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Les Cascades du Sautadet bientôt fermées au public ? Le cri d’alerte du camping Les Cascades

Ce mardi 27 mai, le propriétaire du camping Les Cascades, situé à La Roque-sur-Cèze, a tenu une conférence de presse pour lever le voile sur une situation jusqu’ici méconnue du grand public. À la tête de l’établissement depuis 17 ans, Timante Ranzato, propriétaire du camping fondé en 1974, indique détenir 80 % de la rive droite du site naturel très prisé des Cascades du Sautadet.

Une découverte inattendue

C’est à l’occasion du rachat d’une maison en surplomb du site que la famille Ranzato découvre l’étendue réelle de son emprise foncière : « 80 % de la rive droite sont des parcelles privées, passées de main en main au fil des décennies, mais aujourd’hui toutes réunies dans le giron du camping », affirme le propriétaire. Le choc est d’autant plus grand que ce territoire attire chaque année plus de 200 000 visiteurs, sans que les responsabilités juridiques ou de gestion ne soient partagées entre les acteurs publics et privés.

Des charges lourdes, un entretien à la charge du camping

Le camping découvre à l’automne 2024 qu’il doit assumer seul les coûts de débroussaillement (20 000 euros par an), de nettoyage, et du paiement de la redevance incitative liée aux déchets, alors que la commune continue de bénéficier des retombées économiques de l’exploitation du parking et de l’aire de camping-car. Selon Timante Ranzato, la mairie percevrait chaque année un chiffre d’affaires estimé à 350 000 euros liés à la fréquentation du site : « Et nous, sur tout ça, on ne touche pas un centime », déplore-t-il.

Au sujet des parking, Timante Ranzato assure également être « entrée en contact avec la DDTM (Direction Départementale des Territoires et de la Mer) qui aurait indiqué que le parking et l’air de camping car ne sont pas en conformité et doivent être mis en conformité ce que la municipalité refuserait pour l’heure de faire ».

Une fermeture partielle annoncée

Face à ce qu’il qualifie d’inaction des autorités municipales, le propriétaire du camping annonce une décision radicale : dès le mois de juin, une partie de la zone privée sera fermée au public par la pose d’un grillage agricole. Des panneaux « propriété privée » sont déjà installés, et des agents de sécurité devront être déployés (coût : 2 000 € par semaine). Un droit d’entrée de 3 € par personne pourrait être instauré afin de financer les travaux d’entretien et de sécurisation des lieux par les agents de sécurité, trop coûteuse pour l’heure.

« J’en ai marre d’être seul. C’est un cri d’alerte. Je suis insulté, menacé quand j’interviens en cas d’incident. Je dois aussi protéger mes clients qui se font importuner. Cela dure depuis plus de dix ans », lance le propriétaire, excédé.

Une proposition de vente refusée par la mairie

Pour sortir de cette impasse, la famille Ranzato avait proposé à la municipalité le rachat de ces 2 hectares pour 80 000 euros, auxquels s’ajoutaient 20 000 € d’obligations légales de débroussaillement et 15 000 € de clôture déjà réalisées, soit une proposition globale de 115 000 euros. « La mairie a refusé, et pourtant elle était parfaitement au courant de la situation. Elle a préféré ne rien dire et continuer à promouvoir un site dont elle ne gère que 20 % », accuse Timante Ranzato.

Vers un projet global porté par l’agglomération ?

Du côté de l’Agglomération du Gard rhodanien, un projet d’uniformisation du site est à l’étude, incluant le rachat de la rive droite et la gestion intégrée du stationnement. Jean-Christian Rey, président de l’agglomération, confirme : « Des discussions sont en cours. » Mais pour l’heure, aucun accord n’a été trouvé.

Un climat pesant

Parmi les griefs soulevés par la famille à la tête du camping figure aussi un épisode révélateur des tensions avec la mairie : « Il y a quelques semaines, nous avons installé un panneau indiquant la localisation du parking communal, situé 1 km plus loin, pour éviter que les visiteurs ne se garent chez nous, ce qui dérangeait la municipalité. Cela nous a coûté 600 €. La mairie est venue le démonter la semaine dernière, avant de finalement le remettre en place deux heures plus tard face à nos réclamations », relate Timante Ranzato.

Cette situation nous ronge la vie, conclut le propriétaire du camping au bord des larmes.

Contacté par notre rédaction, Robert Gauthier maire de la commune n’a pas souhaité réagir à la situation.

Du côté de la préfecture, on indique en réponse aux propriétaires du camping qui indiquaient que le parking et l’aire de camping car n’étaient pas aux normes : « A ce stade, aucune mise en demeure n’a été émise de la part des services de l’État. L’aire de camping-car communale étant située en zone de risque inondation, la DDTM a demandé à la commune d’en modifier la gestion afin que ça devienne uniquement un parking de jour pour camping-car, fermé la nuit ».

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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