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MGH Energy : les opposants au projet interpellent Carole Delga et Christophe Serre, Ludovic Di Rollo leur répond fermement

Après le courrier adressé par le Comité de défense des habitants de L’Ardoise à plusieurs responsables politiques, dont Carole Delga et Christophe Serre, le maire de Laudun-l’Ardoise, Ludovic Di Rollo, monte au créneau. L’élu dénonce des informations qu’il juge dépassées ou incomplètes et assure que le projet MGH Energy ne pourra avancer qu’à condition de garantir la sécurité des riverains.

Le débat autour du projet MGH Energy sur l’ancienne friche industrielle de L’Ardoise monte d’un cran. Dans un long courrier daté du 31 août, le Comité de défense des habitants du hameau a interpellé notamment la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, mais également le président de l’Agglomération du Gard rhodanien, Christophe Serre. L’association y fait part de ses inquiétudes concernant la sécurité, le classement Seveso, la proximité des habitations ou encore le modèle économique du projet.

Dans un communiqué accompagnant le courrier envoyé à Carole Delga et transmis également à Christophe Serre ainsi qu’aux vice-présidents de l’Agglomération du Gard rhodanien, le Comité de défense des habitants de L’Ardoise réaffirme son opposition au projet MGH Energy. L’association refuse l’implantation d’une usine classée Seveso, « qu’elle soit seuil bas ou haut », à proximité des habitations et estime que le projet ferait courir un risque d’accident majeur aux riverains. Elle dénonce également la volonté de faire reconnaître le dossier comme un « projet d’intérêt stratégique » et de l’intégrer à la méthode dite « Notre-Dame », craignant une accélération des procédures et une limitation de la concertation avec le public. Le comité assure ainsi que la population de L’Ardoise « va tout faire pour empêcher l’installation » de ce qu’il qualifie de « véritable usine à gaz », tout en indiquant rester disponible pour en débattre.

Une prise de position qui fait vivement réagir Ludovic Di Rollo. « Je suis toujours surpris de voir la malhonnêteté intellectuelle et j’ai du mal à l’accepter, même si cela fait partie du débat démocratique », lance le maire de Laudun-l’Ardoise.

« Les éléments ont évolué depuis 2023 »

Pour l’élu, certains arguments avancés par le comité reposent sur une version ancienne du projet. « Quand on lit leur courrier, ils mettent en avant des éléments qui ont évolué depuis 2023 et les premières rencontres », estime-t-il.

La question du classement Seveso constitue notamment le principal point de crispation. Dans les documents présentés par MGH Energy, les premières études évoquent un classement « au minimum en Seveso seuil bas ». Le passage éventuel en seuil haut dépendrait principalement des quantités d’hydrogène stockées sur le site et des modalités d’export.

Le Comité de défense considère justement qu’un passage ultérieur en Seveso seuil haut demeure possible et craint qu’une montée en puissance industrielle conduise, à terme, à franchir ce seuil.

Sur ce point, Ludovic Di Rollo affirme partager une partie de la préoccupation : « On partage le fait de refuser un seuil haut. » Mais le maire assure que la collectivité entend verrouiller juridiquement cette question. « MGH a travaillé le projet. On a pris un avocat qui verrouille le système juridique pour ne pas avoir de Seveso seuil haut. Seuil bas, oui. »

La sécurité des habitations au cœur du dossier

Le maire insiste également sur l’évolution de l’implantation des différentes installations. Selon lui, « la zone de stockage sera à l’opposé des habitations » tandis que la partie située au plus près des maisons serait essentiellement consacrée au photovoltaïque.

Les documents techniques de MGH Energy indiquent également que l’essentiel des équipements industriels doit être regroupé vers le sud du site afin d’éviter que les cercles de dangers ne s’étendent jusqu’aux secteurs habités. Des analyses de risques plus détaillées doivent toutefois encore être réalisées lors des prochaines phases d’études.

« Je ne suis ni pour ni contre ce projet à partir du moment où il n’y a pas de dangerosité et pas de nuisance sonore supérieure à la norme », résume Ludovic Di Rollo, rappelant que le dossier se trouve toujours au stade de projet et que « de nombreuses études sont encore à venir ».

« Il n’y aura pas de pâquerettes et d’oiseaux »

Le maire assume en revanche clairement la vocation industrielle de cette partie de L’Ardoise. Pour lui, même si MGH Energy devait finalement ne pas s’implanter, la friche conserverait cette destination.

« Si MGH ne se fait pas, cela reste un site industriel, il y aura autre chose. Le Comité de défense de L’Ardoise veut un champ : il n’y aura pas de pâquerettes et d’oiseaux », tranche-t-il.

Le comité défend de son côté une autre vision de la reconversion, reposant notamment sur une importante centrale photovoltaïque, une ressourcerie et éventuellement un port à sec.

Ludovic Di Rollo considère pour sa part que le territoire « a besoin d’économie » et d’un projet répondant aux engagements pris par sa nouvelle majorité pendant la campagne municipale. « Il faut arrêter d’être contre tout. On leur demande d’être honnêtes. Trouver des excuses que je considère malhonnêtes, je trouve cela scandaleux. »

Le maire pointe une « contradiction »

L’élu pointe également ce qu’il considère comme une contradiction concernant le classement Seveso. Il rappelle que d’autres installations classées existent déjà sur le secteur.

« Aujourd’hui, ils sont contre un Seveso, mais ces mêmes gens ont accepté FM Logistic, Seveso seuil bas, pour du stockage de produits dangereux, inflammables et toxiques », affirme Ludovic Di Rollo.

Le maire s’interroge également sur la différence de traitement entre les différents quartiers de L’Ardoise. « La valeur humaine des Ardoisiens d’en haut, on s’en fiche ? Alors qu’ils ont un Seveso seuil bas ? », questionne-t-il, en référence au combat mené contre le projet situé dans la partie basse du hameau.

« Trop de fausses informations »

Pour Ludovic Di Rollo, le débat doit désormais reposer sur les caractéristiques actualisées du projet. « Il faut arrêter d’omettre de dire la vérité et de dire ce que ça arrange », insiste-t-il.

La municipalité assure avoir mis en place plusieurs rencontres afin que les habitants puissent poser leurs questions directement et obtenir des réponses sur la sécurité, les nuisances ou encore la configuration du futur site.

« On a mis en place des rencontres pour que les gens aient de vraies réponses à leurs questions. Il y a trop de fausses informations », estime le maire.

Ludovic Di Rollo ne cache pas sa détermination face à l’opposition au projet. « Je vais me battre contre eux. Se servir de la peur des gens pour mettre en avant une cause, ce n’est pas acceptable », lance-t-il.

Une grande réunion publique n’est en revanche pas envisagée à ce stade. Le maire estime qu’un tel format risquerait de transformer les échanges en confrontation : « Ce serait inaudible. »

Entre les inquiétudes exprimées par le Comité de défense des habitants et la volonté municipale de maintenir une perspective de développement économique et industriel sur l’ancienne friche, le projet MGH Energy devrait rester l’un des dossiers majeurs et les plus sensibles de ce début de mandat à Laudun-l’Ardoise.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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