Municipales à Bagnols-sur-Cèze : Jean-Marc Touron se lance sous la bannière Reconquête

À un peu plus de 3 mois des élections municipales de 2026, la campagne commence à se structurer à Bagnols-sur-Cèze. Jean-Marc Touron, 61 ans, facteur et restaurateur de pianos anciens depuis près de quarante ans, a officialisé sa candidature à la tête d’une liste d’union des droites, sous le slogan « Unis, on gagne ». Il conduit une liste regroupant des sympathisants Reconquête, Identité et Liberté, ainsi que des personnalités non encartées.
Deux permanences de campagne vont prochainement ouvrir leurs portes, aux 18 et 26 avenue Paul-Langevin, points d’ancrage d’une candidature qui se veut à la fois locale, transversale et critique du fonctionnement actuel de la ville.
Né à Bagnols-sur-Cèze, Jean-Marc Touron revendique un regard à la fois intime et distancié sur sa ville, où il a grandi mais qu’il ne réside pas à l’année, partageant aujourd’hui son temps avec Paris. Un positionnement qu’il estime être un atout.
« J’ai connu toute ma vie le clientélisme général, au détriment de la ville et de ses habitants. On a perdu le sens commun. Si j’arrive à faire évoluer cela, ce sera déjà une victoire », affirme-t-il.
Déjà engagé politiquement en 2020 aux côtés de Thierry Vincent (Alliance citoyenne), Jean-Marc Touron insiste sur sa volonté de mener « une campagne à l’opposé des autres », fondée sur des propositions de fond, une transparence budgétaire totale et un audit complet de la gestion municipale.
Une union des droites assumée
S’il se présente sous l’étiquette Reconquête, le candidat revendique un rassemblement plus large.
« Nous avons été au RN, mais aujourd’hui l’état de la ville dépasse les schémas politiques classiques. Nous sommes libéraux, favorables à la méritocratie, et nous voulons rassembler les droites », explique-t-il.
La liste n’est pas encore complète. Un choix assumé. « Nous ne voulons pas de gens qui passent de droite à gauche. Beaucoup attendent de voir les projets avant de s’engager », précise-t-il. Autour de lui, on retrouve notamment Bernard Nass (Identité et Liberté), Dorian Lecoq, responsable Reconquête Jeunes Gard (27 ans), ou encore Jacky Papera, non encarté.
Jean-Marc Touron se montre mesuré sur ses concurrents : « J’ai de bons rapports avec Michel Cegielski ou Jérôme Jackel, qui travaillent bien. En revanche, le bilan de Jean-Yves Chapelet n’est pas bon. Quant à Pascale Bordes, peut-être serait-elle efficace comme maire, mais en tant que députée, elle ne travaille pas pour la circonscription. »
Sécurité : « un système social désespéré »
La sécurité constitue l’un des axes majeurs du programme. Les chiffres avancés par Bernard Nass sont les suivants : 1 140 crimes et délits, en hausse de 27 %, avec un taux de délinquance de 62,9 %.
« Tous les quartiers sont gangrenés par des points de deal ouverts 24 heures sur 24, avec des chiffres d’affaires de 10 000 à 30 000 euros par jour », affirme-t-il, évoquant également des rodéos, des menaces de mort, des véhicules de police caillassés et la peur quotidienne des habitants.
La liste propose de « doubler les effectifs de la police municipale, actuellement au nombre de 15 agents, et de porter le parc de vidéoprotection à 50 à 70 caméras blindées, ciblées uniquement sur la délinquance ». « Ces caméras ne sont pas là pour verbaliser le téléphone au volant. Si la situation s’améliore, elles seront démontées », assure Jean-Marc Touron.
Audit financier et rupture avec les pratiques passées
Dès le lendemain des élections, s’il est élu, Jean-Marc Touron annonce un audit général des comptes, confié à un cabinet externe à la région « pour éviter toute collusion », ainsi qu’un audit interne des services municipaux.
« La transparence budgétaire doit être totale. Les citoyens doivent comprendre nos choix », insiste-t-il.
Plusieurs opérations récentes sont pointées du doigt :
– 24 M€ pour Action Cœur de Ville,
– 1,8 M€ pour la pyramide,
– 1,4 M€ pour la rénovation thermique de la piscine,
– 900 000 € pour l’ancien Aldi réhabilité pour accueillir les associations,
– 4,2 M€ pour le projet de futur passerelle piétonne Maïa, pour laquelle il demande un audit immédiat.
Emploi, agriculture et relance économique
Le projet économique repose sur un principe central : l’emploi prioritaire pour les résidents de la commune, dans le respect des compétences. « Le manque d’emplois crée une dépression permanente chez les jeunes », estime le candidat, qui souhaite réunir institutions et entreprises pour identifier précisément les besoins locaux.
En matière agricole, il s’oppose à l’arrachage des vignes sans projet alternatif et propose le développement du maraîchage local, notamment pour alimenter les cantines scolaires, à l’échelle de l’agglomération.
« Un peu plus cher, mais bien meilleur », assume-t-il.
Il défend également le principe du « loyal au local » dans les marchés publics, ainsi que l’installation massive de panneaux photovoltaïques sur les toits plats.
Les Escanaux, symbole à sauver
Jean-Marc Touron fait de la sauvegarde du quartier des Escanaux un marqueur fort de sa candidature. Opposé à la démolition de la tour G1, il y voit un patrimoine emblématique du XXe siècle.
« Les bâtiments sont abîmés par le manque d’entretien, mais pas en mauvais état structurel », assure-t-il.
Il propose un projet sur 30 à 40 ans mêlant coworking de haute technologie, logements, hôtellerie modulable (été / étudiants), pépinières d’entreprises et formations, afin de créer une « locomotive politique et économique » capable d’attirer investisseurs et entreprises.
Culture, jeunesse et cadre de vie
Convaincu que « tout part de la culture », le candidat souhaite relancer un festival de reggae, accueillir des troupes du off d’Avignon à Bagnols en juillet, redynamiser le cinéma et développer une offre culturelle accessible aux jeunes.
Il défend également la création d’espaces de coworking gratuits pour les jeunes, le développement de formations via la CCI, l’installation d’activités de loisirs en centre-ville et une politique fiscale incitative pour attirer les classes moyennes.
Sur l’environnement, il entend protéger les espaces verts périphériques, bloquer les constructions à Bourdilhan et promouvoir un habitat plus dense et végétalisé.
« Sauver Bagnols et lui redonner une ambition »
« Bagnols est une ville facile à faire repartir, car il y a peu de votants et beaucoup de potentiel. Mais aujourd’hui, il ne s’y passe rien », tranche Jean-Marc Touron.
Refusant le « communautarisme » et prônant « un social ferme avec des droits mais aussi des devoirs », il conclut :
« Si on loge bien, dans du beau, si on redonne du travail et une vision, on peut faire revenir les gens. Mon envie, c’est d’échanger avec les Bagnolais et de sauver cette ville. »



