Bagnols-sur-Cèze : l’Agglomération du Gard rhodanien déploie des abris bacs pour adapter la redevance incitative aux réalités du centre-ville

L’Agglomération du Gard rhodanien a présenté, lors d’un point presse organisé place Puech à Bagnols-sur-Cèze, la mise en place de nouveaux abris bacs destinés à améliorer la gestion des déchets ménagers en cœur de ville. Une évolution assumée de la redevance incitative (RI), en vigueur depuis le 1er janvier 2024, que les élus et les services entendent adapter aux spécificités urbaines, sans en remettre en cause les principes.
« Il n’est pas question de revenir en arrière », a d’emblée rappelé Maxime Couston. « La redevance incitative est là et elle continuera dans ce sens. L’objectif est de faire preuve de bon sens, de s’adapter aux particularités des communes, qu’il s’agisse du centre-ville ou des quartiers, et de travailler en continuité avec les services de l’Agglomération et ceux de la Ville de Bagnols-sur-Cèze. »
L’enjeu est double : répondre concrètement aux interrogations des habitants sur le ramassage des ordures ménagères, l’usage des sacs jaunes ou l’accès aux points d’apport volontaire, tout en améliorant le quotidien des riverains.
Une redevance incitative jugée plus équitable
Pour Gérald Missour, le débat sur un éventuel retour en arrière n’a pas lieu d’être. « La RI a été mise en place au 1er janvier 2024. Comment imaginer revenir en arrière alors que d’autres territoires nous emboîtent le pas ? » a-t-il interrogé, rappelant que ce dispositif existe depuis longtemps dans des régions comme l’Alsace ou la Bretagne.
Il a insisté sur le caractère plus équitable du système, qui permet également de maîtriser les coûts. Avant la redevance incitative, près de 20 000 tonnes de déchets étaient traitées hors département. Aujourd’hui, ce volume est tombé à environ 10 000 tonnes, permettant un traitement local par l’unité de valorisation énergétique (UVE). « Cela réduit les taxes par rapport à l’enfouissement », a-t-il souligné.
Des tests concluants et une adaptation des volumes
L’Agglomération s’appuie sur des expérimentations menées pendant un an dans deux résidences, à Pont-Saint-Esprit et à Bagnols-sur-Cèze. Dans ces sites fermés, le calibrage des points d’apport volontaire est passé de 50 litres à 30 litres. « Les habitants conservent leurs sacs chez eux mais avec un volume réduit, ce qui permet d’offrir plus d’ouvertures et d’éviter de garder les déchets trop longtemps », a expliqué Gérald Missour.
Au final, le volume annuel reste identique – 1 200 litres par foyer – mais réparti sur 40 ouvertures au lieu de 24 auparavant, autorisant des dépôts plus fréquents. Fort de ces résultats, il a été décidé d’étendre le dispositif aux colonnes et aux abris bacs de 660 litres.
Onze abris bacs dans le centre de Bagnols
À Bagnols-sur-Cèze, onze abris bacs ont été installés sur huit sites du centre-ville, dont trois emplacements en configuration double, notamment place Puech. « Nous en sommes arrivés là grâce aux réunions de quartier, pour tenter de régler les difficultés exprimées par la population et apporter des solutions pratiques », a rappelé Maxime Couston.
Bagnols-sur-Cèze et Pont-Saint-Esprit sont directement concernés par cette phase de déploiement. Pour Pont-Saint-Esprit, une phase d’étude est engagée en lien avec le programme d’enfouissement des réseaux et des équipements. « En période estivale, on ne peut pas laisser les déchets trop longtemps », a insisté Gérald Missour, soulignant l’importance de la proximité des points de dépôt.
Lutter contre les dépôts sauvages
Directeur de la tranquillité publique, Lilian Zanchi a dressé un constat sans détour : 1 251 procédures de dépôts sauvages ont été engagées. Si des points d’apport volontaire existent autour de l’écusson, l’hyper-centre concentre de nombreuses incivilités, suscitant des plaintes d’habitants. « Il n’est pas toujours facile, notamment pour les personnes âgées, d’aller jusqu’à la place Jean-Jaurès pour jeter leurs déchets », a-t-il reconnu.
Selon les secteurs, entre 500 et 600 kg de déchets se retrouvent quotidiennement au sol. « Il n’y a pas que de la mauvaise foi : il y a un réel besoin de retrouver de la proximité dans la répartition des points d’apport », a-t-il estimé.
Des ambassadeurs de la propreté ont mené des actions de porte-à-porte pour vérifier la détention des badges et sensibiliser les habitants. Une nouvelle campagne de boîtage est également prévue, afin de rappeler que la redevance ne couvre pas uniquement les ordures ménagères, mais aussi le tri des sacs jaunes, des textiles et d’autres flux.
Vers de nouvelles expérimentations
Enfin, sur la question des biodéchets, l’Agglomération teste actuellement des bokashis, mini-composteurs d’intérieur fonctionnant grâce à des enzymes et produisant un liquide valorisable. L’expérimentation concerne une quinzaine de familles.
À travers ces ajustements, l’Agglomération du Gard rhodanien assume une ligne claire : maintenir le cap de la redevance incitative, tout en restant présente sur le terrain pour l’adapter au plus près des usages et des attentes des habitants.



