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À Marcoule, 60 nouveaux opérateurs en radioprotection diplômés face aux besoins croissants de la filière nucléaire

La cérémonie avait autant des airs de remise de diplômes que de porte d’entrée vers l’emploi. Ce vendredi 11 septembre, l’INSTN du CEA Marcoule a réuni quatre promotions d’opérateurs en radioprotection (OPR) pour célébrer la réussite de 60 diplômés, désormais intégrés dans le monde professionnel. Une cérémonie qui a surtout permis de mettre en lumière des formations courtes particulièrement recherchées par une industrie nucléaire confrontée à d’importants besoins de recrutement.

Les promotions GEIQ 2025-2026, 2026-01, Nuvia-IFCEN et 2026-02 étaient ainsi réunies autour de leurs formateurs, tuteurs et entreprises partenaires. GEIQ Industrie, CERAP, NUVIA et ONET ont notamment témoigné de l’importance de ces parcours dans leurs stratégies de recrutement.

Créé en 1956, l’Institut national des sciences et techniques nucléaires est aujourd’hui implanté sur cinq sites en France : Saclay, Cadarache, Cherbourg-en-Cotentin, Grenoble et Marcoule. (INSTN) À Marcoule, la formation d’opérateur en radioprotection constitue l’un des cursus emblématiques, avec une employabilité particulièrement rapide.

« Nous avons une vraie demande pour les OPR », souligne Didier Hertel, de l’INSTN. Quatre sessions ont été organisées cette année, la capacité du plateau technique actuel ne permettant pas d’en accueillir davantage. Une contrainte qui pourrait être levée avec le futur plateau technique d’Invictus, appelé à offrir des capacités plus importantes et donc à mieux répondre aux demandes des entreprises.

Une formation de huit semaines et un emploi à la clé

La formation OPR s’étale sur huit semaines. Un format relativement court au regard des perspectives professionnelles offertes. À Marcoule, entre 50 et 60 personnes sont ainsi formées chaque année.

Pour nombre d’entre elles, l’entrée dans le nucléaire se fait après une reconversion professionnelle ou une période sans emploi. Certains candidats se présentent de leur propre initiative, d’autres sont orientés par une entreprise, le GEIQ ou France Travail.

« Ce sont des formations qui permettent une employabilité directe », insiste l’INSTN. Un argument particulièrement fort à une époque où l’accès au CDI peut parfois s’avérer compliqué : dans ces métiers, les entreprises sont au contraire en recherche active de compétences.

Le constat vaut également pour les métiers de l’assainissement et du démantèlement, eux aussi considérés comme des métiers en tension. Une cinquantaine de personnes sont déjà formées sur le secteur, avec la volonté de développer encore cette offre.

Quinze ans de partenariat avec le GEIQ

Le partenariat entre l’INSTN et le GEIQ Industrie illustre cette logique. Depuis près de quinze ans, les deux structures développent ensemble un parcours en alternance autour de la radioprotection.

Le GEIQ sélectionne, recrute puis accompagne des demandeurs d’emploi dans le cadre de contrats de professionnalisation répondant directement aux besoins des industriels. « C’est pour l’entreprise l’assurance d’intégrer des candidats motivés et, pour les alternants, la possibilité d’accéder à un monde industriel qu’ils n’auraient peut-être pas pu intégrer directement avec leur CV ou leur formation initiale », a expliqué Pauline Diez Martinez.

Neuf entreprises participent désormais au parcours. Les chiffres traduisent son efficacité : 142 personnes ont été formées en quinze ans, avec 100 % de réussite à l’examen OPR et 93 % de sorties vers l’emploi durable.

L’accompagnement constitue l’une des clés de cette réussite. Il débute avant même la signature du contrat, avec une phase de préqualification, puis se poursuit pendant les douze mois du parcours. Difficultés personnelles, adaptation au monde professionnel, suivi avec les tuteurs : le GEIQ intervient tout au long de l’alternance.

Le dispositif vient également d’être décliné pour les métiers de l’assainissement et du démantèlement.

Chez NUVIA, 90 % des alternants embauchés en CDI

Pour les entreprises, l’intérêt est tout aussi concret. Directeur de l’agence Sud de NUVIA, Lionel Misse rappelle les difficultés de recrutement auxquelles fait face la filière nucléaire alors que ses besoins augmentent.

« On fait venir des compétences extérieures au milieu nucléaire, on les forme et elles nous apportent aussi une vision différente », souligne-t-il.

NUVIA travaille avec le GEIQ depuis cinq ans et vient de participer pour la première fois au parcours en radioprotection. Une expérience déjà concluante puisque l’alternance suivie cette année s’est transformée en CDI. Plus largement, l’entreprise estime qu’environ 90 % des alternants passés par le GEIQ durant les dernières années ont ensuite signé un CDI chez NUVIA.

Lionel Misse pointe néanmoins un enjeu : faciliter davantage l’accès des alternants aux installations et aux situations de travail réelles. Les contraintes d’habilitation ou d’accès à certains sites peuvent parfois compliquer leur immersion. « Il faut qu’ils puissent réellement voir le métier et travailler pendant leur période d’alternance », insiste-t-il.

CERAP forme jusqu’à 25 personnes par an

Même constat du côté de CERAP Prévention. L’entreprise compte près de 140 opérateurs et techniciens en radioprotection et forme, en lien avec l’INSTN, entre 20 et 25 personnes chaque année.

CERAP s’appuie notamment sur France Travail et les préparations opérationnelles à l’emploi. Les candidats sont présélectionnés par l’entreprise avant d’intégrer leur formation OPR durant deux mois. Des formations complémentaires en sécurité sont ensuite ajoutées avant une période de compagnonnage directement sur les sites.

Là encore, le taux de réussite avoisine les 100 %. « C’est un gros travail de recrutement en amont et d’accompagnement pendant tout le parcours », souligne Murielle Henrion, assistante recrutement chez CERAP.

ONET : plus de 90 % d’embauche à l’issue des parcours

ONET Technologies partage la même expérience. Une quinzaine d’OPR issus du parcours GEIQ ont déjà rejoint ses effectifs, auxquels s’ajoute une session spécifique d’une dizaine de personnes organisée avec l’INSTN.

« Nous sommes vraiment dans une logique de formation et d’intégration, avec un taux d’embauche supérieur à 90 % à l’issue de ces formations », explique Florent Véron.

La présence de contrats d’exploitation de longue durée constitue notamment un atout pour permettre aux nouveaux entrants de se former progressivement aux réalités du terrain avant d’intervenir sur des opérations plus complexes de démantèlement.

« C’est l’avenir que nous construisons »

Au-delà des diplômes remis, l’INSTN entend continuer à faire évoluer ses cursus en fonction des besoins des industriels et du retour d’expérience des stagiaires.

Florent Lemont, chef d’unité, a ainsi invité les nouveaux diplômés à faire remonter leurs remarques, y compris les critiques, afin d’améliorer encore les formations. « Il n’y a pas de critique décalée lorsque l’on est dans la formation et l’enseignement, puisque c’est l’avenir que nous construisons », a-t-il souligné.

Une phrase qui résume l’enjeu de cette cérémonie. Derrière les diplômes, c’est bien la question du renouvellement des compétences de toute une filière qui se joue. Et à Marcoule, les résultats des différentes promotions montrent que formation, accompagnement et besoins industriels peuvent se rejoindre avec, très souvent, un CDI à la clé.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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