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« Choisissez l’industrie, choisissez le nucléaire » : Jean-Pierre Farandou défend la réindustrialisation de la France

En déplacement à l’École des métiers du nucléaire d’Orano Melox, à Marcoule, le ministre du Travail et des Solidarités Jean-Pierre Farandou a détaillé sa vision de la réindustrialisation du pays. Formation, apprentissage, emploi des femmes et des seniors, intelligence artificielle ou encore avenir du nucléaire : le ministre a répondu aux questions de TV Sud Magazine.

Pourquoi avoir choisi de visiter l’École des métiers du nucléaire d’Orano Melox ?

Jean-Pierre Farandou : J’ai voulu venir ici parce qu’Orano traduit parfaitement plusieurs politiques publiques que je souhaite promouvoir à l’échelle nationale. D’abord la réindustrialisation. Nous avons besoin de remettre l’industrie au cœur de notre économie après plusieurs décennies de recul.

Mais il faut investir dans les secteurs où la France est forte. La filière nucléaire en fait partie. Ici, à Marcoule, nous sommes véritablement au cœur du réacteur, si vous me permettez l’expression. Je voulais adresser un message de soutien à cette filière stratégique.

Je voulais également mettre en avant la question des compétences. L’industrie a besoin de savoir-faire très spécifiques. Orano a eu l’intelligence de créer ses propres écoles pour former ses futurs salariés, notamment par l’apprentissage et l’alternance. Sans compétences, il n’y a pas de développement industriel.

Enfin, cette visite m’a permis d’évoquer trois sujets essentiels : l’emploi des jeunes, l’emploi des travailleurs expérimentés et l’emploi des femmes.

Justement, l’État a-t-il les moyens financiers de ses ambitions ?

Jean-Pierre Farandou : Nous faisons face à une situation budgétaire difficile. La dette publique atteint aujourd’hui 3 500 milliards d’euros. Une hausse d’un point des taux d’intérêt représente immédiatement plusieurs dizaines de milliards d’euros supplémentaires à financer.

Nos ambitions demeurent intactes, mais nos marges de manœuvre financières sont plus limitées qu’auparavant. Cela nous oblige à être plus efficaces dans l’utilisation de l’argent public.

L’apprentissage reste-t-il une priorité ?

Jean-Pierre Farandou : Absolument. C’est une réussite majeure. Il y a une dizaine d’années, la France comptait environ 300 000 apprentis. Aujourd’hui, nous en avons près d’un million.

Les jeunes sont satisfaits, les familles aussi, tout comme les entreprises. Cette dynamique va continuer. Nous continuerons à soutenir financièrement les entreprises, avec une attention particulière pour les PME qui ont davantage besoin d’accompagnement.

Nous devons également lutter contre les abus. Certains organismes peu scrupuleux ont profité des financements publics sans offrir de véritables débouchés aux jeunes. Nous sommes très vigilants sur ce point.

Vous avez beaucoup insisté sur l’électricité décarbonée. Pourquoi est-ce si important ?

Jean-Pierre Farandou : La France a pris des décisions stratégiques majeures ces dernières années. Le programme de nouveaux réacteurs nucléaires et la programmation pluriannuelle de l’énergie vont nous permettre de disposer d’une électricité abondante, décarbonée et compétitive.

Nous avons entre les mains ce que j’appelle un nouvel « or blanc ». L’or noir, c’était le pétrole. L’or blanc, c’est l’électricité décarbonée.

Cette énergie sera indispensable pour accompagner le développement de nouvelles activités, comme les centres de données liés à l’intelligence artificielle. Les investisseurs viendront en France parce qu’ils y trouveront une électricité fiable, compétitive et respectueuse du climat.

Quel rôle les nouvelles technologies doivent-elles jouer dans le monde du travail ?

Jean-Pierre Farandou : Elles sont déjà là. La réalité virtuelle est utilisée pour la formation ou la maintenance. Les outils d’analyse de données sont présents depuis plusieurs années dans l’industrie.

Aujourd’hui, nous entrons dans l’ère de l’intelligence artificielle. Tous les pays du G7 travaillent sur ce sujet. L’IA va profondément transformer le monde du travail.

C’est pourquoi je souhaite lancer un vaste plan de formation afin d’accompagner 15 millions de Français dans les trois prochaines années. Il faut que tous les salariés soient capables d’utiliser ces nouveaux outils. La France doit être à la pointe dans ce domaine.

Vous avez également la responsabilité des Solidarités. Comment attirer davantage de Français vers l’industrie ?

Jean-Pierre Farandou : La réindustrialisation répond à plusieurs objectifs. Elle renforce notre souveraineté, notre capacité de production et notre indépendance économique.

Mais elle apporte aussi une réponse très concrète à la question du pouvoir d’achat. Les métiers industriels sont souvent mieux rémunérés que ceux du secteur des services et offrent de véritables perspectives d’évolution.

Prenons l’exemple d’un soudeur. Dès sa sortie de formation, il peut gagner autour de 3 000 euros par mois. Avec l’expérience, ce salaire peut atteindre 5 000 ou 6 000 euros.

C’est un message que je veux adresser aux jeunes. Les métiers industriels sont passionnants, utiles au pays et offrent de belles rémunérations. Et je le dis aussi aux jeunes filles : aucun métier n’est réservé aux hommes.

Si vous voulez exercer un métier qui a du sens, qui permet de bien vivre et qui contribue à la force de la France, choisissez l’industrie. Et dans l’industrie, choisissez le nucléaire.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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