EPR2 au Tricastin : élus, État et acteurs économiques de 4 départements affichent leur unité autour de la candidature

Le premier comité stratégique consacré à la candidature du Tricastin pour accueillir deux futurs réacteurs EPR2 s’est tenu ce lundi 31 août à Pierrelatte. Autour de l’État, des collectivités et du monde économique, les différents territoires concernés ont voulu afficher leur mobilisation commune et surtout démontrer leur capacité à accompagner un chantier qui pourrait transformer durablement tout le bassin de vie de la vallée du Rhône.
Réunis à l’espace Jean Mouton de Pierrelatte, représentants de l’État, élus, industriels et partenaires économiques ont posé les bases d’une mobilisation qui dépasse largement les frontières de la Drôme. Présidé notamment par Marie-Aimée Gaspari, préfète de la Drôme, et Marie Fernandez, présidente de la Communauté de communes Drôme Sud Provence, ce premier comité stratégique intervient après le dépôt de la candidature du Tricastin pour accueillir une paire de réacteurs EPR2.
Au-delà de la dimension industrielle et énergétique du projet, l’enjeu était surtout de démontrer que le territoire est capable d’anticiper les conséquences d’un chantier d’une telle ampleur.
« Construire un véritable projet de territoire »
Marie-Aimée Gaspari a insisté sur la nécessité de bâtir une candidature qui ne repose pas uniquement sur les caractéristiques techniques du site du Tricastin.
« Il y a une candidature technique, qui est évidemment très importante, mais il y a aussi un projet de territoire qui doit être adossé à cette candidature », explique la préfète de la Drôme.
L’accueil de deux nouveaux réacteurs représenterait en effet un chantier hors normes, avec des pics pouvant dépasser les 8 000 personnes présentes sur le site. Autant de salariés qu’il faudrait loger, transporter et accompagner pendant plusieurs années.
La réflexion porte donc sur le foncier, les infrastructures, la mobilité, mais également la formation et les compétences nécessaires à la future installation.
Le périmètre retenu dépasse largement Pierrelatte et le Tricastin puisqu’il correspond à un bassin de vie situé dans un rayon d’environ 45 minutes autour du site. Trois régions, quatre départements et neuf intercommunalités seraient ainsi directement concernés.
« Il faut que tous les acteurs se mettent en ordre de marche pour construire un projet de territoire », poursuit Marie-Aimée Gaspari, qui estime que les premiers travaux conduits démontrent déjà une réelle capacité d’anticipation.
Pour la représentante de l’État, l’un des principaux points forts de la candidature réside précisément dans cette mobilisation collective. « Nous avons un dossier de candidature charpenté, robuste, renforcé par l’unanimité qui se dégage de l’ensemble des acteurs du territoire. »
Pierrelatte se prépare à accompagner le chantier
Ville directement concernée par la proximité du site nucléaire, Pierrelatte pourrait naturellement être en première ligne en cas de sélection du Tricastin.
Son maire, Alain Gallu, rappelle néanmoins que les retombées et les besoins seront répartis sur un territoire beaucoup plus vaste.
« Toute la population ne sera pas sur le territoire de Pierrelatte. Mais 8 000 salariés, cela peut effectivement représenter beaucoup plus de personnes », souligne-t-il.
Pour le maire, la force de la candidature réside justement dans cette volonté de travailler collectivement. « Tous les élus du territoire sont mobilisés. On se répartira, grâce au projet de territoire, les charges, les besoins et les compétences. »
Une arrivée massive de salariés aurait nécessairement des conséquences sur le logement, les équipements publics, les déplacements, les commerces et plus largement l’aménagement de la ville et de l’ensemble du bassin tricastin.
Christophe Serre : « Nos destins sont liés »
Présent au comité stratégique, Christophe Serre a également réaffirmé le soutien de l’Agglomération du Gard rhodanien à la candidature du Tricastin.
Pour son président, cette mobilisation apparaît comme une évidence au regard des liens économiques existant déjà entre les territoires.
« Aujourd’hui, dans nos communes du Gard rhodanien, nous avons des salariés qui viennent travailler au Tricastin, comme ils viennent travailler à Marcoule. Nos destins sont liés », explique Christophe Serre.
À ses yeux, les frontières départementales ou régionales ne correspondent plus à la réalité quotidienne des salariés et des entreprises.
« Ce qui se passe ici, dans la Drôme et au Tricastin, a des retombées économiques et des retombées en matière d’aménagement du territoire sur le Gard rhodanien. Et inversement, les projets du Gard rhodanien ont un impact sur le bassin du Tricastin. »
Christophe Serre défend ainsi la construction d’un véritable bassin énergétique à l’échelle de la vallée du Rhône. « De Marcoule au Tricastin, on fait de la vallée du Rhône la vallée de l’énergie. »
Formation, mobilité et retombées économiques
L’Agglomération du Gard rhodanien entend désormais participer concrètement à la construction du projet de territoire.
Christophe Serre évoque notamment un accompagnement administratif et logistique, ainsi qu’un important travail autour de la mobilité entre les différents bassins industriels.
La formation constituera également un enjeu central pour répondre aux besoins de main-d’œuvre et de compétences liés à un éventuel chantier EPR2.
Le président de l’Agglomération assume par ailleurs pleinement son soutien à l’énergie nucléaire.
« On peut dire que le nucléaire est décrié, mais tout le monde appuie sur l’interrupteur et tout le monde est bien content d’avoir de la lumière », lance-t-il.
Il met notamment en avant la production d’une énergie décarbonée et une « acceptabilité sociale du nucléaire » particulièrement importante dans la vallée du Rhône, où de nombreuses familles comptent déjà un salarié travaillant directement ou indirectement dans cette industrie.
Pour Christophe Serre, l’enjeu dépasse enfin très largement la seule production d’électricité. L’arrivée d’EPR2 serait également susceptible de générer de nouvelles dynamiques économiques, démographiques et urbaines.
« Derrière, c’est aussi de l’économie, de la revitalisation des centres-villes et de la population. C’est un tout. »
Le territoire du Tricastin entend désormais faire de cette unité l’un de ses principaux arguments. La rencontre de Pierrelatte avait précisément pour ambition d’illustrer cette mobilisation institutionnelle, économique et industrielle autour d’un projet présenté comme majeur pour la vallée du Rhône et pour la souveraineté énergétique nationale.



