Laudun célèbre son accession au rang de cru : un nouveau chapitre pour le vignoble

Le jeudi 5 juin 2025 restera une date marquante dans l’histoire viticole de Laudun. Le Mas de So, magnifique domaine niché sur les hauteurs de la commune, a accueilli une soirée exceptionnelle organisée par le syndicat des vins de Laudun pour célébrer une reconnaissance attendue depuis longtemps : l’accession de l’appellation Laudun au rang de cru, devenant ainsi le 18e de la Vallée du Rhône.
Dans une ambiance festive et émue, Luc Pélaquié, président de l’association des vignerons de Laudun, a accueilli vignerons, élus, professionnels du vin et amis du terroir pour une cérémonie empreinte de fierté et d’histoire. Il a rappelé que ce moment, bien qu’annonçant un avenir prometteur, s’inscrivait aussi dans une longue mémoire collective. « Il y a 70 ans, un jugement à Uzès sacrait déjà Laudun en AOC », a-t-il rappelé, non sans émotion. Mais cette reconnaissance fut à l’époque incomplète : « Malgré ce jugement, le baron Leroy, soucieux de protéger le territoire historique des Côtes du Rhône, s’opposait à la reconnaissance des vins de notre appellation. » S’en sont suivies, au fil des décennies, des périodes d’incompréhension et de déception.
Ce n’est que justice, selon lui, que Laudun rejoigne aujourd’hui les crus de la Vallée du Rhône. « L’obtention du cru, c’est la clôture d’un premier chapitre. D’autres restent à écrire. » Pour Luc Pélaquié, cette consécration n’est pas une fin, mais un engagement : « Ce statut est le Graal. Il implique une qualité sans compromis. À nous désormais de démontrer que nous sommes à notre place. »
Pour sceller cette reconnaissance dans le marbre du patrimoine local, l’association des vignerons a offert à la municipalité un tableau du peintre Albert André représentant la maison de Rémi Nogier, président du syndicat des vignerons durant plus de vingt ans. Un geste symbolique, qui lie l’histoire à l’avenir, les hommes à leur territoire.

Parmi les prises de parole marquantes, celle du maire de Laudun-l’Ardoise, Yves Cazorla, a souligné la portée historique de cette reconnaissance : « C’est un grand honneur d’avoir désormais un cru au cœur même de notre terroir. C’est une reconnaissance méritée pour toute la viticulture locale. » Il a salué un « hommage vibrant au travail et à la ténacité » des anciens comme des plus jeunes, insistant sur le fait qu’il n’y avait « aucun hasard dans cette reconnaissance, fruit de la rigueur et de la passion. »
Le maire a rappelé que Laudun devenait le troisième cru gardois reconnu, après Lirac et Tavel, consolidant ainsi la place du Gard rhodanien sur la carte des plus grands vins. Il a tenu à associer à cette réussite « le travail collectif du syndicat des vignerons, des collectivités, des chambres consulaires et de l’ensemble des professionnels du secteur. »
Au-delà de la dimension symbolique, ce nouveau statut est porteur d’avenir. « Les vignerons portent la terre à bout de bras. Malgré les crises qui les frappent depuis des années, ils sont restés fidèles à leur engagement et n’ont jamais renoncé. » Pour Yves Cazorla, ce cru ouvrira de nouvelles perspectives de visibilité, de valorisation, et insufflera un nouvel élan à une culture viticole « durable et qualitative ».
La soirée s’est poursuivie dans un esprit de partage autour de dégustations commentées, de mets locaux, de musique et d’échanges chaleureux entre passionnés. Elle restera comme un moment fondateur, à la fois point d’arrivée d’un long parcours et point de départ d’un avenir ambitieux pour les vins de Laudun.
Une consécration qui n’est pas seulement technique ou administrative, mais profondément humaine, collective, et enracinée dans l’amour du terroir.



