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Villeneuve-lès-Avignon : après deux éboulements, plus de 50 000 euros de travaux pour rouvrir partiellement le boulevard Gambetta

Fermé à la circulation depuis début septembre à la suite d’un important éboulement, le boulevard Gambetta pourrait rouvrir partiellement dans les prochains jours. Ce samedi 31 octobre, la maire de Villeneuve-lès-Avignon, Pascale Bories, entourée de la directrice générale des services et du directeur des services techniques, a présenté les prochaines étapes de sécurisation de cet axe essentiel de la commune. Face à l’absence de travaux engagés par les propriétaires du terrain concerné, la municipalité se prépare à intervenir dès ce lundi 2 novembre. Une opération dont le coût devrait dépasser les 50 000 euros.

« Nous sommes pleinement mobilisés », assure d’emblée Pascale Bories, maire de Villeneuve-lès-Avignon. Depuis près de deux mois, la fermeture du boulevard Gambetta bouleverse le quotidien de nombreux habitants, mais également l’activité économique de plusieurs quartiers de la commune.

Cet axe de circulation essentiel permet notamment de rejoindre les établissements scolaires, dont le collège et le lycée, et constitue un passage important pour les transports en commun. Sa fermeture entraîne des difficultés pour les riverains, contraints de modifier leurs déplacements, mais aussi pour les commerçants.

« Les commerces de l’avenue Rheinbach sont directement impactés, mais également ceux du centre-ville, qui ne voient plus venir une partie de leur clientèle habitant sur les hauts de Villeneuve », explique la maire.

Une situation devenue particulièrement préoccupante pour le tissu économique local, que la municipalité entend préserver.

Une fuite d’eau équivalente à deux piscines municipales

Tout commence début septembre, lorsqu’une fuite d’eau potable d’une ampleur exceptionnelle survient sur une propriété privée située au-dessus du boulevard Gambetta.

Selon Pascale Bories, le volume d’eau déversé représente l’équivalent de deux piscines municipales. Cette importante quantité d’eau provoque la déstabilisation d’une falaise d’environ douze mètres de hauteur et entraîne un premier éboulement.

La terre et les matériaux dévalent le talus jusqu’à traverser la chaussée, obligeant les services municipaux à intervenir immédiatement pour sécuriser le périmètre et fermer le boulevard à la circulation.

Très rapidement, la question de la stabilité du terrain et du risque d’un nouvel effondrement se pose.

La falaise étant située sur une propriété privée, la municipalité doit engager différentes démarches auprès des propriétaires, de leurs assurances et des experts afin de déterminer l’étendue des dégâts et les travaux nécessaires.

Le 23 septembre, la Ville annonce l’intervention d’un géomètre chargé d’évaluer les volumes de terre déjà effondrés, mais également ceux susceptibles de se détacher.

Une procédure de péril permet également de mobiliser un expert judiciaire afin de déterminer les premières mesures de sécurisation.

Le 6 octobre, une étude de sol est engagée par une entreprise spécialisée mandatée par les propriétaires. Ses conclusions doivent permettre de mieux comprendre la stabilité du terrain et de définir les interventions adaptées.

Le 20 octobre, un deuxième éboulement complique la situation

Alors qu’une réouverture au moins partielle était espérée pour la mi-octobre, un nouvel événement vient bouleverser le calendrier.

Le 20 octobre, à la faveur de fortes précipitations, un deuxième glissement de terrain se produit sur cette falaise déjà fragilisée.

L’expert judiciaire se rend sur place quelques heures seulement après cet épisode. Ses premières constatations confirment la nécessité de nouvelles mesures de protection.

Dès le lendemain, la municipalité rappelle fermement à la population l’interdiction de franchir les barrières de sécurité, y compris à pied.

« Ce n’est ni au maire ni aux services techniques de dire ce qu’il faut faire dans une telle situation. C’est le rôle de l’expert judiciaire », insiste Pascale Bories.

Le 22 octobre, une mise en demeure est adressée aux propriétaires afin qu’ils réalisent les travaux préconisés.

Mais à l’occasion de la conférence de presse du 31 octobre, la maire indique qu’aucune intervention n’a encore été engagée.

« Je me mets aussi à la place des propriétaires, mais je dois tenir compte des commerçants qui sont en très grande difficulté. Je dois sauvegarder notre tissu économique », souligne-t-elle.

La commune prête à prendre le relais dès lundi

Face à cette situation, la municipalité a décidé d’anticiper les démarches nécessaires pour intervenir dès l’expiration du délai de mise en demeure.

« On comprend l’impatience de tous, mais la collectivité ne peut pas engager des travaux sur un terrain privé sans respecter les procédures juridiques », rappelle Pascale Bories.

Si les propriétaires n’ont pas réalisé les travaux dans le délai imparti, la police municipale dressera dès lundi 2 novembre un procès-verbal constatant leur non-réalisation.

Un courrier sera ensuite transmis par un commissaire de justice afin d’informer les propriétaires de l’engagement des travaux pour leur compte.

En parallèle, les services municipaux ont déjà consulté plusieurs entreprises et préparé les devis nécessaires pour accélérer les interventions.

La commune avancera ainsi les frais, avant d’engager les démarches permettant de déterminer leur prise en charge définitive.

Le montant de cette première phase de sécurisation devrait dépasser les 50 000 euros.

Onze arbres abattus, un mur démonté et des blocs de béton installés

Les travaux prévus doivent permettre de sécuriser suffisamment le boulevard pour autoriser le retour d’une circulation alternée.

Plusieurs interventions successives sont programmées.

La première consistera à déposer quatre rangs de parpaings d’un mur situé sur la propriété privée, dont la stabilité est désormais menacée.

Les entreprises devront ensuite procéder à l’abattage de onze arbres situés sur la partie supérieure de la falaise, avant leur évacuation.

Une fois ces opérations réalisées, les services techniques municipaux interviendront pour dégager les déblais et nettoyer la chaussée.

Enfin, d’importants blocs de protection en béton seront installés pour délimiter la zone présentant encore un risque de glissement.

Des barrières de chantier, un marquage provisoire et des feux tricolores permettront d’organiser une circulation sur une seule voie.

Cette solution doit permettre de rétablir une partie des déplacements sans exposer les automobilistes aux matériaux susceptibles de se détacher à nouveau de la falaise.

Une réouverture espérée dans les prochains jours

Si le calendrier prévisionnel est respecté, les premières interventions pourraient être engagées dès lundi 2 novembre, après l’accomplissement des formalités juridiques.

La municipalité espère pouvoir rétablir une circulation alternée dès la fin de la semaine prochaine.

Toutefois, les prévisions météorologiques, notamment les risques de pluie, pourraient ralentir les opérations.

Pascale Bories évoque ainsi un délai pouvant atteindre une dizaine de jours pour permettre cette première réouverture, sous réserve de conditions de sécurité satisfaisantes.

Concernant les transports en commun, la commune prévoit de prendre contact avec Orizo dès que les modalités de circulation alternée seront connues, afin d’étudier les possibilités de rétablissement des dessertes.

Cette réouverture ne sera toutefois que provisoire.

La falaise présente encore des risques de glissement, ce qui rend indispensable la réalisation ultérieure de travaux de confortement définitifs.

Les démarches avec les propriétaires, les assurances et les experts devront se poursuivre afin de définir les interventions nécessaires et leurs modalités de financement.

L’objectif reste, à terme, une réouverture complète du boulevard Gambetta.

Des commerçants en grande difficulté

Au-delà des conséquences sur la circulation, la situation préoccupe particulièrement la municipalité en raison de ses répercussions économiques.

Les commerçants de l’avenue Rheinbach et du secteur de la Mirandole subissent directement la fermeture de cet axe, tandis que les établissements du centre-ville constatent également une diminution de leur clientèle venant des quartiers situés sur les hauteurs.

Le 16 octobre, une réunion a été organisée avec la Chambre de commerce et d’industrie afin d’étudier les dispositifs d’accompagnement envisageables.

Certains commerçants se sont rapprochés de leurs compagnies d’assurance pour examiner les possibilités d’indemnisation de leurs pertes d’exploitation.

La mobilisation des protections juridiques et les possibilités de report de certaines charges ont également été évoquées avec la CCI.

Pour Pascale Bories, la reprise de la circulation constitue donc une priorité, tant pour les habitants que pour les acteurs économiques.

« Notre priorité à tous est d’avoir une réouverture partielle », insiste la maire.

La municipalité reconnaît que cette solution ne sera pas optimale, mais elle représente une première étape indispensable pour sortir d’une situation qui dure depuis près de deux mois.

En attendant l’annonce officielle d’une réouverture, le boulevard Gambetta demeure strictement interdit à la circulation et aux piétons dans le périmètre sécurisé.

La Ville rappelle enfin que les commerces de la Mirandole restent ouverts et invite les habitants à continuer de les fréquenter pour les soutenir durant cette période difficile.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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