Gard : le préfet Jérôme Bonet rend hommage aux anciens maires ayant choisi de passer la main

Dans les salons de la préfecture du Gard, l’émotion et la reconnaissance étaient au rendez-vous ce jeudi lors de la réception organisée par le préfet Jérôme Bonet en l’honneur des anciens maires du département ayant fait le choix de ne pas se représenter aux élections municipales de mars 2026. Une cérémonie empreinte de solennité, de souvenirs et d’humanité, au cours de laquelle le représentant de l’État a tenu à saluer « celles et ceux qui ont fait vivre la République au quotidien ».
« Vous pensiez peut-être en avoir fini avec vos relations avec la préfecture… et voilà que la préfecture vous rattrape », a lancé avec humour Jérôme Bonet en ouverture de son discours, avant de préciser qu’il ne serait question « ni d’une nouvelle réglementation, ni d’une crise climatique ou sanitaire à gérer », mais simplement d’un moment destiné à « rendre hommage et remercier solennellement » les anciens élus.
Le préfet a expliqué avoir volontairement convié uniquement les maires ayant choisi de ne pas repartir pour un nouveau mandat afin de ne donner « aucune interprétation politique » à cette réception. « Vous avez fait un choix, celui de ne pas y retourner », a-t-il souligné, évoquant tour à tour « l’usure, la lassitude, la fatigue, le choix de se rapprocher des siens, ou encore la conscience du devoir accompli ».
Dans un discours très personnel, Jérôme Bonet a reconnu avoir pris pleinement conscience, depuis son arrivée dans le Gard il y a plus de deux ans et demi, de l’importance des maires dans le fonctionnement de la République. « Tout petit-fils de maire que je suis, je ne mesurais pas à quel point la République vous devait », a-t-il confié devant les élus.
Le représentant de l’État a également évoqué les difficultés et responsabilités immenses assumées par les maires, souvent dans l’ombre. « Nos concitoyens ne mesurent pas toujours que cette fonction est une forme de bénévolat augmentée », a-t-il insisté, rappelant le poids des responsabilités morales, administratives, politiques et parfois pénales qui reposent sur leurs épaules.

Jérôme Bonet a dressé le portrait de ces élus de proximité « partout, tout le temps », qui « marient, administrent les naissances, soutiennent les habitants sept jours sur sept » et à qui « l’on demande souvent l’impossible ». Il a aussi salué ces rituels du quotidien qui vont désormais manquer à beaucoup : « Ouvrir votre mairie, boire un café, discuter avec les agents municipaux ou les habitants matinaux, ces moments étaient essentiels ».
Le préfet n’a pas oublié ceux qui ont débuté leur mandat dans un contexte particulièrement difficile avec la crise du Covid. « Certains ont découvert l’immensité des responsabilités en même temps qu’une crise sanitaire historique », a-t-il rappelé.
Au fil de son intervention, Jérôme Bonet a multiplié les hommages et anecdotes personnelles, saluant notamment l’engagement de plusieurs élus rencontrés au cours de son mandat. Il a évoqué « la passion et l’érudition » de Gilles Dumas sur les questions d’inondations, « l’humanité et la posture exemplaire » de certains maires face à des drames ayant touché leur commune, ou encore ces moments de convivialité partagés « autour d’une grande table à Génolac ».
« Le préfet et le maire forment un couple indissociable sur les épaules duquel pèsent énormément d’attentes », a-t-il affirmé, rappelant le rôle essentiel des communes dans le modèle républicain français. « Notre République n’est rien sans cette cellule élémentaire de la démocratie et du vivre-ensemble. »
Lors de cette réception, trois ex-maires du Gard rhodanien (parmis les 10 à ne pas s’être représenté) ont reçu le diplôme de maire honoraire, parmi lesquels Jacques Bertolini, Murielle Roy-Cros et Carole Bergeron salués par le préfet. « Je tenais beaucoup à ce moment. J’espère qu’on aura l’occasion de se revoir », a conclu Jérôme Bonet avant de remettre les distinctions.
Une cérémonie sobre mais chaleureuse, marquée par les applaudissements nourris d’élus ayant parfois exercé jusqu’à huit mandats, et qui tournent aujourd’hui une page importante de leur vie.



