Inondations : les élus locaux alertent sur le désengagement de l’État et réclament des moyens
À la suite des crues exceptionnelles de février dernier, plusieurs grandes associations d’élus — dont l’AMF, Intercommunalités de France, France urbaine ou encore l’ANEL — tirent la sonnette d’alarme. Dans un communiqué commun publié le 7 avril 2026, elles dénoncent les limites du système actuel de prévention des inondations et appellent à un engagement renforcé de l’État.
Un système sous tension face aux événements climatiques
Les épisodes de crues récents ont mis en évidence les fragilités de l’organisation française en matière de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations (GEMAPI). Alors même qu’un débat sur la gouvernance de cette compétence est en cours au Sénat, les élus locaux pointent un désengagement progressif de l’État dans un domaine pourtant crucial pour la sécurité des populations.
Depuis 2018, la compétence GEMAPI a été transférée aux intercommunalités. Mais selon les associations signataires, ce transfert s’est effectué sans les moyens financiers et techniques nécessaires. Le cas du transfert des digues domaniales, intervenu en janvier 2024, est cité comme emblématique : réalisé dans la précipitation, il s’est fait sans inventaire précis ni évaluation suffisante des ouvrages, laissant les collectivités en première ligne.
Cinq propositions pour rééquilibrer les responsabilités
Face à l’aggravation des risques liés au changement climatique, les élus formulent cinq propositions prioritaires pour réorganiser le dispositif :
- Mettre fin aux transferts implicites de responsabilités : les associations refusent toute extension du périmètre de la GEMAPI, notamment via la gestion des eaux de ruissellement, qui reviendrait à transférer davantage de charges vers les collectivités.
- Préserver l’équilibre financier : elles s’opposent à toute augmentation de la taxe GEMAPI pour financer le trait de côte, estimant que cela ferait peser un coût disproportionné sur les habitants et les entreprises.
- Maintenir la liberté de gestion locale : les élus souhaitent conserver la souplesse actuelle dans l’organisation et l’exercice de cette compétence.
- Garantir une solidarité nationale : ils demandent un soutien technique accru de l’État ainsi que la pérennisation des financements, notamment via le fonds Barnier, pour permettre la mise en conformité des ouvrages de protection d’ici 2040.
- Renforcer les moyens du fonds Barnier : les associations plaident pour que la surprime CATNAT des contrats d’assurance soit intégralement dédiée à la prévention des risques naturels.
Vers une nouvelle gouvernance partagée
Au-delà de ces propositions, les élus appellent à rouvrir un dialogue structuré avec l’État pour repenser en profondeur la gestion du risque inondation. Ils insistent sur la nécessité d’une approche nationale concertée, à la hauteur des enjeux climatiques.
« Les inondations appellent des réponses collectives et solidaires », soulignent-ils, estimant qu’une coopération renforcée entre l’État et les collectivités est indispensable pour garantir la sécurité des territoires.
Dans un contexte de multiplication des événements extrêmes, ce plaidoyer marque une volonté claire des élus locaux : ne plus assumer seuls une compétence devenue stratégique, sans les moyens correspondants.



