À Pont-Saint-Esprit, le PS local s’interroge sur les choix budgétaires et la gouvernance municipale

La section locale du Parti socialiste de Pont-Saint-Esprit réagit au dernier conseil municipal tenu mercredi 14 mai. Si la séance s’est révélée principalement technique, plusieurs décisions et prises de parole du maire Claude Ségal ont soulevé de nombreuses interrogations du côté de l’opposition.
Une gestion jugée incohérente des finances locales
En premier lieu, les socialistes pointent une incohérence budgétaire. « Comment la municipalité trouve-t-elle 4 millions d’euros pour exproprier des propriétaires et réaliser les travaux à leur place, tout en affirmant que les caisses sont vides ? », s’interroge la section locale. Elle regrette un manque de transparence et appelle à un « discours sincère avec des orientations budgétaires assumées ».
Zone du futur collège : des zones d’ombre juridiques
Autre sujet d’inquiétude : le terrain destiné à accueillir le futur collège. Selon un récent jugement, il n’appartiendrait toujours pas à la commune mais à l’Établissement public foncier (EPF), malgré une transaction notariale datée de décembre 2023. Le PS local estime cette situation « inconcevable » et demande des éclaircissements. Il rappelle qu’un mandat avait été confié à l’EPF pour l’acquisition du terrain au nom de la commune, ce qui engagerait de toute manière la municipalité à honorer ses obligations contractuelles.
Des piques contre le maire et sa communication
Au-delà du conseil municipal, les socialistes s’attaquent également à la communication du maire. D’abord sur son bilan de la première année de mandat : ils rappellent que Claude Ségal figurait seulement en 16e position sur la liste conduite en 2024 par Gérôme Bouvier. « Est-ce là une confirmation d’une liste biaisée dès le départ et donc une mascarade ? », s’interroge le communiqué, dénonçant une tentative de réécriture de l’histoire locale.
Le PS épingle aussi une « autosatisfaction » qu’il juge déplacée au regard des résultats obtenus par Claude Ségal lors des municipales de 2014, où il avait recueilli 10 % des suffrages.
Gestion du risque inondation : des décisions incomprises
Le dossier sensible de la prévention des inondations n’échappe pas non plus à la critique. La section socialiste reproche à la municipalité de ne pas avoir lancé une étude hydraulique pourtant budgétée dès le début de 2024, avec un financement subventionné à 70 %. Cette étude prévoyait une modélisation des crues centennales, plus exigeante que celle privilégiée aujourd’hui, qui se limiterait à des occurrences décennales.
Quant aux ouvrages annoncés pour un montant de plus de 10 millions d’euros, le PS demande des précisions : « D’où vient ce chiffre ? » et suggère que l’intégration du projet dans le cadre d’AB Cèze permettrait de bénéficier de financements à hauteur de 50 % grâce à la loi Barnier. « Il y aura certes un coût pour la commune, mais en aucun cas du montant martelé par la majorité », affirme-t-il.
Un appel à dépasser les querelles personnelles
Enfin, les socialistes concluent en appelant les élus locaux à la responsabilité. « Les Spiripontaines et Spiripontains méritent des représentants engagés, compétents et tournés vers l’intérêt général. Il y en a assez de ces querelles d’ego », écrivent-ils. Une manière de recentrer le débat politique local sur l’action et non sur les rivalités personnelles.



