Très critique sur le contexte macroéconomique, le président du MEDEF Gard a dressé un constat sévère : explosion de la dette publique, hausse continue des dépenses et absence de réformes structurelles. « La dette augmente de 70 milliards d’euros par trimestre et la dépense publique atteint 57 % du PIB, contre 49 % en moyenne européenne », a-t-il rappelé, insistant sur les conséquences concrètes pour les territoires et les entreprises.
Dans un département où près de 23 % des entreprises exportent ou projettent de le faire, ces déséquilibres se traduisent, selon lui, par un coût du travail supérieur de 15 % à la moyenne européenne, une fiscalité plus lourde que chez les voisins espagnols ou allemands et un taux d’emploi nettement inférieur à celui de l’Allemagne.
La remise en cause de la réforme des retraites a également été vivement dénoncée. « La suspension de la réforme Borne est incompréhensible et irresponsable », a affirmé Steeve Calligaro, rappelant que la plupart des pays européens s’orientent vers un âge de départ à 66 ou 67 ans, quand la France revient à 62 ans malgré des déficits annoncés de 15 milliards d’euros dès 2025.
« Ce n’est pas une question idéologique, mais une question de chiffres et de responsabilité », a-t-il insisté, appelant à cesser de croire qu’un modèle fondé sur moins de travail et moins d’emplois peut durablement financer le niveau de protection sociale français.
Emploi, formation et croissance comme priorités
Dans ce contexte, le président du MEDEF Gard a martelé les fondamentaux portés par l’organisation patronale : « la première des mesures sociales reste le retour à l’emploi » et « la formation est le premier facteur de création de valeur et de croissance ». Pour lui, le redressement économique passera nécessairement par une réforme de l’État, une véritable maîtrise des dépenses publiques – y compris au niveau local – et un environnement favorable à l’activité, reposant sur trois piliers : formation, innovation et transition écologique.
Quatre axes structurants pour le MEDEF Gard
À l’échelle départementale, Steeve Calligaro a rappelé que le MEDEF Gard poursuit son évolution autour de quatre grands piliers :
- la représentativité, en couvrant tous les territoires, secteurs et tailles d’entreprises, en lien étroit avec les branches ;
- l’exemplarité, à travers un collectif de chefs d’entreprise bénévoles au service du développement économique ;
- l’efficacité, via les services juridiques, la formation et l’accompagnement proposés ;
- le caractère constructif, incarné par l’engagement des 126 mandataires siégeant notamment à la CAF, à l’URSSAF, aux prud’hommes et dans diverses commissions.
Sans s’immiscer dans le débat électoral, il a également relayé les préoccupations majeures remontées par les entreprises gardoises : la formation et sa coordination, la mobilité et le stationnement des salariés, la fiscalité et la question énergétique, thème d’un prochain rendez-vous économique organisé avec Veolia. L’ensemble de ces sujets sera porté auprès des candidats et futurs élus, avec la volonté de travailler en coopération.
Deux vœux pour 2026
En conclusion, Steeve Calligaro a formulé deux vœux forts pour l’année 2026. Le premier : « faire comprendre à une majorité de Gardois, élus compris, que le développement économique est la priorité d’un territoire », dans une approche à la fois responsable et efficace. Le second : voir, une fois les échéances électorales passées, l’ensemble des acteurs économiques, institutionnels et sociaux œuvrer collectivement au développement du Gard et à une meilleure lisibilité des dispositifs pour les entreprises.
« La solution, c’est l’entreprise. Elle a besoin de vous », a-t-il conclu, affirmant que le MEDEF Gard répondra à chaque sollicitation « sans autre projet que celui de servir l’intérêt collectif du territoire ». Avant de souhaiter à l’ensemble des participants « une très belle et heureuse année 2026 ».



