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Bagnols-sur-Cèze : les visites décennales de Tricastin présentées aux élus et acteurs économiques du Gard rhodanien

Ce mardi 29 avril, la salle multiculturelle de Bagnols-sur-Cèze a accueilli une réunion stratégique d’envergure autour des prochaines visites décennales (VD4 en cours et VD5 à venir) de la centrale EDF de Tricastin. Acteurs économiques et représentants institutionnels étaient présents pour échanger sur les enjeux industriels, économiques et environnementaux de ces opérations majeures, lors d’une matinée organisée par Denis Brunel.

De nombreuses personnalités réunies
Parmi les participants : Philippe Berthomieu (représentant le maire de Bagnols), Yann Gérard (sous-préfet, secrétaire général de la préfecture du Gard), Jean-Christian Rey (président de l’agglomération du Gard rhodanien), Pierre Prat (président de la communauté de communes du Pont du Gard), Yves Cazorla (maire de Laudun-l’Ardoise) ainsi qu’Éric Giraudier (président de la CCI du Gard), entourés de plusieurs élus locaux.

Tricastin, un site tête de série
Dans son intervention, Cédrick Hausseguy, directeur d’EDF Tricastin, a rappelé que le site est en tête de série nationale pour les visites décennales 4 (VD4) et 5 (VD5). Le programme VD4 (2018-2028) représente 1,6 milliard d’euros d’investissement, et la VD5 (2029-2034) projette des travaux ambitieux, impliquant quatre départements, dont le Gard. Environ 5 % des achats, soit près de 200 millions d’euros par an, sont réalisés dans le Gard.

« Notre objectif est de dynamiser l’économie locale en favorisant les synergies avec les entreprises de rang 1 mais aussi avec les TPE et PME, » a souligné Cédrick Hausseguy. Il a également insisté sur l’importance de la formation, illustrée par la création du campus de Tricastin (2 000 m² pour 12 millions d’euros), pierre angulaire du lien entre la centrale et l’écosystème éducatif et industriel local.

L’ambition est claire : étendre l’autorisation d’exploitation des réacteurs au-delà de 80 ans, jusqu’en 2065, et, à plus court terme, obtenir l’implantation d’une paire d’EPR2 dès 2026.

Un territoire mobilisé derrière le nucléaire
Jean-Christian Rey a affirmé l’unanimité économique et politique locale derrière ces projets : « traverser le Rhône n’est pas un mur mais un pont. Nos frontières administratives sont bien loin des réalités économiques. » Il a rappelé que le dérèglement climatique, avec les crues récentes, impose une transformation des infrastructures et des politiques énergétiques locales, et a plaidé pour une plus grande visibilité donnée aux chefs d’entreprise du territoire.

Yann Gérard, au nom de l’État, a insisté sur le poids historique du nucléaire dans le Gard, soulignant l’importance de Marcoule, de Tricastin, du CEA, d’Orano, de Cyclife et désormais de Cyclium. Avec la labellisation « Territoire d’industrie » et la politique énergétique réaffirmée lors du conseil de politique nucléaire présidé par Emmanuel Macron, « le Gard est pleinement concerné par la construction de nouveaux réacteurs, la déconstruction et la rénovation », a-t-il précisé.

VD5 : un grand carénage pour le futur
Mme Guillot, cheffe de projet EDF pour la VD5, a apporté des précisions techniques : le grand carénage démarrera fin 2027 pour un arrêt de 18 mois, avec un objectif clair : renforcer la sûreté, réduire les nuisances, optimiser l’utilisation de l’eau et anticiper les impacts du changement climatique. « Il faut se projeter vers 2050 et être prêts à gérer des journées à plus de 50 degrés, » a-t-elle alerté.

Des entreprises locales prêtes à répondre
Julien Feja, du groupe D&S et représentant de Leader Occitanie et du Collectif, a salué la transparence d’EDF. Il a rappelé l’importance d’intégrer les PME locales de rang 2 dans les projets, notamment via la formation et la reconversion professionnelle. Avec des projets comme la future implantation potentielle de SMR à Marcoule, la dynamique industrielle du territoire est appelée à se renforcer.
La matinée a démontré une forte volonté collective : élus, acteurs économiques et industriels se montrent unis pour faire du Gard rhodanien un territoire moteur du renouveau nucléaire français. Entre défis climatiques, enjeux économiques et formation des talents de demain, la centrale du Tricastin et ses projets d’avenir apparaissent comme un levier stratégique pour toute la région.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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