A la UneActualitésBagnols-sur-Cèze

Au Pont du Gard, les sapeurs-pompiers du Sud-Méditerranée unis face aux défis de demain, le Préfet du Gard renouvelle son soutien et sa confiance

Le 114e Congrès régional Sud-Méditerranée des sapeurs-pompiers s’est tenu au Pont du Gard, rassemblant les acteurs majeurs de la sécurité civile autour d’un mot d’ordre : unité, résilience et défense du volontariat. L’émotion et les appels à l’action ont rythmé les discours, dans un contexte de crise des moyens et de tensions croissantes sur le terrain.

Un modèle de solidarité à défendre

C’est Richard Di Guisto, président de l’Union départementale des sapeurs-pompiers du Gard, qui a ouvert les prises de parole avec une vision profondément humaine et associative : « Nous devons agir ensemble, comme une famille, peu importe notre grade ou notre ancienneté. » Il a fermement dénoncé les réformes budgétaires successives qui affaiblissent les capacités d’action : « Il faut d’abord répondre à cette question : quel niveau de sécurité voulons-nous en France ? C’est aux élus d’y répondre, et de se battre pour les moyens nécessaires. »

Il a aussi lancé un appel à la bienveillance et à l’amour du métier : « Soyez fiers, soyez bienveillants, entretenez l’héritage du passé. »

Une nostalgie engagée et un volontariat à réinventer

Le colonel Thierry Carret, directeur du Service départemental d’incendie et de secours du Gard (SDIS 30), a quant à lui remonté le temps : « Je vous parle avec 45 ans de souvenirs. On faisait déjà preuve de résilience, mais aujourd’hui les opérations complexes ont quadruplé. »

Il a insisté sur le rôle central du volontariat : « Ce qui nous permet de tenir, c’est l’envie de servir. Mais ce modèle s’essouffle. Il faut réinventer la formation : aujourd’hui, entre la candidature et la première intervention, il s’écoule jusqu’à 10 mois. C’est inadapté à notre époque. »

Préparer la saison estivale et dénoncer les violences

Alexandre Pissas, président du conseil d’administration du SDIS du Gard et maire de Tresques, a abordé trois axes essentiels : la préparation de la campagne feux de forêt, le déploiement du bataillon de l’ESCRIM à Mayotte suite au cyclone Shido, et la lutte contre les violences envers les pompiers.

Il a dénoncé les agressions récentes contre les soldats du feu : « Ce qu’il s’est passé en Haute-Savoie est scandaleux. Aucune violence ne doit être acceptée. » Il a aussi appelé à une meilleure coordination avec les forces de l’ordre et à l’élargissement de la vidéoprotection.

Un cri d’alerte de la région Sud-Méditerranée

Thierry Nutti, président de l’Union régionale Sud-Méditerranée, a livré un discours offensif, centré sur les valeurs de solidarité et de respect du volontariat. « On ne peut pas faire plus avec moins. Il faut des réponses concrètes des élus locaux sur le niveau de secours qu’ils souhaitent. »

Il a dénoncé la lenteur des formations, les quotas horaires trop restrictifs (600h/an) et le manque de reconnaissance institutionnelle : « Le volontariat est un miracle social. Il faut l’inscrire dans la Constitution. » Il a aussi mis en garde contre une uniformisation nord-sud des politiques de sécurité civile, alors que les réalités territoriales divergent fortement.

Un modèle à préserver, un avenir à bâtir

Eric Florès, vice-président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, a clos la série de discours en saluant la jeunesse engagée : « Il y a 26 500 jeunes sapeurs-pompiers en France. Ce sont eux notre avenir. » Il a rappelé la nécessité d’un renforcement du nombre de professionnels – de 42 000 à 50 000 – et évoqué la création d’une fédération européenne des pompiers, officialisée à Berlin.

Il a surtout dénoncé la différence de traitement entre les Jeux olympiques de Paris, pour lesquels les pompiers ont obtenu une dérogation aux 600 heures annuelles, et les périodes estivales dans le Sud : « Chaque été, c’est notre ‘Jeux olympiques’ ici, et pourtant aucune dérogation. »

La réponse de l’État : confiance mais vigilance

Le préfet du Gard, Jérôme Bonet, a conclu le congrès en assurant de son soutien aux pompiers du département : « J’ai confiance dans votre organisation. Il faut rester soudés, notamment dans les moments de crise. » Il a aussi évoqué la nécessaire recentralisation de certaines décisions autour des préfets, afin d’améliorer la réponse en matière de sécurité civile et de santé.

Il a proposé une réunion entre les préfets des 13 unions départementales de la région Sud-Méditerranée : « Pour faire bloc, et définir ensemble ce que doit être la sécurité civile. »

Un volontariat menacé mais vital

Ce congrès a été marqué par une lucidité partagée : le modèle français de sécurité civile, fondé sur le volontariat, traverse une période critique. Sous pression budgétaire, confrontés à une hausse des agressions, les sapeurs-pompiers appellent à un sursaut politique. Et surtout, à une question claire posée aux décideurs : quelle sécurité veut-on demain pour nos territoires ?

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page