Chez Razel Bec, Rémy Jennepin tire sa révérence après 26 ans de maison

Figure de l’agence GCNS de Razel Bec, Rémy Jennepin a officiellement fait valoir ses droits à la retraite. L’occasion, pour ses collègues, partenaires et proches, de saluer un parcours rare, marqué par la transmission, l’engagement et une fidélité sans faille aux équipes.
Plusieurs dizaines de chantiers emblématiques, des centaines de collaborateurs croisés, une carrière construite pas à pas et une évolution rare, de manœuvre à chef d’agence. C’est tout cela, et bien plus encore, que les équipes de Razel Bec, les partenaires du monde nucléaire, les acteurs économiques du territoire et les proches de Rémy Jennepin sont venus célébrer à l’occasion de son départ à la retraite.
Après 44 ans de carrière dans la profession, dont 26 années chez Razel Bec, celui qui a longtemps incarné l’agence GCNS a reçu un hommage appuyé. Une cérémonie à son image : conviviale, chaleureuse, ponctuée d’anecdotes, de reconnaissance professionnelle et d’émotion.
Pour Nicolas Naulet, directeur Nucléaire Défense Industrie, il était difficile de résumer en quelques minutes l’apport de Rémy Jennepin à l’entreprise. Il a d’abord rappelé l’histoire de GCNS, née en 1998 lorsque Bec rachète Sauvetra, entreprise locale, afin de développer une activité dans le nucléaire, mais aussi dans la pétrochimie et l’industrie. Rémy Jennepin rejoint l’entreprise en mars 2000, rappelé par André Lopez, alors chef d’agence, qu’il avait connu auparavant chez Reydel.
Entré comme conducteur de travaux, il devient rapidement un homme de confiance dans le développement de l’agence. En 2014, au départ à la retraite d’André Lopez, c’est naturellement à lui que l’entreprise confie les clés de GCNS. « Quel chemin parcouru depuis », a souligné Nicolas Naulet, rappelant que l’agence s’est fortement développée sous sa direction, malgré l’arrêt des marchés de pétrochimie décidé par la direction de l’entreprise. Une décision qui l’avait « agacé, et le mot est faible », mais qui ne l’a pas empêché de poursuivre la croissance de GCNS dans les métiers du nucléaire.
Sous son impulsion, l’agence a travaillé avec l’ensemble des grands donneurs d’ordre de la filière : EDF, Orano, le CEA civil et militaire, Cyclife. Rémy Jennepin a également accompagné la diversification des métiers, notamment avec l’obtention d’une qualification ouvrant les marchés de l’assainissement et du démantèlement, puis plus récemment avec le développement des activités liées aux réseaux sur les CNPE d’EDF.
Son périmètre géographique s’est lui aussi élargi au fil des années : Marcoule, Cadarache, Fontenay-aux-Roses, la base navale de Toulon ou encore plusieurs centrales nucléaires comme Chinon, Dampierre, Chooz ou Belleville. « Tu as su saisir des opportunités, tu as su aussi les créer, et adapter l’agence aux évolutions de notre métier », a poursuivi Nicolas Naulet, rappelant que GCNS a été l’une des premières entités de construction certifiées ISO 19443.
Mais au-delà du développement économique, c’est surtout la construction d’une équipe solide qui a été saluée. Rémy Jennepin a recruté, fait confiance, intégré et fait grandir de nombreux collaborateurs. « Tu as managé cette équipe comme une équipe de rugby : avec de l’exigence, parfois des coups de gueule, mais toujours de manière juste », a résumé Nicolas Naulet, mettant aussi en avant son écoute, son empathie, sa bienveillance et ce côté protecteur envers ceux qu’il continue d’appeler « mes petits ».
Cette transition a également été préparée avec soin. Depuis trois ans, Rémy Jennepin a accompagné Adrien Lipinski dans ses nouvelles fonctions, non pas seulement en lui transmettant des dossiers, mais une vision du métier, des valeurs, un savoir-faire et un savoir-être. « Aujourd’hui, Adrien est prêt à prendre la relève, et c’est grâce à toi », a insisté Nicolas Naulet.
Le rôle de Rémy Jennepin dans la transmission auprès des jeunes a aussi occupé une place centrale dans les discours. Alors que la filière nucléaire connaît une relance importante depuis 2022, il s’est fortement investi pour promouvoir les métiers auprès des collégiens, lycéens, étudiants et jeunes en alternance. Forums, interventions dans les établissements, accompagnement au sein de l’agence : son engagement a permis à de nombreux jeunes de découvrir le secteur, d’y faire leurs premiers pas et, pour plusieurs d’entre eux, de rester dans l’entreprise.
Son implication ne s’est pas arrêtée aux portes de Razel Bec. Trésorier pendant plusieurs années, engagé au sein du Collectif, présent dans les initiatives de promotion des métiers et du territoire, Rémy Jennepin a également été salué par Vincent Champetier, président du Collectif. Celui-ci a résumé l’homme en trois mots : « humilité, simplicité, générosité ». Avant de lancer, non sans humour, que le Collectif répondait favorablement à sa demande : Rémy Jennepin devient « trésorier à vie » de l’association.
Elian Gérard, président de Cyclium, a lui aussi souligné son rôle de « pilier » dans l’écosystème nucléaire local. À travers Cyclium, les campus des métiers, les interventions dans les écoles et les actions de promotion de l’industrie bas carbone, il a rappelé combien Rémy Jennepin avait su fédérer, accompagner et rendre visible toute une équipe autour des métiers du nucléaire.
Au nom de l’agence, Adrien Lipinski, qui reprend le flambeau, a tenu à saluer l’expérience professionnelle et humaine de son prédécesseur. « Ce qu’est GCNS aujourd’hui, notre équipe, notre agence, c’est en grande partie grâce à toi », a-t-il déclaré. Il a remercié Rémy Jennepin pour sa confiance, son accompagnement, sa formation, mais aussi pour l’avoir parfois bousculé, toujours dans l’objectif de préparer la continuité de l’agence. « Si aujourd’hui nous abordons l’avenir avec confiance et sérénité, c’est grâce à toi. »
La jeune génération de GCNS a également tenu à lui rendre hommage. Plusieurs jeunes collaborateurs sont venus rappeler que, derrière les chantiers, il y avait surtout des parcours professionnels qu’il avait accompagnés. Certains ont appris un métier à ses côtés, d’autres à gérer un chantier ou une équipe. Tous ont retenu son attachement au travail bien fait et aux hommes et femmes qui composent les équipes. Ils lui ont remis symboliquement un « Rémy d’or », en remerciement de ses conseils, de ses coups de main et des moments de partage.
L’intéressé, visiblement ému, a ensuite pris la parole. « Merci d’être présents aujourd’hui pour célébrer un événement que certains pensaient ne jamais voir arriver : mon départ à la retraite », a-t-il lancé avec humour. Il a retracé son parcours, de ses débuts comme manœuvre à ses fonctions successives de chef d’équipe, chef de chantier, conducteur de travaux, directeur de travaux, adjoint chef d’agence puis chef d’agence. « J’ai occupé à peu près tous les postes, sauf architecte, comptable et ministre des Travaux publics », a-t-il souri.
Mais derrière la plaisanterie, Rémy Jennepin a surtout livré sa conviction profonde : « Le plus important n’a jamais été le poste occupé, mais les personnes avec lesquelles nous travaillons. » Il a rappelé combien les chantiers, malgré l’évolution des techniques, des réglementations, de l’informatique et des méthodes, restent avant tout construits par des femmes et des hommes.
Il a également évoqué l’évolution du métier, la montée des contraintes administratives et d’encadrement, tout en redisant son plaisir à manager les équipes, transmettre, accompagner et encourager. « Les plus belles réussites ne sont jamais individuelles, elles sont toujours le fruit d’un travail collectif », a-t-il insisté.
Rémy Jennepin a enfin remercié son entreprise, ses collègues, ses partenaires, les organisations professionnelles et sa famille. Il a conclu par un message tourné vers l’avenir et le territoire : la nécessité d’aller davantage « dans le même sens », pour permettre aux entreprises d’attirer, de former et de garder les jeunes localement.
Pour marquer ce départ, ses collègues et proches lui ont offert trois séjours gastronomiques d’exception, notamment au Petit Nice à Marseille, à l’Auberge du Vieux Puits et à Baumanière, autant de parenthèses gourmandes à partager avec son épouse. Une manière de prolonger ce qui a aussi fait sa marque chez Razel Bec : le goût des grandes tablées, de la convivialité, du partage et de l’esprit d’équipe.
Après 26 ans chez Razel Bec, Rémy Jennepin laisse derrière lui bien plus qu’une agence structurée. Il laisse une culture, des valeurs, des collaborateurs formés, une relève préparée et une empreinte humaine forte. Un chantier professionnel s’achève, mais l’histoire qu’il a construite, elle, continuera longtemps dans les équipes de GCNS.



