Carole Delga à Laudun-l’Ardoise : le Gard rhodanien veut conforter sa place de grand territoire industriel

La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, était à Laudun-l’Ardoise pour rencontrer les acteurs économiques du Gard rhodanien. Nucléaire, décarbonation, formation, mobilité et réindustrialisation ont occupé une large place dans les échanges.
Deuxième territoire industriel d’Occitanie derrière l’aire toulousaine et son écosystème aéronautique, le Gard rhodanien entend pleinement jouer cette carte. C’est le message adressé à Carole Delga lors de sa venue à Laudun-l’Ardoise, aux côtés notamment de Jalil Benabdillah, vice-président de la Région.
Pour Ludovic Di Rollo, maire de Laudun-l’Ardoise, cette rencontre constituait un temps d’échange majeur autour de « l’avenir de la filière énergie ». Patrick Palisse, vice-président de l’Agglomération du Gard rhodanien, a de son côté rappelé l’histoire particulière du bassin. « Notre territoire est le berceau du nucléaire français », avec Marcoule, tout en évoquant plusieurs projets qui, au fil des décennies, n’ont finalement pas abouti : laboratoire d’enfouissement, Astrid, Nuward ou encore, plus récemment, la candidature du Tricastin pour accueillir des EPR2.
Depuis le discours de Belfort d’Emmanuel Macron et la relance de la politique nucléaire française, les acteurs locaux assurent s’être remis « en ordre de marche ». Une dynamique qui dépasse les frontières administratives, puisque Gard, Vaucluse, Drôme et Ardèche partagent un même bassin industriel autour de la vallée du Rhône.
Carole Delga a assumé une position très claire sur le sujet énergétique. « Le débat pro ou anti-nucléaire est derrière nous », a estimé la présidente de Région, considérant que l’enjeu était désormais celui de la souveraineté énergétique de la France et de l’Europe.
Nucléaire, solaire, hydrogène, méthanisation : selon elle, aucune solution ne doit être écartée alors que l’économie doit se décarboner. « Nous avons besoin d’être de nouveau un pays producteur », a-t-elle affirmé, rappelant la nécessité d’une diversification industrielle et d’une dynamique entrepreneuriale forte.
La présidente de Région a également insisté sur la place centrale de l’emploi. « Le travail structure une société et permet l’émancipation », a-t-elle déclaré en s’adressant directement aux chefs d’entreprise : « C’est vous qui créez l’emploi. »
Vincent Champetier, président de l’association Le Collectif, a défendu cette même logique, estimant que les entreprises et les acteurs du territoire ne devaient « pas tout attendre des gouvernants ».
La question des compétences a occupé une large place dans les discussions. La direction du CEA Marcoule a rappelé que le site ne représente pas seulement l’histoire du nucléaire français mais constitue toujours un centre majeur d’innovation. Environ 2 000 salariés du CEA et plusieurs milliers de prestataires participent à cet écosystème, générant quelque 400 millions d’euros de commandes chaque année.
Le territoire dispose également de plusieurs outils de formation, avec l’INSTN, le Campus des métiers et des qualifications autour du lycée Albert-Einstein de Bagnols-sur-Cèze ou encore le projet Invictus consacré aux métiers du nucléaire et du démantèlement.
Carole Delga a plaidé pour des formations réalisées au plus près des bassins d’emploi. Elle a également insisté sur la fidélisation des salariés et sur la nécessité d’améliorer les mobilités, alors que les acteurs locaux souhaitent notamment voir revenir des dessertes ferroviaires voyageurs sur la rive droite du Rhône.
Au terme de la rencontre, la présidente de Région a assuré les acteurs économiques locaux de son soutien. Elle a appelé le Gard rhodanien à présenter une véritable chaîne industrielle, « de la formation jusqu’à la commercialisation des usages ».
Le message porté depuis Laudun-l’Ardoise était finalement unanime : le Gard rhodanien revendique son histoire industrielle et entend s’appuyer sur elle pour préparer la prochaine génération de projets. « On n’a pas l’industrie honteuse », a résumé Carole Delga.



