Villeneuve-lès-Avignon : Les Républicains lancent leur campagne présidentielle derrière Bruno Retailleau, entre espoir, unité et interrogations

À six mois de l’élection présidentielle de 2027, Les Républicains de la troisième circonscription du Gard ont fait leur rentrée politique ce mardi 3 novembre au Castel, à Villeneuve-lès-Avignon. Près d’une centaine de militants, sympathisants et élus ont répondu à l’invitation de Farès Orcet pour échanger autour de la candidature de Bruno Retailleau et de l’avenir de la droite républicaine. En présence notamment de Christophe Rivenq, président de la fédération gardoise des Républicains, de Pascale Bories, membre du bureau national des Républicains, et de plusieurs élus du territoire, cette réunion a marqué le début de la mobilisation locale pour 2027. Mais derrière le soutien affiché à Bruno Retailleau, une question a largement dominé les débats : comment permettre à la droite républicaine de retrouver le second tour de l’élection présidentielle ?
Une centaine de militants et sympathisants réunis pour préparer 2027
C’est dans le cadre du Castel, à Villeneuve-lès-Avignon, que les responsables locaux des Républicains avaient donné rendez-vous à leurs adhérents et sympathisants. Une rentrée politique organisée au mois de novembre, avec pour principal objectif de préparer une échéance présidentielle qui s’annonce décisive pour l’avenir du mouvement.
En ouverture de soirée, Farès Orcet a salué la présence des nombreux élus venus des différentes communes de la troisième circonscription du Gard, un territoire qui compte 50 communes, mêlant espaces ruraux et secteurs plus urbanisés, notamment autour de Bagnols-sur-Cèze et de Villeneuve-lès-Avignon.
« L’idée ce soir, c’est que nous puissions nous rencontrer afin d’échanger. Vous êtes nombreux à vous poser des questions sur la campagne, sur son lancement, sur l’organisation ou non d’une primaire », a expliqué Farès Orcet.
Pour le secrétaire départemental adjoint, cette rencontre devait également permettre de rappeler les valeurs défendues par sa famille politique : l’ordre, le travail, la responsabilité, la bonne gestion des finances publiques, mais aussi l’accompagnement social et le soutien aux plus fragiles.
« Avant d’être adhérents ou membres d’un bureau, nous sommes tous des sympathisants et des militants qui partageons des convictions solides de droite, liées à des valeurs républicaines », a-t-il insisté.
Romain Dumas appelle la jeunesse à se mobiliser
La parole a ensuite été donnée à Romain Dumas, représentant de la jeune génération des Républicains, qui a livré un discours particulièrement engagé sur la place de la jeunesse dans le débat politique.
Devant une assistance estimée à près d’une centaine de personnes, il a souhaité mettre en avant une jeunesse attachée, selon lui, au respect des institutions, au mérite, au travail et aux valeurs républicaines.
« Je veux parler de cette jeunesse qui respecte notre histoire, respecte notre pays et soutient nos forces de l’ordre. C’est cette jeunesse qui construira la France de demain », a-t-il déclaré.
Revenant sur les dernières échéances électorales locales, il a salué les victoires remportées par plusieurs élus de droite dans le Gard, estimant que celles-ci démontraient la capacité de sa famille politique à conserver un ancrage territorial important.
Mais son intervention était surtout tournée vers 2027.
« Cette élection, c’est le relèvement ou l’effacement », a-t-il lancé, appelant les jeunes militants à s’engager pleinement dans une campagne qu’il imagine longue et difficile.
Refusant de voir sa génération contrainte de choisir entre le Rassemblement national et La France insoumise, Romain Dumas a défendu l’existence d’une troisième voie, celle de la droite républicaine.
Christophe Rivenq : « Si nous ne sommes pas au second tour, la droite républicaine risque de disparaître »
Moment particulièrement attendu de la soirée, l’intervention de Christophe Rivenq, président de la fédération gardoise des Républicains et maire d’Alès, a donné une dimension départementale et nationale aux échanges.
Après avoir évoqué les difficultés de circulation rencontrées pour rejoindre Villeneuve-lès-Avignon depuis Alès, l’élu a dressé un constat préoccupant de la situation de sa famille politique.
Il a notamment rappelé l’évolution des équilibres politiques dans le Gard, où la droite républicaine a progressivement perdu plusieurs de ses bastions et une partie de sa représentation parlementaire. Selon lui, les divisions internes ont largement contribué à cet affaiblissement.
« Nous sommes aujourd’hui la première force politique nationale dans les territoires, mais nous sommes loin d’être la première force politique au niveau national », a-t-il analysé.
Pour Christophe Rivenq, l’élection présidentielle de 2027 représente un véritable tournant historique.
« Si nous arrivons à figurer au second tour, je crois que la victoire est possible. Et si nous n’y arrivons pas, je crois que la droite républicaine et nos amis centristes disparaîtront du paysage politique français. La recomposition se fera sans nous. »
Un avertissement qui a donné le ton de son intervention. Le président départemental des Républicains redoute notamment un second tour opposant les deux extrémités de l’échiquier politique, scénario qu’il considère comme particulièrement dangereux pour l’avenir du pays.
Il a ainsi critiqué les propositions économiques de La France insoumise comme celles du Rassemblement national, estimant qu’elles ne permettraient pas de répondre aux difficultés structurelles de la France.
La question de l’union au cœur des débats
Si Christophe Rivenq a réaffirmé son soutien à Bruno Retailleau, il a également plaidé pour une approche pragmatique de l’échéance présidentielle.
À ses yeux, la multiplication des candidatures issues de la droite et du centre pourrait empêcher toute qualification au second tour.
« Il va falloir peut-être, pour la première fois, mettre un peu d’eau dans son vin et accepter que le projet idéal que nous aimerions porter soit amendé pour permettre au maximum de personnes de se regrouper », a-t-il expliqué.
Une position qui traduit la volonté de rechercher un rassemblement suffisamment large pour peser électoralement.
Le président de la fédération gardoise s’est également montré très sceptique sur la possibilité d’organiser une primaire commune à quelques mois du scrutin.
« Nous n’avons pas le temps matériel d’organiser une primaire. Il faut six mois, beaucoup d’argent et cela crée aussi des divisions », a-t-il estimé.
Pour Christophe Rivenq, l’enjeu est désormais de parvenir à faire émerger une candidature capable de rassembler au-delà des seules frontières partisanes. Il a néanmoins insisté sur les qualités de Bruno Retailleau, dont il a salué l’expérience politique et la connaissance des territoires.
Bruno Retailleau : un programme axé sur l’économie, les retraites et l’énergie
Farès Orcet a tenu à souligner le contenu du programme présidentiel de Bruno Retailleau, dont une version synthétique avait été distribuée aux participants.
Il a notamment évoqué plusieurs propositions économiques et sociales, parmi lesquelles la baisse des charges pesant sur les salaires, la réforme du système de retraite ou encore la maîtrise des dépenses publiques.
Sur les retraites, il a présenté un projet reposant sur un âge de départ à taux plein fixé à 65 ans, avec la possibilité de partir plus tôt sous certaines conditions, tout en prenant en compte la pénibilité de certains métiers.
La politique énergétique a également été abordée, avec la volonté affichée de relancer massivement le nucléaire, notamment à travers la construction de nouveaux réacteurs EPR, et de revoir les mécanismes de soutien aux énergies éoliennes.
« Je vous invite vraiment à comparer les programmes des différents candidats. Il faut regarder ce qui est concret, ce qui est réalisable et ce qui permettra de redresser la France », a insisté Farès Orcet.
Pour lui, Bruno Retailleau présente également l’avantage de posséder une expérience des collectivités locales et du fonctionnement de l’État.
« C’est quelqu’un qui connaît les territoires, qui connaît les élus locaux et leurs difficultés. Il ne se présente pas uniquement pour une ambition personnelle », a-t-il affirmé.
Pascale Bories : « La droite a besoin de retrouver un chef »
Présente en tant que maire de Villeneuve-lès-Avignon et ancienne sénatrice du Gard, Pascale Bories a également participé aux échanges.
Elle a notamment insisté sur la nécessité de reconstruire une droite capable de se rassembler derrière une personnalité incarnant une ligne politique claire.
Selon elle, l’instauration des primaires a contribué à fragiliser la famille politique gaulliste et républicaine, en favorisant les rivalités internes.
« Nous avons besoin de retrouver un chef, un homme ou une femme capable de nous entraîner vers le renouveau de notre pays », a-t-elle défendu.
L’élue a également rappelé que l’engagement politique devait avant tout être guidé par le sens du service public et la volonté de défendre l’intérêt général.
Si elle conserve l’espoir d’un sursaut dès 2027, elle estime que la reconstruction de la droite devra également s’inscrire dans la durée, avec en perspective les échéances suivantes, notamment celle de 2032.
Des militants qui réclament aussi des réponses concrètes
La réunion a cependant montré que les interrogations ne se limitaient pas aux questions de stratégie électorale.
Lors des échanges avec la salle, plusieurs participants ont regretté que les discussions portent davantage sur les candidatures, les sondages et les alliances que sur les propositions concrètes destinées à répondre aux difficultés du pays.
Un militant a notamment interpellé Christophe Rivenq sur la nécessité de présenter une véritable vision politique.
« Ce que nous attendons des dirigeants politiques, c’est une vision, une ambition, un programme. Comment traite-t-on les retraites, l’emploi et les difficultés de la France ? C’est cela, le cœur du sujet », a-t-il lancé.
Une intervention à laquelle le président départemental a répondu en rappelant que les propositions existaient déjà, mais que la priorité immédiate consistait à trouver les conditions politiques permettant de les porter jusqu’au second tour.
Les débats ont également fait apparaître des divergences sur les alliances possibles.
Certains participants ont défendu un rapprochement entre les différentes sensibilités de la droite, tandis que d’autres ont exprimé leurs réserves à l’égard d’une alliance avec des personnalités issues de la majorité présidentielle.
Patrick Carry, présent dans la salle, a notamment plaidé pour une véritable union des droites, estimant qu’une coalition pouvait permettre aux Républicains de faire peser leurs idées dans le débat national.
Une position qui contraste avec celle de Christophe Rivenq, lequel a clairement exprimé ses inquiétudes face à la perspective d’une victoire du Rassemblement national.
Ces échanges ont ainsi mis en évidence une réalité : si les participants partagent largement les valeurs traditionnelles de la droite, les stratégies envisagées pour retrouver le pouvoir restent différentes.
Rémy Bachevalier appelle à ne pas baisser les bras
En fin de réunion, Rémy Bachevalier, membre du bureau des Républicains et maire de Rochefort-du-Gard, a également pris la parole pour encourager les militants à poursuivre leur mobilisation.
L’élu Les Républicains s’est montré optimiste sur la possibilité de voir les différentes candidatures évoluer au fil des prochains mois, jusqu’à permettre un rassemblement autour d’une personnalité capable de porter les valeurs de la droite républicaine.
Il a également rappelé que les élections législatives qui suivront la présidentielle constitueront un autre rendez-vous essentiel.
« Nous avons perdu des batailles, mais aujourd’hui nous sommes en pleine guerre politique. Il faut croire en nos valeurs, ne pas baisser les bras et aller jusqu’au bout », a-t-il lancé.
Pour le maire de Rochefort-du-Gard, le programme politique devra servir de colonne vertébrale à ce rassemblement, quitte à être enrichi ou amendé au gré des discussions entre les différentes sensibilités.
Une campagne présidentielle qui démarre dans le Gard rhodanien
Au terme de cette soirée, Farès Orcet a annoncé la volonté de poursuivre les rencontres avec les adhérents et sympathisants de la troisième circonscription.
Des réunions thématiques pourraient notamment être organisées afin d’approfondir les propositions de Bruno Retailleau sur les grands sujets nationaux : économie, retraites, sécurité, santé, énergie ou encore souveraineté.
Les participants ont également été invités à prolonger leurs échanges dans un cadre plus convivial, autour d’un verre de l’amitié.
Cette rentrée politique au Castel marque ainsi le lancement de la mobilisation des Républicains dans la troisième circonscription du Gard en vue de l’élection présidentielle de 2027.
Entre soutien affirmé à Bruno Retailleau, volonté de rassemblement et inquiétudes sur la dispersion des candidatures, la droite républicaine gardoise entre en campagne avec une ambition clairement affichée : retrouver une place centrale dans le débat présidentiel.
Reste désormais à transformer cette mobilisation militante en dynamique électorale, alors que les discussions sur l’union de la droite et du centre promettent d’occuper une place majeure dans les prochains mois.
Le bureau des Républicains de la troisième circonscription du Gard
Le bureau local est composé de huit membres : Pascale Bories, Sophie Galateau-Lepere, Monick Tapissier, Aline Giner, Rémy Bachevalier, Frédéric Arthur, Julien Sinatra et Farès Orcet.



