François Bayrou sur la base de Nîmes : “On a quasiment doublé les moyens aériens”

Le Premier ministre s’est rendu ce mercredi 6 août au soir au Centre National de Coordination Avancé de la Sécurité Civile (CNCASC) de Nîmes-Garons, après une journée consacrée au méga-feu de Ribaute dans l’Aude.
Une catastrophe d’ampleur exceptionnelle
François Bayrou a d’emblée souligné la gravité de la situation dans l’Aude : “C’est un événement dont l’ampleur dépasse tout ce qu’on avait connu depuis plus de 60 ans et qui va même être supérieur à ce qu’on avait connu en 2022 en Gironde”. L’incendie de Ribaute se révèle effectivement d’une intensité inédite, selon les équipes présentes sur le terrain qui “n’ont jamais connu un incendie qui allait aussi vite pour dévorer la garrigue, la forêt, les centaines, les milliers d’hectares”.
Des progrès spectaculaires en disponibilité
Le déplacement du Premier ministre, accompagné du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau et du ministre François-Noël Buffet, visait à rencontrer les équipes de maintenance et de pilotage de la sécurité civile. L’occasion de mettre en avant une amélioration remarquable : la disponibilité des moyens aériens.
“L’an dernier, à la même époque, la disponibilité était de l’ordre d’à peine 50%. Et cette année, grâce au travail qui a été conduit ici par les équipes de la maintenance et par les équipes de la sécurité civile, la disponibilité est de l’ordre de 90%”, a précisé François Bayrou.
Cette progression représente un quasi-doublement des moyens opérationnels “sans investissement supplémentaire”, soulignant l’efficacité du travail mené par les équipes techniques de la base gardoise.
Le rôle crucial des moyens aériens
Face aux contraintes du terrain – “reliefs dangereux, escarpés, difficiles” – les moyens aériens s’avèrent “absolument cruciaux”. Au moment de la visite, “près d’une dizaine d’avions et d’hélicoptères” étaient mobilisés contre l’incendie audois.
Le groupement des moyens aériens de la DGSCGC dispose actuellement de 60 aéronefs (23 avions et 37 hélicoptères) avec 450 personnels, répartis sur 24 bases dont 3 en outre-mer. Son budget annuel de fonctionnement s’élève à 120 millions d’euros.
Renforcement de la flotte et projets industriels
Le gouvernement poursuit ses efforts d’équipement avec l’acquisition de 2 nouveaux Canadair financés par l’Union Européenne, “puis bientôt 4 Canadair de plus”. Au-delà des achats, François Bayrou interrogé par la rédaction de TV Sud Magazine sur le soutien aux entreprises proposant des alternatives aux Canadairs, a évoqué un projet plus ambitieux : “Nous travaillons aussi à l’idée de reconstituer une filière de production de Canadair en France, si c’est possible.” En 2024, le soutien à ces entreprises était de 11M€ nous indique François Noël Barrot en apparté.
Cette démarche s’inscrit dans une logique de souveraineté industrielle, le Premier ministre confirmant que l’État entend accompagner les start-up françaises qui développent des alternatives aux Canadair traditionnels, notamment en Bretagne et à Bordeaux.
Un centre névralgique pour la coordination
La visite du CNCASC a permis de découvrir le centre opérationnel où se prennent les “choix stratégiques d’envoi des moyens aériens”. Cette structure, véritable cerveau de la lutte aérienne contre les feux de forêt, coordonne le déploiement des aéronefs sur l’ensemble du territoire national.
Les données présentées lors de la visite témoignent de l’intensité de l’activité : pour la seule année 2025, 9360 feux ont déjà été recensés, mobilisant 1952 heures de vol et nécessitant le largages de 2247 tonnes d’eau par les moyens ABE (Avions Bombardiers d’Eau).
Un message de “confiance et de gratitude”
Au-delà des aspects techniques et logistiques, François Bayrou a tenu à saluer l’engagement des personnels : “Ces pilotes tiennent entre leurs mains le sort de milliers de personnes”. Un hommage rendu à des équipes dont la formation et le dévouement constituent, selon lui, un atout majeur pour la sécurité civile française.
Cette visite s’inscrit dans la continuité des efforts déployés face aux défis croissants du changement climatique, l’exécutif affichant sa détermination à adapter les moyens de l’État aux nouveaux enjeux de la lutte contre les incendies.



