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La CCI du Gard présente « Perspectives Gard 2030 » : un cap collectif pour l’avenir économique du département

Mercredi 5 novembre, à la Maison des entreprises de Nîmes, la Chambre de commerce et d’industrie du Gard a dévoilé la démarche “Perspectives Gard 2030”, un vaste travail de prospective économique mené durant près d’un an avec des centaines d’acteurs du territoire. Objectif : co-construire une vision partagée du développement économique du Gard à l’horizon 2030.

« Voyez cette prospective comme une étude approfondie, écrite par des hommes et des femmes, qui nous rappelle que l’économie s’inscrit et se construit sur le temps long », a introduit Laure Tissot, élue à la CCI. « C’est une démarche qui incarne une ambition collective : penser le futur en prenant de la hauteur. »

Une démarche concertée, ouverte et ambitieuse

Portée par la CCI du Gard et impulsée par son président Éric Giraudier, la démarche Gard 2030 s’appuie sur les travaux du cabinet Stan en Territoire. Elle s’est nourrie de plus d’un an de concertation : entretiens, réunions collectives, questionnaires en ligne, et analyses économiques. Le résultat ? Une boussole stratégique au service des entreprises et des décideurs publics.

« Si nous voulons maîtriser notre destin, nous devons penser plus loin que demain », a déclaré Éric Giraudier. « Anticiper les mutations, comprendre les transformations, agir avant de subir. Notre rôle à la CCI, ce n’est pas seulement d’accompagner les entreprises, c’est d’ouvrir des horizons et de préparer l’avenir de tout un territoire. »

Cinq axes pour structurer le Gard de 2030

1. Accompagner les entreprises et soutenir les filières clés

Premier pilier de cette feuille de route, le soutien aux filières stratégiques – industrie, tourisme, agroalimentaire, santé, numérique – et à la modernisation des entreprises.

Jacques-Thierry Monti, président de Innov’Up, incubateur et accélérateur d’entreprises innovantes de la CCI, a insisté sur la nécessité d’investir dans la transformation du tissu productif :

« L’intégration des nouvelles technologies, la numérisation, la robotisation, voire l’intelligence artificielle, sont des leviers indispensables pour maintenir notre compétitivité. »

Il a également souligné l’importance de diversifier les filières : « Le Gard a la chance de disposer d’un socle industriel solide, notamment dans le nucléaire avec EDF, Orano et le CEA. Mais il nous faut encourager d’autres filières, comme la gestion des risques ou l’agriculture durable. »

Enfin, il a appelé à revaloriser les métiers industriels : « L’industrie offre des emplois qualifiés, évolutifs et bien rémunérés. Il faut changer l’image qu’en ont les jeunes. »

2. Renforcer l’attractivité du territoire

Le Gard doit capitaliser sur ses atouts naturels, culturels et géographiques pour attirer touristes, investisseurs et nouveaux habitants.

Christophe Conquy, président de la commission tourisme, a dressé un panorama enthousiaste :

« La Camargue, les Cévennes, Uzès, le Pont du Gard, quatre villages classés parmi les plus beaux de France, quatre sites UNESCO, onze restaurants étoilés… Le Gard, c’est un condensé de tout ce que la France a de meilleur. »

Mais le président de Gard Tourisme a aussi alerté : « Malgré ces atouts, notre fréquentation estivale a baissé de 6 % en 2025. Nous devons prolonger la saison, diversifier nos clientèles et créer des événements hors saison. »

Il plaide pour une stratégie durable : adaptation climatique, montée en gamme, développement du tourisme d’affaires et meilleure coordination entre acteurs publics et privés. « Ce qui nous manque, ce n’est pas l’énergie, mais une gouvernance claire et partagée. »

3. Garder les talents et faire converger formation et emploi

La question des compétences a occupé une place centrale dans la soirée.

Marjorie Goncalves, dirigeante de Teluna Maintenance et élue en charge du pôle formation à la CCI, a rappelé l’urgence de rapprocher les mondes de l’entreprise et de la formation :

« Nos besoins évoluent vite, les formations doivent suivre. Notre rôle à la CCI, c’est d’être la passerelle entre les deux. »

À travers le Purple Campus, l’EGC Business School et le lycée de la CCI, la chambre renforce les liens entre étudiants et entrepreneurs : visites d’entreprises, formations sur mesure, et projets adaptés aux besoins locaux.

« Pour attirer et fidéliser les jeunes, il faut leur donner envie d’aimer le territoire. S’ils savent qu’ils peuvent se former, travailler et s’épanouir ici, ils resteront. »

4. Accélérer l’innovation

L’innovation irrigue tous les autres axes : transition numérique, transition écologique, nouvelles mobilités.

Christophe Cruzet, directeur général des Transports Berthaud, a illustré cette capacité d’adaptation :

« Depuis 25 ans, nous pratiquons le report modal, en transférant une partie de nos flux sur le rail. Mais aujourd’hui, le Gard manque d’un terminal ferroviaire, ce qui freine le développement. »

Une problématique d’aménagement que partage François Gauthereau, responsable immobilier chez Lidl et président de la commission transition énergétique :

« Le foncier est rare et contraint, mais cette contrainte peut devenir une force. Nous devons apprendre à travailler avec l’existant, à requalifier les friches industrielles et à concevoir des sites multifonctionnels. »

Les deux dirigeants ont convergé sur un même point : l’innovation territoriale passera par la mutualisation, la verticalité et l’intelligence dans l’aménagement.

5. Encourager la coopération entre les acteurs du territoire

Dernier axe, essentiel : la coopération.

« Comment jouer collectif ? En étant pragmatique et proche du terrain », a expliqué Éric Giraudier.

Le président de la CCI a rappelé que le Gard, département industriel par excellence, dispose d’un taux d’emploi manufacturier supérieur à la moyenne nationale :

« L’industrie, c’est trois emplois induits pour un emploi direct. Et le Gard a cette force : un tissu industriel diversifié, ancré localement, capable d’innover et de résister. »

Mais il a aussi souligné un défi : celui de la périphérisation du département depuis la réforme territoriale.

« Nous sommes plus éloignés des centres de décision régionaux. Il faut donc renforcer nos coopérations locales entre les trois bassins d’emploi – Alès, Bagnols-sur-Cèze et Nîmes – et bâtir une véritable vision économique partagée. »

Dès décembre, la CCI engagera une tournée auprès des 17 intercommunalités pour présenter les 30 mesures opérationnelles issues de Gard 2030 et décliner la stratégie selon les spécificités locales.

Un territoire tourné vers l’action

« Gard 2030 n’est pas un aboutissement, c’est un commencement », a conclu Éric Giraudier. « C’est la promesse d’un territoire qui croit en lui, qui agit ensemble et qui se donne les moyens d’un avenir ambitieux, solidaire et durable. »

Une conviction largement partagée par les intervenants : le Gard a les atouts, les talents et la volonté pour devenir, à l’horizon 2030, une terre d’innovation et de coopération exemplaire.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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