Contrat de ville du Gard rhodanien : un nouvel appel à projets tourné vers le lien social et l’émancipation

La politique de la ville poursuit son engagement sur le territoire du Gard rhodanien. Ce jeudi soir, à Pont-Saint-Esprit, élus, représentants de l’État, du Département et du monde associatif se sont réunis pour le lancement de l’appel à projets 2026 du Contrat de ville du Gard rhodanien. L’occasion de dresser le bilan de la programmation 2025 et de rappeler les priorités à venir pour les quartiers prioritaires de Bagnols-sur-Cèze et Pont-Saint-Esprit.
Deux quartiers au cœur du dispositif
La nouvelle géographie prioritaire, actualisée fin 2023, confirme l’engagement de la communauté d’agglomération du Gard rhodanien sur deux secteurs : les quartiers Les Escanaux – La Citadelle – La Coronelle – Vigan Braquet à Bagnols-sur-Cèze (4 396 habitants) et le centre ancien de Pont-Saint-Esprit (1 287 habitants). Ces territoires concentrent des fragilités économiques et sociales particulièrement marquées : un taux de pauvreté de 57 % à Bagnols et de 42 % à Pont-Saint-Esprit, une part importante de familles monoparentales (près de 30 %), et une proportion élevée de demandeurs d’emploi faiblement qualifiés.
Face à ces constats, le contrat de ville vise à réduire les écarts de développement, améliorer le cadre de vie, favoriser l’accès aux services publics et restaurer le lien social.
En 2025, 63 projets ont été financés sur 78 déposés, dont 50 portés par des associations, pour un montant total de 328 630 € de subventions accordées, soit 48 % des demandes.
Verah Randrianasolonandrasana : « Notre centre ancien ne doit pas être vu comme un quartier à part, mais à part entière »
Dans son allocution, Verah Randrianasolonandrasana, adjointe au maire de Pont-Saint-Esprit, a insisté sur la dimension humaine et collective de la démarche :
« Notre quartier du centre ancien constitue le cœur battant de notre ville, par sa diversité, sa richesse humaine et patrimoniale. Mais il faut le dire avec lucidité : il fait face à des défis importants — précarité sociale, isolement, emploi, logement, sentiment d’insécurité, santé mentale, perte de confiance envers les institutions. »
L’élue a salué le rôle des associations et des habitants dans cette reconstruction sociale :
« La réussite viendra du terrain et non seulement d’en haut. La parole des habitants du centre ancien est désormais entendue et intégrée dans les choix du contrat de ville. »
Elle a également annoncé une hausse de 20 % de la dotation communale allouée aux associations, portant l’enveloppe à 30 000 euros pour 2025 :
« C’est un choix fort, à contre-courant du contexte économique, pour maintenir nos ambitions envers les plus fragiles. »
Michèle Fond-Thurial : « Le lien, c’est le nerf de la guerre »
À ses côtés, Michèle Fond-Thurial, adjointe au maire de Bagnols-sur-Cèze et vice-présidente de l’agglomération du Gard rhodanien, a livré un message empreint de réalisme et d’expérience.
« Cet appel à projets sera le dernier de la mandature. En cinq ans et demi, j’ai vu l’investissement formidable des associations. Le contrat de ville n’a de sens que s’il répond réellement aux besoins des habitants. »
L’élue a insisté sur la nécessité d’adapter les actions :
« Certaines initiatives ne donnent pas les résultats espérés, ce n’est pas grave : il faut en imaginer d’autres. Parfois, les besoins sont simples : créer du lien, embellir un cadre de vie, apprendre à réagir face à un incendie dans une tour. »
Elle a rappelé l’importance du lien social, transversal à toutes les thématiques :
« Qu’il s’agisse de santé, de numérique ou d’emploi, le lien est le fil conducteur. Il faut rassembler les habitants autour d’objectifs communs, d’activités éducatives, sportives ou culturelles. »
Pour Michèle Fond-Thurial, la politique de la ville n’est pas un luxe mais une nécessité :
« Certains disent que cela coûte cher et ne sert à rien. Je leur réponds que sans cette politique, nous aurions des difficultés bien plus graves. »
Des priorités réaffirmées : santé, emploi, cadre de vie et citoyenneté
Le diaporama présenté par les services de l’agglomération a détaillé les axes structurants du Contrat de ville :
- L’émancipation, par la réussite scolaire, la parentalité et la mixité sociale à travers le sport et la culture ;
- Les transitions, avec des actions autour de la santé mentale, du tri des déchets, de la végétalisation et de la lutte contre l’illectronisme ;
- L’emploi et l’insertion, avec un accent sur l’entrepreneuriat, l’apprentissage du français et le développement des passerelles vers l’emploi ;
- La tranquillité publique, par la prévention du décrochage et le renforcement du vivre-ensemble.
Le Département du Gard et l’État rappellent leur soutien
Le représentant du Département du Gard, chargé de la mission Politique de la ville, a rappelé que le département mobilise environ 4 millions d’euros par an sur ce volet :
« Le Gard fait partie des rares départements encore signataires des contrats de ville. Notre action s’inscrit dans le schéma départemental des solidarités sociales et se concentre sur le lien social, la prévention spécialisée et la médiation. »
De son côté, le sous-préfet du Gard, Mathias Nieps, a souligné la dimension partenariale et pragmatique de cette politique publique :
« La politique de la ville, c’est la rencontre entre les ambitions des partenaires publics et l’énergie des associations. Nous avons besoin de votre capacité à identifier les besoins de terrain. »
Il a également abordé les aspects techniques du futur appel à projets, avec la volonté d’assurer une meilleure continuité des financements :
« Pour éviter que les associations ne suspendent leurs actions en début d’année, nous allons réserver 10 à 15 % de l’enveloppe précédente pour garantir des financements transitoires dès janvier. »
Une politique de la ville renouvelée jusqu’en 2030
Le Contrat de ville du Gard rhodanien, prolongé jusqu’en 2030, continuera de s’appuyer sur la mobilisation de tous les partenaires — communes, agglomération, département, région et État — pour renforcer la cohésion sociale et réduire les inégalités territoriales.



