Municipales 2026 à Pont-Saint-Esprit : Benjamin Desbrun déclare sa candidature et lance la liste citoyenne « Rassembler pour agir »

Benjamin Desbrun a officiellement déclaré sa candidature aux élections municipales de mars 2026 à Pont-Saint-Esprit. À 44 ans, père de trois enfants, ancien adjoint aux finances, il conduit une liste citoyenne baptisée « Rassembler pour agir », avec l’ambition affichée de « redonner un nouveau souffle » à une ville qu’il juge en perte de vitesse.
Dès l’entame, le candidat dresse un constat sévère mais assumé : « Pont-Saint-Esprit est aujourd’hui en voie de déclassement ». Il évoque une morosité persistante, des commerces qui ferment, des locaux vacants, une absence de structuration et d’encadrement des activités nocturnes, mais surtout un manque de projets d’envergure capables de redonner une dynamique durable à la commune. « Le vivre-ensemble est menacé. Qui est aujourd’hui fier de sa ville ? », interroge-t-il, regrettant une image ternie et une ville devenue, selon lui, « la risée des observateurs ».
Une critique frontale de la gouvernance actuelle
Sans détour, Benjamin Desbrun met en cause la méthode et la posture du maire sortant, Valère Segal, qu’il qualifie de « maire et candidat malgré lui ». Selon lui, ce dernier « s’est enfermé dans le conflit », au point d’avoir « perdu le socle de sa majorité en quelques mois » à la suite d’une délibération jugée inutile. Il dénonce un repli constant, une multiplication de conflits juridiques coûteux, ainsi qu’un isolement institutionnel de Pont-Saint-Esprit vis-à-vis des partenaires, des communes voisines, de l’Établissement public foncier et de l’agglomération du Gard rhodanien.
Le candidat regrette également un débat public dégradé, une absence de vision globale et des choix qu’il juge anecdotiques : « communiquer sur la rénovation des WC ou la réouverture partielle du parc de l’hôtel de ville, ce n’est pas un projet de cadre de vie ». À ses yeux, la commune a besoin d’un cap clair, d’une stratégie globale à moyen et long terme.
Tourner la page des querelles politiques
Benjamin Desbrun inscrit sa candidature dans une volonté de réconciliation politique. « L’histoire politique de Pont-Saint-Esprit est complexe et douloureuse. Elle repose depuis vingt ans sur des querelles permanentes. Les habitants en ont assez », affirme-t-il, appelant à tourner la page des divisions entre anciens camps. « Il est temps de se réconcilier pour mieux servir les Spiripontains. »
Sa liste se veut transpartisane, quasi entièrement citoyenne, avec une seule personne encartée politiquement. « La solution ne peut venir ni d’un maire qui ne réside pas sur la commune, ni d’un parti politique parisien », insiste-t-il.
Une équipe plurielle et engagée
Plusieurs colistiers ont pris la parole pour expliquer leur engagement. Christophe Antunes, qui a démissionné du conseil municipal, évoque « l’usure du combat permanent » entre majorité et opposition et dit vouloir « quelque chose de constructif ». Il salue chez Benjamin Desbrun « un esprit pragmatique, ouvert au compromis, dont la ville a besoin ».
Ancien cadre de la fonction publique territoriale, Jean Oliveres, retraité après 25 ans de service à Pont-Saint-Esprit, dit vouloir dépasser « les querelles connues depuis vingt ans qui ont conduit à la mort progressive de la ville ». Il défend une démarche collective plutôt qu’individuelle.
Parmi les nouveaux visages figure Marion Metais, ingénieure nucléaire, pour qui il s’agit d’un premier engagement politique : « On ne s’improvise pas maire. Il faut de la compétence et une maîtrise des affaires municipales. » Anne Vernet, 40 ans, assistante de direction, ancienne militaire et engagée dans le tissu associatif, estime que « Pont mérite un nouveau souffle que cette équipe incarne ». Laure Regamey, ancienne cheffe d’établissement et ex-élue sous les mandats Castillon et Lapeyronie, se dit convaincue par « les compétences et la capacité de gestion » de Benjamin Desbrun.
Une vision à l’horizon 2030
Le programme sera dévoilé progressivement à partir du mois de janvier. Le candidat annonce déjà plusieurs axes forts : jeunesse, sécurité, santé, propreté, cadre de vie, culture, sport et festivités. Il plaide notamment pour un nouveau collège et une halle des sports, des mesures fermes en matière de sécurité et une politique de santé pragmatique, sans opposer médecine libérale et hôpital.
Concernant la redevance incitative, il partage le principe mais critique son application dans le centre ancien, qu’il juge inadaptée. Sur la question médicale, il appelle à plus de transparence, à un travail collectif à l’échelle du canton et à la création de conditions d’attractivité « à la carte » pour les praticiens.
Retrouver une trajectoire ascendante
Conscient de l’ampleur de la tâche, Benjamin Desbrun se veut réaliste : « On ne va pas claquer des doigts et devenir Uzès du jour au lendemain, mais il est indispensable de retrouver une courbe ascendante. » Il souligne que les finances de la commune permettent d’investir « de manière raisonnée et prudente », malgré un contexte national contraint.
Enfin, il rappelle que cette élection est aussi celle des conseillers communautaires. « Pont-Saint-Esprit est la deuxième ville de l’agglomération du Gard rhodanien. Elle doit redevenir un partenaire exigeant, écouté et entendu. On ne peut pas se passer de l’agglomération. »
La campagne, annoncée comme courte, s’appuiera sur des rencontres thématiques et une à deux réunions publiques. Avec une ligne directrice résumée ainsi par le candidat : ni posture, ni invective, mais une volonté de rassemblement et d’action au service des Spiripontains.



