Municipales à Pont-Saint-Esprit : la santé au cœur du projet de la liste Pont en action

À dix jours du scrutin municipal, la liste Pont en action a tenu une conférence de presse consacrée à la question de la santé, un sujet que l’équipe menée par Olivier Esquer place parmi ses priorités. Absent pour raisons de santé, le candidat a toutefois tenu à adresser un message introductif, lu en ouverture de la rencontre.
Dans ce texte, il rappelle que la santé constitue « un sujet profondément concret » qui touche directement le quotidien des habitants. « Trouver un médecin, accompagner un parent âgé, comprendre son parcours de soins ou soutenir un proche en difficulté psychologique… ce ne sont pas des débats théoriques », écrit-il. Même si la santé n’est pas une compétence obligatoire des communes, Olivier Esquer estime qu’elle relève néanmoins d’« une responsabilité politique ». Selon lui, la municipalité ne peut pas soigner, mais elle peut « organiser, faciliter et coordonner » afin d’améliorer l’accès aux soins.
Le candidat souligne également que Pont-Saint-Esprit dispose déjà d’atouts, avec « des professionnels engagés, un hôpital de proximité et des acteurs dynamiques ». L’objectif de son équipe serait donc de soutenir cette dynamique existante tout en favorisant le dialogue entre professionnels et habitants. La feuille de route présentée repose sur plusieurs axes : organiser l’accès aux soins, travailler en concertation avec les professionnels de santé, accompagner les projets médicaux plutôt que les imposer et renforcer les actions de prévention.
Un guichet municipal dédié à la santé
La présentation détaillée des propositions a ensuite été assurée par Karima Loric, colistière de la liste. Elle a d’abord rappelé que la santé sur le territoire repose sur une approche « pluriprofessionnelle », impliquant médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, psychologues, pharmaciens, sages-femmes ou encore orthophonistes.
Pour améliorer la lisibilité du système de soins, la liste propose la création d’un Guichet municipal santé, présenté comme une porte d’entrée claire pour les habitants. Ce dispositif prendrait la forme d’un accueil physique en mairie, accompagné d’un numéro de téléphone dédié, d’une adresse mail spécifique et d’une page internet.
Concrètement, ce guichet aurait pour mission d’orienter les habitants vers les bons professionnels ou structures de soins, d’expliquer les dispositifs existants, d’accompagner les personnes sans médecin traitant dans certaines démarches administratives simples et de relayer les campagnes de prévention. « Il ne soigne pas et n’intervient pas dans les décisions médicales », a précisé Karima Loric, mais vise à rendre le système plus lisible pour les citoyens.
L’outil serait également pensé pour les professionnels de santé. Il pourrait notamment faciliter les installations en informant sur les locaux disponibles, en orientant vers les aides existantes ou encore en favorisant les contacts avec la maison de santé pluriprofessionnelle (MSP), la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) ou l’hôpital.
Un Conseil local de la santé
Autre proposition mise en avant : la création d’un Conseil local de la santé. Cette instance réunirait professionnels de santé, structures médico-sociales, représentants de l’hôpital, membres de la MSP et de la CPTS, mais aussi des « patients témoins ».
Ces derniers auraient pour mission d’apporter leur regard d’usagers et de signaler les difficultés rencontrées dans les parcours de soins. « Une politique de santé ne peut pas être décidée seule », a insisté Karima Loric. « Elle doit être construite avec ceux qui la font et ceux qui la vivent. »
La question de la maison de santé
La liste Pont en action s’est également exprimée sur la question de la maison de santé, régulièrement évoquée dans le débat local. Pour l’équipe d’Olivier Esquer, la construction d’un bâtiment ne constitue pas une solution en soi.
« Construire une maison de santé ne garantit pas qu’il y aura des médecins à l’intérieur », a souligné Karima Loric. Selon elle, un tel projet doit avant tout être porté par les professionnels eux-mêmes. La municipalité aurait alors pour rôle d’accompagner et de faciliter ce projet, plutôt que d’imposer une structure.
Prévention et attractivité médicale
Enfin, la liste souhaite renforcer les actions de prévention, qu’il s’agisse du dépistage, de la vaccination ou des initiatives destinées aux jeunes et aux seniors. La santé mentale, déclarée grande cause nationale, fait également partie des axes de travail évoqués, tout comme la santé environnementale, avec des actions liées à la qualité de l’air, de l’eau ou encore au cadre de vie.
La question de l’attractivité du territoire pour les professionnels de santé a également été abordée, notamment à travers l’accueil d’internes et de stagiaires et le développement du travail en équipe.
Le regard d’un médecin du territoire
La conférence s’est conclue par l’intervention du docteur Bellon Narcisi, qui a rappelé les réalités du terrain. Selon lui, la difficulté actuelle ne se limite pas au nombre de médecins disponibles. « La question centrale est aussi celle de l’organisation », a-t-il expliqué, évoquant la nécessité de coordonner les soins et de sécuriser les parcours des patients.
Pour le praticien, un projet de maison de santé doit être « porté par les professionnels eux-mêmes » et construit dans une logique de concertation. Une démarche qu’il dit soutenir dans le cadre du projet présenté par la liste Pont en action.



