Saint-Paul-les-Fonts : Marjorie Sabaton alerte sur les difficultés des lycéens professionnels à trouver des stages

Face aux difficultés croissantes rencontrées par les jeunes des filières professionnelles pour décrocher un stage en entreprise, la maire de Saint-Paul-les-Fonts, Marjorie Sabaton, tire la sonnette d’alarme. L’élue appelle les entreprises, établissements scolaires et acteurs économiques du territoire à se mobiliser pour éviter que certains élèves ne puissent valider leur formation.
Une situation qui devient « particulièrement préoccupante ». Ces derniers jours, Marjorie Sabaton, maire de Saint-Paul-les-Fonts, explique avoir été interpellée à plusieurs reprises par des familles confrontées aux difficultés de leurs enfants pour trouver une entreprise susceptible de les accueillir dans le cadre de leur formation professionnelle.
À partir de la classe de première notamment, les périodes de formation en milieu professionnel occupent une place essentielle dans le cursus des élèves. Elles leur permettent de confronter les enseignements reçus en classe à la réalité d’un métier, mais constituent également une étape nécessaire à l’obtention de leur diplôme.
Or, selon l’élue, les refus des entreprises seraient de plus en plus nombreux. Une situation qui pourrait notamment s’expliquer par les conséquences du drame survenu dans une entreprise locale au cours de l’année 2025-2026. Sans minimiser « cette véritable tragédie », Marjorie Sabaton redoute que cet événement entraîne une réticence durable des entreprises à accueillir des stagiaires.
« Il serait regrettable que cet événement conduise à une généralisation des refus d’accueil des stagiaires ou fasse, en quelque sorte, jurisprudence », estime-t-elle, constatant que plusieurs réponses négatives adressées aux familles feraient référence à cet accident.
Trouver un équilibre entre sécurité et formation
Pour la maire, il ne s’agit évidemment pas de remettre en question les impératifs de sécurité dans les entreprises. Au contraire, elle invite à réfléchir aux moyens de mieux encadrer les périodes de formation afin de rassurer à la fois les employeurs, les jeunes et leurs familles.
Car derrière les refus se pose une difficulté très concrète : sans entreprise, certains élèves peuvent être contraints de rechercher un stage dans un domaine éloigné de leur formation. Une solution par défaut qui leur permet éventuellement d’effectuer une période en entreprise, mais sans acquérir les compétences pratiques correspondant réellement au métier qu’ils préparent.
« Les jeunes concernés ne doivent pas être les victimes collatérales de cette situation », insiste Marjorie Sabaton. L’élue rappelle que la voie professionnelle repose précisément sur l’articulation entre les enseignements dispensés dans les lycées et l’expérience acquise directement dans les entreprises.
Elle appelle donc à engager une réflexion collective associant établissements scolaires, entreprises, acteurs économiques et collectivités afin de trouver des solutions. L’objectif serait notamment de renforcer l’accompagnement et l’encadrement des stagiaires tout en apportant davantage de garanties aux entreprises qui les accueillent.
Des besoins importants en main-d’œuvre qualifiée
Pour Marjorie Sabaton, cette problématique dépasse également la seule question de l’obtention des diplômes. Elle concerne directement l’avenir économique et industriel du territoire.
Plusieurs secteurs rencontrent déjà des difficultés importantes pour recruter une main-d’œuvre qualifiée, notamment dans des métiers techniques comme la soudure, la chaudronnerie ou encore la métallurgie. Des filières dans lesquelles l’apprentissage pratique et l’expérience en entreprise occupent une place déterminante.
« Proposer des diplômes avec des connaissances et des compétences sans avoir l’opportunité de se former est une erreur », souligne la maire de Saint-Paul-les-Fonts.
L’enjeu consiste désormais à éviter l’installation d’un cercle vicieux : des entreprises qui hésitent à accueillir des stagiaires pour des raisons de sécurité, des jeunes qui peinent alors à acquérir une expérience professionnelle et, à terme, des entreprises qui rencontrent toujours davantage de difficultés à recruter des salariés disposant des qualifications recherchées.
Marjorie Sabaton souhaite ainsi qu’une mobilisation puisse rapidement s’organiser sur le territoire. Avec une ligne directrice : concilier pleinement la sécurité des jeunes et des salariés avec la nécessité de permettre aux élèves des filières professionnelles d’apprendre leur futur métier sur le terrain, de valider leur diplôme et de préparer leur insertion professionnelle.



