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À Marcoule, Orano investit 300 millions d’euros dans le programme GoMox pour sécuriser la production de MOX jusqu’en 2040

Ce vendredi 6 juin, l’usine Orano Melox, implantée sur le site nucléaire de Marcoule, a accueilli une matinée de présentation du programme GoMox, en présence de la présence et du personnel de direction du site et du projet. Porté par le groupe Orano, ce projet colossal vise à moderniser et renforcer la production de combustible MOX, un enjeu stratégique pour la filière nucléaire française.

Un investissement industriel massif

Présent sur place, Christian Leprunier, directeur du programme GoMox, insiste : « C’est un programme d’investissement majeur, qui mobilisera environ 180 à 200 personnes en ingénierie, auxquels s’ajoutent 300 équivalents temps plein chez les sous-traitants sur une durée de huit ans. »

Le chantier ne se limite pas à la seule construction d’équipements : il s’appuie aussi sur la montée en compétences des équipes. « 50 % des ingénieurs embauchés ont moins de 35 ans. L’école des métiers, inaugurée en 2024 à Melox pour un coût de 20 millions d’euros (dont 25 % financés par le plan France Relance), joue un rôle clé dans cette dynamique », poursuit Christian Leprunier. Orano emploie aujourd’hui 2 300 collaborateurs, un effectif en nette hausse, dont 800 répartis entre Bagnols-sur-Cèze et Pierrelatte.

Trois nouvelles machines géantes d’ici 2030

Le cœur du projet GoMox repose sur l’intégration de trois nouvelles boîtes à gants – des machines étanches, interconnectées, utilisées pour manipuler les poudres de MOX à distance. Ces équipements de 10 mètres par 10, pesant chacun 50 tonnes, viendront renforcer la chaîne de production existante.

Arnaud Capdepon, directeur de l’usine Orano Melox, précise : « Il existe déjà 250 boîtes à gants, de tailles très variées, certaines atteignant 40 mètres de long ou étant installées en hauteur, en ligne. Depuis l’ouverture de l’usine en 1990, une seule boîte à gants avait été ajoutée. Voir trois nouvelles machines arriver est donc un événement industriel exceptionnel, rendu possible par les espaces réservés à la construction initiale. »

Ces nouvelles installations ne visent pas à remplacer, mais à doubler certaines lignes, notamment pour permettre la maintenance des équipements actuels, désormais âgés de 30 ans. Depuis 1990, plus de 3 000 tonnes de combustibles ont été recyclées sur le site de Melox.

La visite de la première boîte à gants

La matinée s’est conclue par une visite exclusive de la première des trois boîtes à gants, dédiée au mélange secondaire. Testée dans un hall spécifique construit pour l’occasion, elle sera transférée dans l’usine après l’été, puis mise en service d’ici deux ans. Pour faciliter son intégration, elle a été découpée en quatre grandes parties, comme un Lego géant. Son montage définitif prendra 18 mois.

Jérôme Bruyère, responsable ingénierie, précise : « Cette première machine permet de réaliser le mélange secondaire, soit 80 kg de poudre par jarre. La deuxième boîte, prévue pour 2027, sera dédiée au concassage et retraitement des pastilles non conformes – un processus qui permet de réintroduire 90 % des matières dans la chaîne. Enfin, la troisième machine, attendue à l’horizon 2029, réalisera le mélange primaire de sept à huit chars de poudres, pour garantir une homogénéité optimale. »

Le MOX, levier du recyclage nucléaire

Produit à Melox, le MOX est un combustible nucléaire recyclé, fabriqué à partir d’un mélange d’uranium appauvri, de plutonium et de matières issues du retraitement. Une fois compactée en pastilles, la poudre est insérée dans des crayons combustibles, assemblés en faisceaux.

« Deux pastilles de MOX représentent l’énergie d’une tonne de pétrole », rappelle Jérôme Bruyère, responsable ingénierie. Chaque assemblage alimente une ville de 100 000 habitants pendant un an. Aujourd’hui, en France, une ampoule sur dix fonctionne grâce à ce combustible recyclé, ce qui permet d’économiser 10 % d’uranium naturel. « C’est un savoir-faire unique, et le fruit d’un engagement collectif », conclut Arnaud Capdepon.

Avec le programme GoMox, Orano confirme sa volonté de poursuivre l’innovation au service de l’économie circulaire nucléaire, en assurant la pérennité de l’usine de Melox bien au-delà de 2040.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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