Pont-Saint-Esprit : Léna Acosta, nouvelle manager de commerce, pour redynamiser l’activité commerciale de la ville

Depuis début septembre, Léna Acosta occupe le poste de manager de commerce à Pont-Saint-Esprit. Une arrivée qui marque une nouvelle étape dans la stratégie municipale de revitalisation commerciale. Entre accompagnement des commerçants, lutte contre la vacance des locaux, animations et lancement des États généraux du commerce, la municipalité entend redonner toute sa place au commerce de proximité.
C’est entouré d’Alain Fages, conseiller municipal délégué aux liens avec les commerçants et à la propreté, et d’Émilie Viscaino, cheffe du pôle urbanisme et aménagement du territoire, que Patrice Gourret, adjoint au maire de Pont-Saint-Esprit, a présenté deux nouvelles initiatives destinées à renforcer l’attractivité commerciale de la commune : l’arrivée de Léna Acosta au poste de manager de commerce et le lancement prochain des États généraux du commerce.
Deux annonces qui traduisent la volonté de la municipalité de s’attaquer à une problématique majeure : la revitalisation du tissu commercial spiripontain, confronté notamment à une vacance des locaux estimée à 20 %.
« Nous avons conscience que commerçant est un métier lié à un projet personnel. Notre rôle est de leur donner les outils pour travailler ensemble », souligne Patrice Gourret.
Léna Acosta, un parcours entre Cannes, Lyon et les territoires français
Originaire de Bagnols-sur-Cèze, Léna Acosta possède déjà une solide expérience dans le développement commercial des territoires malgré son jeune âge.
Après un parcours universitaire qui l’a notamment conduite à Lyon pour un master de Manager de la communication, elle a rejoint la mairie de Cannes, au sein du service développement territorial, plus particulièrement consacré au commerce et à l’artisanat.
Ses missions consistaient notamment à accompagner les commerçants dans leurs démarches, à développer des animations commerciales et à encourager les habitants et visiteurs à fréquenter les commerces cannois.
Elle a ensuite intégré l’entreprise Proxity, où elle a travaillé pendant deux ans auprès d’une cinquantaine de communes françaises, principalement des villes petites et moyennes.
« J’ai pu découvrir de nombreuses communes en France, dans des contextes très différents, et participer à l’élaboration et au déploiement de stratégies de revitalisation du commerce de proximité », explique-t-elle.
Une expérience qui a particulièrement séduit la municipalité spiripontaine.
« Nous recherchions quelqu’un de polyvalent, avec de l’expérience, mais aussi de la jeunesse et une connaissance de territoires différents », précise Patrice Gourret.
Pour Léna Acosta, ce poste correspond parfaitement à ses aspirations professionnelles. « Chez Proxity, j’étais régulièrement en lien avec des managers de commerce. C’est un poste que je recherchais, car il permet de travailler directement avec les acteurs économiques et les élus, au plus près du terrain. »
Une interlocutrice à temps plein pour les commerçants

La nouvelle manager de commerce aura pour mission d’intervenir sur l’ensemble de Pont-Saint-Esprit, et pas uniquement dans son centre historique.
« Nous avons fait le choix d’un manager de commerce et non d’un manager de centre-ville », insiste Patrice Gourret.
Une distinction importante pour une commune qui s’étend tout en longueur et dont les activités économiques sont réparties sur plusieurs secteurs.
La feuille de route de Léna Acosta repose sur quatre grandes orientations : accompagner les commerces existants, développer une offre commerciale complémentaire, renforcer l’attractivité de la ville et fédérer les acteurs économiques autour d’animations communes.
Concrètement, elle doit devenir l’interlocutrice privilégiée des commerçants, notamment pour leurs démarches administratives, les changements d’enseignes, les projets de développement ou les difficultés rencontrées au quotidien.
Une Maison du commerce doit également voir le jour afin de disposer d’un lieu identifié pour accueillir les professionnels et répondre à leurs demandes.
Depuis sa prise de fonctions, début septembre, Léna Acosta multiplie les rencontres avec les commerçants.
« Les premiers retours sont très positifs. Ils sont contents d’avoir une interlocutrice consacrée à temps plein à leurs problématiques. Cela permet d’apporter des réponses plus rapidement et de faire remonter directement les difficultés rencontrées », observe-t-elle.
Pour Alain Fages, cette proximité constitue un véritable atout : « C’est à nous, les élus, de montrer aux commerçants qu’il y a du répondant et une équipe sur laquelle ils peuvent compter. »
Attirer de nouvelles enseignes et réduire la vacance commerciale
Au-delà de l’accompagnement des professionnels déjà installés, la municipalité souhaite attirer de nouveaux commerces pour compléter l’offre existante.
Avec environ 20 % de locaux commerciaux vacants, Pont-Saint-Esprit dispose d’une marge de progression importante.
« On commence à aller chercher les commerces qui nous manquent. Plus il y aura d’offres, plus il y aura de demandes. Si vous trouvez tout à Pont-Saint-Esprit, vous y resterez », estime Patrice Gourret.
L’objectif est de limiter les déplacements des habitants vers les zones commerciales extérieures et de redonner de l’attractivité aux commerces de proximité.
L’adjoint rappelle d’ailleurs que les politiques d’aménagement ont longtemps favorisé le développement commercial en périphérie des communes. Une tendance qu’il souhaite aujourd’hui rééquilibrer, notamment dans un contexte où les difficultés de mobilité peuvent constituer un frein pour certains habitants.
Cette réflexion s’inscrit également dans les projets structurants de la commune, notamment celui de l’Hôtel-Dieu, et dans une volonté plus large de renforcer la place de Pont-Saint-Esprit au sein de l’agglomération du Gard rhodanien.
La municipalité envisage par ailleurs d’inscrire le droit de préemption commercial au budget 2027 afin de disposer d’un outil supplémentaire pour agir sur l’implantation de nouvelles activités.
Une grande tombola pour lancer la dynamique dès Noël
Si la stratégie commerciale s’inscrit dans la durée, les premières actions concrètes arriveront dès les fêtes de fin d’année.
Léna Acosta prépare notamment une grande tombola des commerçants, organisée à l’occasion de Noël 2026.
Le principe sera simple : chaque achat réalisé chez un commerçant participant permettra de tenter de remporter des lots, eux-mêmes issus des commerces de Pont-Saint-Esprit.
« L’idée est de créer une première dynamique commerciale festive et collective, tout en donnant une raison supplémentaire aux habitants de pousser la porte des commerces », explique la manager.
Cette opération accompagnera les festivités de Noël, dont le lancement est prévu le 4 décembre, avec le Téléthon.
Une première réunion de présentation des projets d’animations aux commerçants est programmée le 16 novembre.
L’association ACTE participera également à cette dynamique, notamment à travers la réalisation de portraits de commerçants destinés à mieux faire connaître la diversité de l’offre locale.
Autre nouveauté : la création d’une identité visuelle commune autour du message « Consommons local », afin de renforcer la visibilité et la reconnaissance du commerce spiripontain.
Un programme d’animations plus ambitieux en 2027
Après cette première opération de Noël, la municipalité entend construire un véritable calendrier annuel d’animations commerciales.
« Pour 2027, l’objectif est d’occuper tous les espaces et de marquer plusieurs temps forts dans l’année », annonce Léna Acosta.
Parmi les pistes évoquées figurent des animations autour du printemps et du fleurissement, une Color Run sur le Champ-de-Mars ou encore des événements autour d’Halloween pour mobiliser les jeunes générations.
L’enjeu sera de créer des rendez-vous réguliers, capables de générer du passage dans les commerces et de renforcer les liens entre professionnels et habitants.
Le programme définitif dépendra toutefois des arbitrages budgétaires de 2027.
Patrice Gourret souligne que certaines actions pourront être menées avec des moyens financiers limités, en privilégiant la mobilisation collective et les partenariats.
Le recrutement de Léna Acosta bénéficie, quant à lui, d’un partenariat avec la Banque des Territoires dans le cadre du programme national Petites Villes de demain. Son contrat, conclu pour une année renouvelable, s’inscrit dans un dispositif de financement prévu sur deux ans.
Des États généraux pour imaginer le commerce de demain
Deuxième annonce importante : le lancement des États généraux du commerce de Pont-Saint-Esprit.
La municipalité prévoit de lancer l’appel d’offres dès le lundi suivant cette présentation, afin d’engager une démarche de concertation à l’échelle de la commune.
L’objectif sera de réunir autour de la table les commerçants, les habitants, les usagers, les acteurs économiques et les élus pour réfléchir collectivement à l’avenir commercial de Pont-Saint-Esprit.
« Nous voulons faire émerger des idées, constituer des groupes de réflexion et voir ce que nous pouvons faire ensemble pour transformer notre ville », explique Patrice Gourret.
Ces États généraux devront notamment permettre d’aborder les questions de vacance commerciale, d’attractivité, d’animations, d’aménagement urbain, de terrasses et de façades.
La municipalité souhaite également avancer sur une harmonisation des règles relatives aux terrasses commerciales.
Cette démarche doit aboutir à une vision partagée du développement commercial, dans l’esprit d’un projet de territoire adapté aux enjeux de la commune.
« Transformer des métiers solitaires en métiers solidaires »
Pour Patrice Gourret, le recrutement d’une manager de commerce répond aussi à une conviction forgée lors de précédentes expériences d’élu.
« J’ai déjà connu la mise en place d’un manager de commerce dans une autre collectivité. C’est un poste très fédérateur et formateur. Les commerçants exercent souvent des métiers solitaires, et il faut réussir à les rendre solidaires. »
L’adjoint reconnaît que la mise en place du dispositif a pris du temps, notamment pour rechercher les financements et sélectionner le bon profil.
« Nous avons mis du temps, mais nous voulions apporter des réponses concrètes », assure-t-il.
Avec l’arrivée de Léna Acosta, les premières animations de Noël et les futurs États généraux du commerce, la municipalité souhaite désormais passer à une nouvelle étape.
L’ambition affichée est de faire de Pont-Saint-Esprit une ville où les habitants retrouvent le réflexe de consommer localement, où les commerçants travaillent davantage ensemble et où de nouveaux porteurs de projets choisissent de s’installer.
Une stratégie qui entend s’appuyer sur la situation géographique de Pont-Saint-Esprit, à la croisée de plusieurs territoires, mais aussi sur son potentiel d’accueil de nouveaux habitants et de nouvelles entreprises.
Pour Léna Acosta, le défi est désormais de transformer cette volonté politique en résultats visibles sur le terrain, en faisant du commerce un véritable moteur de la revitalisation spiripontaine.



