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À Marcoule, Jean-Pierre Farandou fait du nucléaire un symbole de la réindustrialisation française

En visite ce vendredi à l’École des métiers du nucléaire d’Orano Melox, sur le site de Marcoule, le ministre du Travail et des Solidarités Jean-Pierre Farandou a salué un modèle qu’il souhaiterait voir se développer partout en France. Formation, apprentissage, féminisation des métiers industriels, emploi des seniors et souveraineté énergétique étaient au cœur de ce déplacement aux côtés du préfet du Gard Jérôme Bonet, de la députée Catherine Delong-Meng et du vice-président de la Région Occitanie Jalil Benabdillah.

« Ici, on est à l’avant-garde. Il faut montrer aux autres que c’est possible. Avec de la volonté et de la méthode, on peut y arriver », a déclaré le ministre lors de sa visite.

Créée il y a quatre ans grâce à un investissement de 20 millions d’euros, dont une part financée dans le cadre de France Relance, l’École des métiers du nucléaire constitue aujourd’hui un outil stratégique pour la filière. Répartie sur cinq étages, elle dispose de 64 maquettes physiques reproduisant fidèlement les installations industrielles ainsi que d’outils numériques et immersifs destinés à compléter les apprentissages.

« Nous avions besoin d’un accélérateur de compétences », a expliqué Corinne Spilios. « Cette école est un véritable trait d’union entre les générations et entre l’expérience des anciens et les besoins des nouveaux salariés. »

Au cœur de la fabrication du combustible MOX

La visite a permis au ministre de découvrir plusieurs équipements pédagogiques reproduisant les différentes étapes de fabrication du combustible MOX, dont Orano Melox est aujourd’hui le leader dans le monde occidental.

Grâce à un casque de réalité augmentée, Jean-Pierre Farandou a notamment pu observer le fonctionnement d’une machine de mélange des poudres d’uranium et de plutonium. Il a ensuite découvert les presses hydrauliques qui compactent la poudre pour former les futures pastilles de combustible, les fours de frittage qui transforment ces pastilles en céramique, puis les systèmes automatisés de contrôle qualité affichant un rendement de 98 %.

Chaque pastille produite sur le site ne pèse que six grammes. Pourtant, le combustible fabriqué à Melox contribue aujourd’hui à alimenter une ampoule sur dix en France.

« Le nucléaire est un atout majeur pour notre souveraineté énergétique et pour la décarbonation de notre économie », a rappelé le ministre.

Des enjeux industriels considérables

Chez Orano, les ambitions sont importantes. Le groupe travaille déjà à prolonger la durée de vie de ses installations historiques, notamment Melox et La Hague, en attendant l’arrivée des futures infrastructures liées au renouveau du nucléaire français.

« Nous devons développer de nouvelles capacités industrielles pour répondre aux enjeux de souveraineté du pays », a souligné Corinne Spilios.

Le combustible MOX fabriqué à Marcoule est constitué à 95 % d’uranium recyclé et à 1 % de plutonium recyclé. Près de 90 % de la production est destinée à EDF et 10 % à l’export.

La sécurité demeure la priorité absolue du groupe. « Notre objectif est simple : zéro accident », a rappelé la direction, alors que le taux de fréquence des accidents avec arrêt est actuellement proche de 1.

La féminisation au cœur des priorités

La visite a également permis de mettre en lumière les actions menées en faveur de la féminisation des métiers industriels.

Une vidéo réalisée par l’association Aux Plurielles, partenaire d’Orano Melox, a été présentée à la délégation ministérielle.

Aujourd’hui, plus de 30 % des effectifs du groupe sont des femmes. Pour renforcer cette dynamique, Orano déploie plusieurs dispositifs spécifiques.

« Nous travaillons avec les partenaires sociaux pour favoriser l’accès des femmes aux postes à responsabilité et garantir l’égalité professionnelle », explique Augustin Nicey, directeur des ressources humaines.

Des formations dédiées au management féminin ont notamment été mises en place. Sur le site de Melox, le programme « Boost L » accompagne les salariées souhaitant accéder à des fonctions de management de proximité.

Apprentis et seniors, les autres défis du recrutement

Alors que la filière nucléaire devra recruter massivement dans les prochaines années, la question de l’apprentissage et de l’emploi des salariés expérimentés reste centrale.

Jean-Pierre Farandou a défendu le maintien d’une politique ambitieuse malgré les contraintes budgétaires de l’État.

« Nous sommes passés de 16 milliards d’euros consacrés à l’apprentissage en 2024 à environ 12 milliards aujourd’hui, mais sans baisse significative du nombre d’apprentis. Nous faisons des efforts parce que la situation budgétaire du pays est difficile », a-t-il expliqué, rappelant le poids des 3 500 milliards d’euros de dette publique.

Un discours qui a suscité quelques inquiétudes du côté des collectivités. « La Région ne pourra pas compenser seule la baisse des financements de l’apprentissage », a averti Jalil Benabdillah. « La formation, la réindustrialisation et la souveraineté sont au cœur du sujet ici. Il faut maintenir les équilibres. »

Même tonalité chez Sébastien Bayart, maire de Codolet et vice-président de l’Agglomération du Gard rhodanien, qui a réaffirmé son soutien au développement de la filière nucléaire sur le territoire.

« Nous avons ici les compétences, les infrastructures et l’acceptabilité. S’il faut accueillir de nouveaux projets nucléaires, nous sommes prêts. Je serais même prêt à accueillir Melox 2 », a-t-il lancé avec le sourire.

À Marcoule, la visite ministérielle aura surtout confirmé une chose : le nucléaire est désormais considéré comme l’un des piliers de la stratégie française de réindustrialisation, de souveraineté énergétique et de décarbonation.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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