Féminicide de Laetitia : la famille porte plainte contre X et met en cause le foyer de Pont-Saint-Esprit

Près de deux semaines après le meurtre atroce de Laetitia, 37 ans, autiste et résidente du foyer pour adultes handicapés Lou Ventabren à Pont-Saint-Esprit, la famille de la victime a décidé d’engager une procédure judiciaire. Par l’intermédiaire de leurs avocats, Maîtres Joshua Kafil et Jean-Christophe Basson-Larbi, les proches de Laetitia ont déposé une plainte contre X avec constitution de partie civile pour assassinat aggravé, complicité d’assassinat aggravé, recel de cadavre et homicide involontaire.
Le foyer de vie où résidait la jeune femme, ainsi que la grand-mère du meurtrier présumé, sont expressément mis en cause.
Un drame d’une violence extrême
« Dans la nuit du 8 au 9 octobre 2025, Laetitia a été tuée dans sa chambre, au sein même de l’établissement censé assurer sa sécurité », introduit le communiqué de presse. « Son ancien compagnon, Anthony S., s’est introduit clandestinement dans les locaux avant de s’acharner sur elle avec une violence inouïe. Touchée à la carotide, la victime n’a eu aucune chance de survie », poursuivent les conseils de la famille de Laetitia.
L’auteur présumé, qui n’avait jamais accepté leur rupture, la harcelait depuis des mois : intrusions au foyer, vidéos publiées sur les réseaux sociaux, appels incessants. Quelques minutes après le meurtre, il envoyait un SMS glaçant au père de Laetitia — « Hervé, je suis désolé. Je t’aime » — avant de poster un dernier message sur le réseau social Instagram : « Je suis mort de solitude avec ma chérie. Adieu. »
Anthony S. a ensuite transporté le corps de la victime dans le coffre de sa voiture et s’est rendu dans la propriété de sa grand-mère, à Cornillon, où le cadavre a été découvert à l’aube par les gendarmes.
Des manquements graves pointés du doigt
Selon la famille, le foyer Lou Ventabren connaissait la dangerosité d’Anthony S. L’établissement lui avait formellement interdit l’accès après plusieurs incidents et avait même instauré un accompagnement renforcé pour Laetitia lors de ses sorties.
Pourtant, le 8 octobre, l’homme a pu pénétrer une première fois dans les lieux, aidé par sa grand-mère invitée à un pot de départ. Ce « repérage macabre », selon les avocats, a précédé le meurtre de quelques heures seulement. Laetitia avait d’ailleurs confié à sa mère son soulagement d’être séparée de lui et son intention de fermer sa porte à clé avant de dormir.
Une plainte pour “que toute la lumière soit faite”
Les conseils de la famille regrettent que le parquet « semble se cantonner à la piste confortable mais fausse d’un simple féminicide sans préméditation ». Ils dénoncent un « service minimum » dans les investigations et appellent à élargir les responsabilités pénales, notamment en ce qui concerne la sécurité du foyer et les possibles complicités.
La plainte déposée ce 22 octobre vise à obtenir l’ouverture d’une instruction judiciaire complète. Une copie a été transmise au parquet de Nîmes pour « favoriser la manifestation de la vérité ».
Une marche blanche à Bagnols-sur-Cèze
En hommage à Laetitia, sa famille a annoncé l’organisation d’une marche blanche pacifique, silencieuse et apolitique le samedi 1er novembre à à Bagnols-sur-Cèze, ville d’origine de la victime, avec pour mot d’ordre : « Justice pour Laetitia ». Une marche qui devrait avoir lieu dans l’après midi, selon les dernières informations fournies à la rédaction de TV Sud Magazine.
« Nous sommes déterminés à ce que justice soit rendue, et à ce qu’aucun adulte handicapé ne soit plus jamais assassiné dans un établissement censé le protéger », déclare la famille dans le communiqué.



