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Cures thermales : Carole Delga dénonce un projet de déremboursement qui menace les patients et l’économie locale

La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, monte une nouvelle fois au créneau pour défendre les cures thermales. Face au projet du Gouvernement de transférer 200 millions d’euros de remboursements vers les complémentaires santé, elle alerte sur les conséquences sanitaires et économiques d’une telle décision. Une mesure qui pourrait fragiliser les stations thermales, particulièrement présentes dans les territoires ruraux.

Le thermalisme français est de nouveau au cœur des débats sur le financement de la Sécurité sociale. Le 8 octobre dernier, Stéphanie Rist, ministre de la Santé, a annoncé, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, son intention de transférer 200 millions d’euros de dépenses liées aux cures thermales vers les complémentaires santé.

Cette annonce suscite une vive inquiétude chez les élus régionaux. En effet, contrairement à l’Assurance maladie, les mutuelles et autres organismes complémentaires n’ont aucune obligation de rembourser les cures thermales. Une situation qui pourrait entraîner une augmentation importante du reste à charge pour les patients, voire les contraindre à renoncer à ces soins.

Une menace déjà dénoncée en 2025

Pour Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, cette nouvelle proposition constitue un retour en arrière. Dès novembre 2025, elle avait alerté le Gouvernement sur les conséquences d’un éventuel déremboursement des cures thermales, en adressant notamment un courrier au Premier ministre le 5 novembre. La mesure avait finalement été abandonnée lors de l’examen du budget de la Sécurité sociale pour 2026.

Un an plus tard, la question revient sur la table. Dans un communiqué publié le 12 octobre, Régions de France dénonce une annonce effectuée sans précision sur les modalités du transfert ni sur son calendrier d’application.

Les présidents de Région regrettent également que cette orientation intervienne avant la publication de l’évaluation globale de la Haute Autorité de Santé, attendue d’ici la fin de l’année 2027.

Plus de 148 000 curistes en Occitanie

La question dépasse largement le seul cadre du remboursement des soins. En Occitanie, le thermalisme représente une activité économique majeure, notamment pour les communes rurales et de montagne.

Selon les chiffres avancés par la Région, plus de 148 000 patients ont suivi une cure thermale conventionnée sur prescription médicale en 2025. À l’échelle nationale, ce sont 471 000 personnes qui bénéficient chaque année de ces traitements.

Les retombées économiques directes et indirectes du thermalisme en Occitanie sont estimées à plus de 460 millions d’euros. Hébergements touristiques, restaurants, commerces de proximité et entreprises de services bénéficient directement de la fréquentation des établissements thermaux.

Cette activité est d’autant plus stratégique que 90 % des stations thermales françaises sont implantées dans des communes de moins de 10 000 habitants. Pour ces territoires, la fréquentation des curistes constitue souvent un moteur essentiel de l’économie locale et de l’emploi.

« Les cures thermales ne sont pas un soin de confort »

Sur le plan médical, Carole Delga rappelle que plus de 60 études scientifiques mettent en évidence les bénéfices potentiels du thermalisme, notamment dans la réduction des douleurs et la prévention des rechutes.

« Les cures thermales ne sont pas un soin de confort mais un acte de soin reconnu par la médecine », insiste la présidente de Région, qui considère cette proposition gouvernementale comme une « erreur stratégique ».

Elle redoute notamment que la diminution des remboursements entraîne un renoncement aux soins et, à terme, une augmentation des dépenses de santé.

Selon elle, les patients pourraient être contraints de se tourner vers des traitements médicamenteux prolongés, des séances répétées de kinésithérapie ou des hospitalisations, avec des coûts potentiellement plus importants pour la collectivité.

La question de l’efficacité médicale des cures fait toutefois encore l’objet d’une évaluation par la Haute Autorité de Santé.

Un appel aux parlementaires avant l’examen du budget

Alors que le Gouvernement cherche à réduire les dépenses de l’Assurance maladie, les représentants des Régions souhaitent préserver l’accès aux soins thermaux et protéger les activités économiques qui en dépendent.

Le projet gouvernemental prévoit de faire passer le taux de remboursement du forfait thermal par l’Assurance maladie de 65 % à 15 %.

« En plus de l’impact sur l’accès aux soins, la mise en difficulté de nos stations thermales entraînerait le risque de disparition d’un pan entier de l’économie locale et la suppression d’emplois essentiels à la vitalité de ces communes », prévient Carole Delga.

La présidente de la Région Occitanie appelle désormais les parlementaires à rejeter cette mesure lors des débats budgétaires. Le Sénat doit examiner le projet de loi de financement de la Sécurité sociale à partir du 9 novembre.

Un rendez-vous déterminant pour l’avenir du thermalisme français et tout particulièrement pour l’Occitanie, où cette activité constitue à la fois une offre de soins et un pilier économique de nombreux territoires ruraux.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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