Synthevert, pionnier de l’éco-extraction végétale à Roquemaure, a accueilli les élus locaux pour présenter ses défis et ses innovations dans un secteur en pleine expansion.

Implantée depuis plus de vingt ans dans la zone industrielle de l’Aspre à Roquemaure, l’entreprise Synthevert est l’un de ces fleurons discrets de l’économie locale qui allient innovation, écologie et savoir-faire industriel. Cette société gardoise, fondée en 2002 par Olivier Thévenard et Isabelle Fructus, tous deux issus du monde de la cosmétique, s’est spécialisée dans la fabrication d’extraits végétaux destinés aux secteurs agroalimentaire, pharmaceutique, cosmétique et des compléments alimentaires.
Une visite pour comprendre les enjeux du terrain
Soucieux de maintenir un ancrage territorial fort, le sénateur Denis Bouad, accompagné de Mme le Maire Nathalie Nury, s’est rendu dans les locaux de l’entreprise. Olivier Thévenard, dirigeant de Synthevert, leur a présenté la société avant de les guider dans une visite complète des ateliers de production.
Cette rencontre s’inscrit dans une démarche de dialogue entre les acteurs économiques locaux et les responsables politiques, permettant à ces derniers de mieux appréhender les réalités du terrain et les défis auxquels font face les entreprises innovantes du territoire.
Des préoccupations réglementaires exprimées
Pour Olivier Thévenard, cette visite était l’occasion d’exprimer ses préoccupations concernant l’environnement réglementaire : « Il est important d’expliquer à nos femmes et hommes politiques et aux parlementaires en particulier que, parfois, nous avons la sensation que tout est fait pour nous empêcher d’avancer. Notamment sur la combinaison des réglementations européennes et nationales qui nous font devenir moins compétitifs sur un marché en plein essor. »
Le dirigeant a également souligné les problèmes de concurrence déloyale dans le secteur : « Le secteur n’est pas suffisamment contrôlé et on se retrouve parfois en concurrence avec des produits dont la qualité laisse largement à désirer. » Face à ces préoccupations, le sénateur Denis Bouad s’est montré à l’écoute et a proposé à Olivier Thévenard de donner des suites concrètes à ces échanges en interpellant le gouvernement sur ces sujets.
Une approche innovante et écologique
Dans ses ateliers de 1 000 m², installés sur un terrain d’un hectare et demi, Synthevert traite chaque année près de 300 tonnes de végétaux achetés très majoritairement en France et en Europe. Cette matière première est transformée en actifs naturels à forte valeur ajoutée grâce à des procédés respectueux de l’environnement.
À contre-courant des procédés chimiques traditionnels, l’entreprise a fait le pari des techniques d’éco-extraction, utilisant des solvants d’origine naturelle, biologiques lorsque cela est possible. Cette démarche innovante, saluée par les professionnels du secteur, s’accompagne d’une traçabilité complète de la plante jusqu’au produit fini, garantissant ainsi la qualité et l’origine des extraits produits.
Une entreprise en bonne santé mais confrontée aux défis du recrutement
Aujourd’hui, Synthevert emploie une équipe de 7 personnes et affiche une santé financière solide. L’entreprise a su se faire reconnaître comme fabricant de qualité et exporte ses produits dans 3 pays européens, témoignant de son rayonnement au-delà des frontières françaises.
Toutefois, comme beaucoup d’entreprises industrielles, Synthevert fait face à des difficultés de recrutement. Olivier Thévenard a fait part de ce défi aux élus : « Nous ne demandons pas forcément de personnel qualifié. Nous avons besoin de gens motivés prêts à s’investir. Nous nous occupons de les former. Mais nous avons du mal… »
Cette problématique, commune à de nombreuses entreprises du territoire, illustre les tensions actuelles sur le marché du travail et la nécessité d’adapter les politiques d’emploi aux réalités locales.
Un engagement reconnu par les élus
L’engagement environnemental de Synthevert et sa contribution à l’économie locale n’ont pas manqué d’attirer l’attention des élus. Le sénateur du Gard Denis Bouad ainsi que le maire de Roquemaure, Nathalie Nury, ont salué le dynamisme de l’entreprise, son ancrage territorial et son exemplarité écologique.
Cette reconnaissance institutionnelle souligne l’importance d’entreprises comme Synthevert dans le tissu économique local et leur rôle de pionniers dans la transition écologique industrielle.
Un modèle pour l’avenir
À l’heure où de nombreuses entreprises cherchent à verdir leurs bilans et à réduire leur impact environnemental, Synthevert démontre de manière concrète que performance économique et respect de l’environnement peuvent aller de pair. Cette entreprise locale pionnière trace discrètement, depuis Roquemaure, un chemin d’avenir pour l’industrie française.
Son exemple illustre parfaitement les enjeux actuels de l’industrie française : innover tout en respectant l’environnement, maintenir la compétitivité face à la concurrence internationale, et contribuer au développement économique des territoires. La visite des élus témoigne de l’importance d’un dialogue constructif entre les acteurs économiques et politiques pour relever ces défis collectivement.



