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Mobilisation des agriculteurs à Roquemaure : des revendications inchangées face à une crise qui s’aggrave

Ce mardi 16 décembre, les agriculteurs du Gard se sont de nouveau mobilisés. À Roquemaure, à la sortie de l’autoroute, une cinquantaine d’exploitants, appuyés par une quinzaine de tracteurs, ont mis en place un blocage de l’échangeur autoroutier et de la RD 580, dans le cadre d’une action coordonnée à l’échelle départementale sur plusieurs axes stratégiques.

Deux heures après le début de la mobilisation, le constat dressé par les représentants agricoles est sans appel : les revendications restent les mêmes depuis des mois, voire des années, faute de réponses concrètes de l’État.

« Ce qui nous amène aujourd’hui, c’est le mépris de notre gouvernement et de nos institutions. Après 2024 et toutes les actions menées, rien n’a réellement bougé », déplore Olivier Cregut, président du canton FDSEA du Gard.

« Pas d’interdiction sans solution »

Parmi les revendications centrales figure un mot d’ordre devenu leitmotiv pour la profession : « pas d’interdiction sans solution ». Les agriculteurs dénoncent une accumulation de contraintes réglementaires sans alternatives viables sur le terrain.

Ils s’opposent notamment à la taxe sur les engrais azotés, un projet qui « poursuit les exploitants depuis plusieurs années » et alourdit encore des charges déjà difficiles à supporter.

Assurance récolte, prix agricoles et urgence économique

La question de l’assurance récolte, en particulier pour la viticulture, cristallise également la colère. Le dispositif actuel, basé sur la « moyenne olympique », est jugé totalement inadapté face à la multiplication des aléas climatiques.

« Avec les épisodes climatiques qui s’accentuent, on n’y arrive plus », insiste le président cantonal.

Du côté des céréaliers, la situation n’est guère plus favorable. Les agriculteurs demandent une réévaluation des prix d’intervention, aujourd’hui jugés « extrêmement bas », mettant en péril la viabilité économique des exploitations.

Viticulture : un plan de soutien jugé insuffisant

À Roquemaure et plus largement dans le Gard rhodanien, territoire fortement marqué par la viticulture, la crise est profonde. Si l’arrachage des vignes a été mis en avant comme une solution partielle, il est loin de faire consensus.

« L’arrachage n’est pas une solution en soi. Le vrai problème, c’est qu’on consomme de moins en moins de vin », reconnaît Olivier Cregut. Pour autant, cette mesure pouvait constituer un palliatif pour les viticulteurs en fin de carrière, afin d’éviter l’abandon des parcelles et de préserver un minimum de capital.

La première campagne, dotée d’une aide de 4 000 euros par hectare, n’a toutefois pas rencontré le succès espéré. Les professionnels attendent désormais des engagements concrets sur une deuxième phase, annoncée mais toujours sans calendrier précis.

Élevage : vaccination plutôt qu’abattage

Les éleveurs ne sont pas en reste. Concernant la dermatose nodulaire contagieuse, les représentants agricoles se disent favorables à la vaccination plutôt qu’à l’abattage systématique, notamment pour les élevages camarguais.

« Si demain il fallait abattre tous les troupeaux, ce serait tout simplement intenable », alerte Olivier Cregut, rappelant la spécificité des élevages en Camargue.

Accès à l’eau et aléas climatiques

Autre enjeu majeur : l’accès à l’eau, devenu crucial pour l’ensemble des filières agricoles. Les agriculteurs demandent des aménagements concrets pour faire face aux aléas climatiques, qui fragilisent année après année les exploitations.

Mercosur, ligne rouge pour les agriculteurs

Enfin, la mobilisation de ce 16 décembre s’inscrit aussi dans l’opposition ferme au projet d’accord de libre-échange avec le Mercosur, dont les négociations doivent aboutir prochainement.

Les agriculteurs dénoncent une concurrence jugée déloyale et des normes environnementales et sanitaires inégales, incompatibles avec les exigences imposées à la production française.

Une mobilisation appelée à durer

À Roquemaure, la mobilisation est annoncée pour toute la matinée, avec une volonté claire de s’adapter à l’évolution de la situation.

« Pour l’instant, on est partis pour durer », prévient Olivier Cregut, alors que l’échangeur autoroutier reste bloqué.

Une mobilisation de plus, pour une profession qui répète inlassablement le même message : sans réponses rapides et structurelles, la crise agricole continuera de s’aggraver.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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