Rochefort-du-Gard : Véronique Boissy contre-attaque après le communiqué de la mairie sur le retrait de ses délégations

La polémique autour du retrait des délégations de Véronique Boissy, intervenu en novembre 2023, connaît un nouvel épisode. Après un communiqué de la Ville daté du 5 janvier 2026 contestant toute « réintégration » de l’élue à la suite du jugement du tribunal administratif, Véronique Boissy publie à son tour une déclaration dans laquelle elle affirme que la justice a annulé pour illégalité la décision du maire, et dénonce un fonctionnement municipal « à l’emporte-pièce ».
La mairie conteste l’idée d’un retour dans les délégations
Dans son communiqué, la municipalité explique que le tribunal administratif de Nîmes, dans une décision rendue le 5 décembre, n’aurait pas ordonné de « rétablissement » de Véronique Boissy dans ses fonctions. La Ville soutient que l’annulation ne porterait que sur un point de procédure, lié à l’entrée en vigueur de l’arrêté avant l’accomplissement des formalités de publicité prévues par le Code général des collectivités territoriales (CGCT). En conséquence, la commune considère que le retrait des délégations demeurerait effectif après la date de publication, et insiste sur l’absence d’injonction de réintégration.
« Quand un maire agit en dehors du droit, c’est un problème démocratique »
Dans sa réponse, Véronique Boissy adopte une lecture bien plus offensive du jugement. Elle affirme que le tribunal administratif a annulé, « pour illégalité », la décision par laquelle le maire lui avait retiré ses délégations, et présente cette décision comme un rappel du respect du droit dans la conduite des affaires communales.
L’élue élargit immédiatement le débat : selon elle, au-delà d’un désaccord interne, c’est la qualité du fonctionnement démocratique local qui est en cause. Elle estime que certaines décisions ne sauraient être prises « n’importe comment » et dénonce une gouvernance « à la va vite », imputée au maire et à son entourage.
Retour sur le conseil municipal de 2023 : un vote et des tensions
Véronique Boissy revient également sur la séance au cours de laquelle son éviction avait été actée. Elle décrit un conseil municipal tendu, évoque des suspensions de séance, et rappelle le résultat du vote tel qu’elle le présente : trois bulletins blancs, sept élus souhaitant qu’elle conserve ses fonctions, et dix-huit en faveur de son éviction. Elle invite les conseillers à « réfléchir à leurs choix » et à prendre « au sérieux le mandat » confié par les électeurs.
De son côté, la mairie indiquait que des propos tenus en conseil municipal et relayés sur les réseaux sociaux auraient conduit à une présentation erronée de la portée du jugement, ce qu’elle réfute fermement.
Une décision « brutale », des conséquences « humaines »
Dans son texte, Véronique Boissy insiste sur la manière dont le retrait serait intervenu : elle parle d’une décision « brutale », prise sans dialogue ni explication, et affirme qu’elle a eu des conséquences personnelles, mettant en cause son honneur et son intégrité d’élue.
Elle affirme surtout que l’enjeu dépasse sa situation : elle défend une conception de la vie municipale où le désaccord ne doit pas être assimilé à une faute, et où le débat n’a pas à être sanctionné.
« Fidèle au mandat », une volonté de poursuivre l’engagement
Véronique Boissy affirme qu’elle continuera à agir au service des Rochefortaises et des Rochefortais, en mettant en avant ses engagements sur les questions sociales, le handicap, le logement et l’accessibilité. Elle assure vouloir porter une voix « indépendante, libre et constructive », et dit vouloir s’exprimer « calmement mais fermement » lorsque, selon elle, le fonctionnement démocratique de la commune est fragilisé.
Elle annonce enfin tenir son propos et les éléments juridiques à disposition, et se dit prête à éclairer la population sur ce qui s’est passé.
Une lecture du jugement qui reste au cœur du bras de fer
Au fond, le différend porte désormais sur l’interprétation et la portée concrète du jugement : la municipalité met en avant une annulation limitée à une période antérieure aux formalités de publication, tandis que Véronique Boissy y voit la démonstration d’une illégalité et d’un problème de méthode politique.
Dans une commune où l’exécutif et une partie des élus s’affrontent publiquement, cet échange de communiqués laisse entrevoir un climat durablement crispé à l’approche des échéances municipales, et une bataille de communication désormais assumée, à la fois sur le terrain juridique et sur celui de la démocratie locale.



