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Mobilisation viticole à Bagnols-sur-Cèze : des agriculteurs dénoncent les propos jugés « honteux » d’un cadre d’Aldi et déversent des sarments aux entrées des enseignes Aldi

Ce mercredi 18 juin au lever du soleil, plusieurs dizaines d’agriculteurs du Gard rhodanien ont convergé vers Bagnols-sur-Cèze pour exprimer leur colère. En cause : les récentes déclarations de Roger Anthony, responsable achat vins du groupe Aldi, dans une interview accordée au média spécialisé Vitisphère. Ce dernier y affirmait que « À 1,99 € un bordeaux ou un côtes-du-rhône, c’est encore rémunérateur, on respecte le viticulteur ». Des propos jugés profondément « honteux » par la profession.

En réaction, les agriculteurs ont décidé de passer à l’action. À l’appel de la section départementale des Jeunes Agriculteurs, ils ont déversé ce matin une partie des 4000 hectares de pieds de vigne arrachés dans le Gard dans le cadre de la campagne d’aide à l’arrachage volontaire. Symboliquement, ce sont donc des centaines de kilos de bois, récemment arrachés de leurs terres, qui ont été déversés en plein cœur de la ville, aux entrées des deux magasins Aldi situés le long de la RN580 et zone du Fangas.

« Puisque c’est si rémunérateur, qu’il vienne les récupérer lui-même! » s’indigne Pierre Vidal, vice-président des Jeunes Agriculteurs dans le Gard. « On est en train d’arracher des vignes entières parce qu’on ne peut plus tenir économiquement. Et lui, depuis un bureau, vient nous expliquer que vendre notre vin à moins de deux euros la bouteille, c’est respectueux ? C’est une insulte à notre métier et à nos efforts. »

Selon le syndicat, le prix de l’hectolitre de vin est actuellement inférieur à 100 €, bien loin des 140 € nécessaires, selon eux, pour couvrir les coûts de production et assurer une rémunération décente. « Ce n’est pas seulement une crise conjoncturelle, c’est structurel. Et entendre des distributeurs confortablement installés nous dire qu’on s’en sort bien avec ces tarifs, c’est indécent. Entre la TVA, le prix de l’étiquette et de la bouteille en verre, il ne reste déjà plus rien pour un prix de vente à 2€. »

Les manifestants réclament une prise de conscience de la part des acteurs de la grande distribution, mais aussi un soutien accru des pouvoirs publics.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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