Municipales à Bagnols-sur-Cèze : la liste “Pour Bagnols” détaille ses priorités à six jours du premier tour

À six jours du premier tour des élections municipales, la liste « Pour Bagnols », menée par Michel Cegielski, a organisé un point presse pour présenter plusieurs axes de son programme. Autour de la table, ce sont trois colistiers Alain David, Jaouad Lamsayeh, Sylvain Hille qui ont pris la parole afin d’exposer leurs propositions autour de trois thématiques principales : les finances, le sport et les enjeux sociaux de la ville.
C’est Alain David qui a ouvert la rencontre avec les journalistes, rappelant que la campagne de la liste s’est pour l’instant structurée autour de quatre grands thèmes. « Il est important que la presse puisse nous interroger sur ces sujets », a-t-il expliqué, en précisant qu’une autre question majeure sera abordée entre les deux tours : celle de l’agglomération. « Près de 50 % des projets municipaux sont tributaires des décisions de l’agglomération, dont les compétences restent souvent méconnues des habitants. »
Un programme élaboré collectivement
Alain David est revenu sur la méthode de travail adoptée par l’équipe de campagne. Depuis plusieurs mois, des réunions programmatiques sont organisées chaque semaine autour d’un thème précis.
« Un comité d’experts travaillait ensuite sur ce qui ressortait de ces assemblées, puis un rédacteur synthétisait les mesures pour en faire des fiches programmes, autour d’une idée maîtresse et de deux ou trois axes d’action », explique-t-il.
Ce travail doit constituer, selon lui, un socle pour le mandat à venir. Mais les membres de la liste reconnaissent avoir rencontré certaines limites. « Nous avons voulu confronter ce travail à la réalité du terrain, mais les portes des services municipaux sont restées fermées puisque nous ne sommes pas élus », regrette Alain David.
Les colistiers affirment néanmoins avoir multiplié les rencontres avec différents acteurs locaux : structures d’accompagnement des jeunes, associations, seniors ou encore représentants des forces de sécurité. « Nous ne voulons pas d’un programme hors sol », poursuit-il, tout en reconnaissant qu’il reste difficile d’évaluer précisément la soutenabilité financière de certaines propositions.
Pour rendre ces propositions plus lisibles, la liste a également diffusé un tract de synthèse programmatique. « Nous savons que les Bagnolais n’auront pas forcément le temps de lire 35 pages de programme. »
Redresser la situation financière
La question financière constitue l’un des axes majeurs du projet présenté. Jaouad Lamsayeh, 37 ans, père de famille né et ayant grandi à Bagnols-sur-Cèze, a présenté les grandes orientations envisagées.
Diplômé d’HEC, il a travaillé dans la finance aux États-Unis avant de participer au développement de la production de véhicules automobiles au Mexique. Revenu récemment à Bagnols-sur-Cèze, il explique avoir souhaité mettre son expérience au service de la ville.
« Notre objectif est de sortir durablement la ville de sa situation d’endettement », affirme-t-il.
La liste propose ainsi la réalisation d’un audit financier complet au début de la mandature afin d’analyser la dette municipale, sa structure et ses taux, mais aussi d’évaluer précisément les charges de fonctionnement. L’idée serait ensuite de mettre en place un pilotage pluriannuel des investissements, avec un plan prévisionnel sur six ans intégrant une marge de prudence.
L’équipe évoque également la nécessité de renégocier certains emprunts afin de lisser la dette dans le temps et de refuser les emprunts jugés trop risqués.
Selon les chiffres avancés par les colistiers, la ville supporterait un endettement d’environ 10 millions d’euros par an, avec une majoration d’environ 1 million d’euros chaque année. Certains investissements récents, comme la passerelle Maïa, sont cités comme exemples d’opérations jugées risquées.
Alain David estime par ailleurs que plusieurs indicateurs financiers de la commune sont préoccupants comparés à ceux de villes de même strate. Il évoque notamment une rigidité budgétaire plus élevée et un niveau d’emprunts atteignant 196 euros par habitant contre 83 euros ailleurs, ainsi qu’une pression fiscale de 172 %.
Maintenir les services publics
La liste affirme vouloir maintenir un niveau élevé de services publics tout en recherchant des marges d’optimisation dans les dépenses. Une revue détaillée des charges est envisagée, notamment sur les assurances, l’énergie ou les prestations extérieures.
« La ville dépense environ 8 millions d’euros par an en achats externes », souligne Alain David, qui évoque également la possibilité de renforcer la commande publique mutualisée avec l’intercommunalité et de renégocier certains marchés.
La masse salariale, qui représente environ 14 millions d’euros, soit 57 % des dépenses de fonctionnement, fait également partie des réflexions. Les colistiers évoquent une réorganisation des services, davantage de formations pour favoriser la polyvalence des agents et un travail sur l’absentéisme.
L’équipe propose également un gel de la fiscalité pendant deux ans, avant d’envisager une baisse progressive des taux, notamment de la taxe foncière. Selon leurs estimations, une diminution de 1 à 2 % par an pourrait représenter environ 250 euros d’économie annuelle pour un foyer fiscal.
La liste souhaite par ailleurs renforcer la transparence budgétaire, notamment en présentant un budget plus lisible et en organisant une conférence annuelle destinée aux habitants.
Soutenir le tissu sportif
Autre volet abordé lors du point presse : le sport. Sylvain Hille, 44 ans, ingénieur sécurité et sapeur-pompier volontaire depuis plus de vingt ans, a présenté plusieurs pistes de travail.
Passionné de sport et attaché à la vie associative locale, il souligne que la ville dispose d’un tissu sportif dynamique mais confronté à certaines inquiétudes, notamment le vieillissement des bénévoles.
« La santé des associations n’est pas inquiétante aujourd’hui, mais il faut travailler pour que la nouvelle génération prenne le relais », estime-t-il.
La liste propose notamment de renforcer les échanges entre la municipalité et les clubs sportifs, par exemple en organisant des rencontres régulières entre présidents d’associations afin de partager les bonnes pratiques.
La création d’une maison des associations et du sport, située à proximité du centre-ville, est également évoquée. Elle aurait pour objectif d’accompagner les associations dans leurs démarches et de faciliter la recherche de solutions en cas de difficultés.
Concernant les infrastructures, les colistiers évoquent un plan de rénovation sur la durée du mandat. La salle Coubertin, jugée vieillissante, pourrait notamment faire l’objet d’une réflexion globale.
La zone sportive Saint-Exupéry est également citée parmi les projets envisagés, avec la possible création d’un terrain synthétique couvert de panneaux photovoltaïques, utilisable par les écoles et par le Rugby Club Bagnolais Marcoule.
Des défis sociaux importants
Enfin, les colistiers ont évoqué la situation sociale de la ville en s’appuyant sur plusieurs indicateurs de l’Insee.
Selon ces données, 21,7 % des familles seraient monoparentales et 13 % recomposées, tandis que le niveau de revenus reste faible, autour de 1 024 euros par personne dans les foyers concernés.
Moins de 40 % des ménages seraient imposables, signe d’une paupérisation progressive. Les colistiers évoquent également un manque d’entretien de certains logements et commerces en centre-ville.
À ces difficultés s’ajoute une évolution démographique importante : d’ici 2030, la ville pourrait compter davantage d’habitants de plus de 65 ans que de jeunes de moins de 25 ans.
Face à ces enjeux, la liste évoque plusieurs pistes, notamment la mise en place d’un plan “bien vieillir à Bagnols”, une politique du logement visant à renforcer l’attractivité de la ville et des actions pour lutter contre la pauvreté et favoriser l’emploi des jeunes.
« Bagnols est une ville qui a besoin d’être réparée », a conclu Alain David, évoquant les dimensions financières, sociales, sportives et infrastructurelles.



