Bagnols-sur-Cèze : en votant contre les comptes de gestion et administratifs, Michel Cegielski rompt les rangs lors du conseil municipal de Bagnols

Ce mercredi 25 juin s’est tenue la dernière séance du conseil municipal de Bagnols-sur-Cèze avant la pause estivale. Avec 49 délibérations à l’ordre du jour, la session s’annonçait dense. Parmi les points de vigilance, la position de Michel Cegielski, adjoint à la culture, élu depuis 2008 aux côtés de Jean-Christian Rey puis de Jean-Yves Chapelet, suscitait l’attention.
Les réponses attendues sont arrivées plus tôt que prévu. En effet, celui qui fut tour à tour adjoint aux finances, aux sports puis à la culture, a voté contre la troisième délibération, portant sur le compte de gestion 2024 du budget principal et des budgets annexes. Il s’est également opposé aux autres délibérations à caractère budgétaire.
Dans cette troisième délibération, on apprend notamment que le résultat de clôture de la section d’investissement au 31 décembre 2024 fait apparaître un écart de 304 319,52 €. Un écart que Jean-Yves Chapelet explique par « l’apurement sur 10 ans du compte 1069, représentant une correction progressive du solde, à hauteur de 38 039,94 € chaque année jusqu’en 2032 ».
Le compte de gestion affiche les résultats de clôture suivants :
- Résultat de fonctionnement : 3 554 936,92 €
- Résultat d’investissement : -6 962 726,43 €
- Résultat définitif 2024 : -3 407 789,51 €
Ces résultats sont à considérer avant intégration du reste à réaliser.
Le compte administratif 2024 de la Ville, présenté lors du même conseil, fait état d’un budget principal de 37,39 M€ en recettes pour 38,61 M€ en dépenses, soit un solde de gestion négatif de -1,21 M€. Après reprise des résultats antérieurs, le résultat de clôture s’élève à -3,1 M€, avec un excédent de fonctionnement de +3,55 M€ qui ne compense pas le déficit d’investissement de -6,65 M€.
En tenant compte des restes à réaliser, 2 214 100,39 € en dépenses et 7 475 873,83 € en recettes, le besoin de financement s’établit à hauteur de 1 396 633,47 €. L’excédent de fonctionnement à reporter s’élève donc à hauteur de 2 158 303,45 €.
Les recettes de fonctionnement atteignent 29,56 M€, avec un taux de réalisation de 99,20 %. Elles proviennent majoritairement de la fiscalité locale (14,81 M€), des dotations et participations (7,96 M€), et des impôts et taxes (3,72 M€). S’ajoutent les remboursements de charges (122 805 €), les produits des services (1,61 M€), ainsi que des produits exceptionnels et de gestion courante.
Côté dépenses, la section de fonctionnement atteint 27,86 M€, dont 26,80 M€ effectivement réalisés, soit plus de 95 % du budget. La municipalité se félicite d’une maîtrise des dépenses malgré les hausses structurelles liées aux effectifs, à l’inflation et aux coûts énergétiques. Les charges de personnel s’élèvent à 14,87 M€, représentant 55,51 % des dépenses réelles de fonctionnement, en hausse de +9,91 % par rapport à 2023, en raison des revalorisations salariales et de la prime inflation.
Les autres postes de dépenses notables incluent :
- Les charges à caractère général : 6,87 M€
- Les charges de gestion courante : 4,21 M€ (+24 %)
- Les charges financières : 814 000 €, liées à de nouveaux emprunts
La section de fonctionnement dégage un excédent de 1,71 M€, porté à 3,55 M€ après reprise des résultats antérieurs.
En investissement, les recettes atteignent 7,83 M€, dont 2,41 M€ de dotations, 3,64 M€ d’emprunts et 447 000 € de subventions. Les dépenses s’élèvent à 10,75 M€, principalement composées de dépenses d’équipement (8,12 M€, soit 75,57 %), avec des opérations phares comme les travaux à la salle La Pyramide (2,48 M€), la réfection de voirie (407 000 €), le programme de sobriété énergétique (396 000 €), ou encore les études pour la requalification de l’avenue Vigan-Braquet (103 000 €).
Le remboursement en capital de la dette représente 2,62 M€. Le résultat d’investissement affiche un déficit de -2,91 M€, porté à -6,65 M€ après intégration du déficit reporté de 2023 (-3,74 M€).
L’encours de la dette s’élève à 21,25 M€ au 31 décembre 2024, en légère augmentation (+1 M€) après deux années de désendettement. Le taux d’endettement atteint 71,85 % des recettes réelles de fonctionnement, proche de celui de 2023 (70,73 %), et reste en dessous du seuil critique. L’épargne brute est de 2,76 M€, soit un taux de 9,34 %, en baisse par rapport à 2023 (13,17 %). Le ratio de solvabilité s’établit à 7,69 ans, un niveau encore acceptable selon les standards de la Charte de Bonne Conduite.
La justification de Michel Cegielski à son opposition :
« Aujourd’hui, j’ai voté contre.
Parce que les chiffres ne sont pas bons.
Le compte administratif, c’est-à-dire l’ensemble des recettes et dépenses réalisées par la ville en 2024, présente notamment un déficit d’investissement de plus de 6 millions d’euros. Une situation déjà inquiétante en soi.
Mais ce qui m’alerte davantage, c’est que dès le vote du budget, une modification budgétaire est demandée. Cela traduit une réelle fragilité et interroge sur la sincérité même de notre trajectoire financière.
On ne peut pas continuer à valider des projets non prioritaires – comme, par exemple, la passerelle “Maïa”, mal comprise et mal acceptée par la population. Je sais ce que gérer une collectivité veut dire. Et c’est justement au nom de cette exigence de sérieux que j’ai voté contre», conclut Michel Cegielski.



